British Airways prolonge jusqu’à la fin mai la suspension d’une partie de son programme vers le Moyen-Orient, dans un mouvement qui illustre la prudence persistante des grandes compagnies européennes face à la guerre impliquant l’Iran et à l’instabilité de l’espace aérien régional.

Si Air France-KLM et Lufthansa Group ont, eux aussi, taillé dans leurs liaisons, la compagnie britannique se distingue par un horizon de reprise désormais repoussé à l’été pour plusieurs destinations clés.

British Airways coupe dans son réseau moyen-oriental

Dans une mise à jour publiée mi-mars, British Airways a confirmé l’annulation de tous ses vols vers Amman (Jordanie), Bahreïn, Dubaï (Émirats arabes unis) et Tel-Aviv (Israël) « jusqu’au 31 mai inclus », invoquant « l’incertitude persistante de la situation au Moyen-Orient » et « l’instabilité de l’espace aérien ». Les vols vers Doha (Qatar) sont suspendus au moins jusqu’au 30 avril, avec une reprise annoncée dans un premier temps sur un programme réduit, tandis que la desserte d’Abou Dhabi reste annulée pour le reste de l’année, la liaison saisonnière d’hiver ne devant rouvrir qu’au début de la saison IATA d’hiver 2026.

Dans un communiqué, la compagnie explique : « En raison de l’incertitude continue de la situation au Moyen-Orient et de l’instabilité de l’espace aérien, et afin d’apporter davantage de clarté à nos clients, nous avons prolongé la réduction temporaire de notre programme dans la région », tout en affirmant suivre la situation de « manière constante » et proposer différentes options commerciales aux passagers affectés. Le transporteur a par ailleurs mis en place des vols de déroutement et de délestage, notamment depuis Mascate (Oman) et vers l’Asie, afin de maintenir une partie de la connectivité sans traverser les zones les plus sensibles.

Air France-KLM : suspensions ciblées et horizon plus court

Air France-KLM adopte une approche similaire mais plus graduée, avec des suspensions pour l’instant limitées à quelques semaines plutôt qu’à tout le printemps. Air France a d’abord annulé ses vols vers Tel-Aviv, Beyrouth, Dubaï et Riyad jusqu’au 5–6 mars, avant de prolonger l’arrêt des liaisons : les vols vers Dubaï et Riyad sont désormais suspendus au moins jusqu’au 20 mars, tandis que Tel-Aviv et Beyrouth restent annulés jusqu’aux alentours du 21 mars, la compagnie invoquant des « conditions de l’espace aérien volatiles » après des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran.

Le groupe franco-néerlandais a parallèlement gelé des vols opérés par KLM vers Dammam, Dubaï et Riyad, initialement jusqu’au 9 mars, puis en prolongeant la suspension de ces dessertes au moins jusqu’au 28 mars, en raison de « préoccupations sécuritaires » et de la nécessité de réévaluer en continu le risque opérationnel. Air France-KLM rappelle que la sécurité de ses équipages et de ses clients « reste la priorité absolue » et indique procéder à des révisions régulières de son programme en fonction des avis des autorités et des fermetures d’espace aérien.

Lufthansa Group : gel prolongé sur Israël et plusieurs capitales régionales

Le groupe Lufthansa (Lufthansa, SWISS, Austrian, Brussels Airlines, Eurowings, ITA Airways) a également étendu son « no-fly window » vers plusieurs destinations moyen-orientales, en lien direct avec la montée des tensions entre Israël, les États-Unis et l’Iran. Les vols vers Tel-Aviv sont maintenant suspendus au moins jusqu’au 2 avril, ceux vers Dubaï jusqu’au 28 mars, Abou Dhabi  jusqu’au 27 juin 2026 et Dammam sont annulés jusqu’au 15 mars 2026 (aucune reprise annoncée au-delà à ce stade, mais l’avis en vigueur mentionne cette date comme horizon officiel), et que les dessertes d’Amman, Erbil et Beyrouth restent stoppées jusqu’au 28 mars.

Les vols vers Téhéran (Iran) demeurent quant à eux suspendus jusqu’au 30 avril, le groupe ayant également fermé à ses propres appareils les principaux corridors de survol couvrant Israël, le Liban, la Jordanie, l’Irak, le Qatar, le Koweït, Bahreïn et l’Iran. La stratégie de Lufthansa Group repose sur des suspensions glissantes, réévaluées tous les quelques jours, afin d’ajuster en temps réel son offre à la géopolitique et aux NOTAM publiés par les autorités.

Au-delà de leurs différences de calendrier, les trois grands groupes européens obéissent à la même logique : aligner leurs opérations sur les restrictions d’espace aérien, les recommandations de leurs autorités nationales et leurs propres évaluations de risque. La fermeture temporaire ou la limitation des corridors couvrant l’Iran, l’Irak et une partie du Golfe oblige les compagnies à de longs contournements, avec un surcoût carburant, des équipages à repositionner et des créneaux aéroportuaires à réorganiser, autant de contraintes qui pèsent sur un réseau déjà tendu.

British Airways prolonge l’arrêt de ses vols vers le Moyen-Orient jusqu’en juin, Air France et Lufthansa restent prudentes 1 Air Journal

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