Allegiant Air et Sun Country Airlines ont franchi une étape décisive vers leur rapprochement : le département de la Justice (DoJ)  aux Etats-Unis a accordé la fin anticipée du délai d’examen prévu par la loi antitrust Hart-Scott-Rodino, levant un obstacle majeur au projet d’acquisition de Sun Country par Allegiant Travel Company dans le segment ultra‑low‑cost de loisirs aux États‑Unis. 

Dans un communiqué commun publié le 16 mars, Allegiant et Sun Country ont annoncé l’« early termination » du délai Hart‑Scott‑Rodino par la division antitrust du DoJ, ce qui revient à reconnaître l’absence de risque concurrentiel majeur à ce stade. La décision ne vaut toutefois pas approbation définitive : le projet reste soumis notamment à une exemption provisoire du Department of Transportation (DOT) et au vote des actionnaires des deux groupes. L’accord, dévoilé en janvier, prévoit le rachat de Sun Country par Allegiant dans le cadre d’une transaction en numéraire et en actions valorisée à 1,5 milliard de dollars, incluant environ 400 millions de dette de Sun Country. À l’issue de l’opération, les actionnaires d’Allegiant détiendront environ 67% de la nouvelle entité, ceux de Sun Country près de 33%.

« Nous sommes heureux d’obtenir la clearance antitrust du département de la Justice », a déclaré Gregory C. Anderson, directeur général d’Allegiant. « Nous restons confiants dans le fait que cette combinaison apportera des bénéfices significatifs à nos clients, à nos équipes et aux communautés que nous desservons », a‑t‑il ajouté.

Un nouvel acteur de poids dans le loisir américain

Une fois finalisée, la fusion donnera naissance à un groupe présenté par les deux partenaires comme « la principale compagnie de loisirs » sur le marché américain, avec un modèle ultra‑low‑cost centré sur les voyageurs occasionnels et les destinations soleil. Le réseau combiné desservira près de 175 villes et quelque 650 lignes, avec seulement deux routes qui se chevauchent, ce qui explique le faible niveau de risque concurrentiel retenu par le DoJ.

L’ensemble pèsera environ 2,5% des sièges en capacité domestique aux États‑Unis, loin derrière les grands groupes hérités (American, Delta, United) mais suffisamment pour renforcer la pression concurrentielle, notamment sur les marchés secondaires peu ou mal desservis par les majors. Les deux compagnies promettent « un réseau plus large, davantage d’options de voyage et une création de valeur accrue à long terme pour les actionnaires ».

Le groupe, qui doit opérer sous la marque Allegiant et rester dirigé par Gregory C. Anderson, vise environ 22 millions de passagers transportés par an une fois l’intégration achevée. L’implantation devrait rester duale, avec un siège social à Las Vegas et un pôle opérationnel majeur maintenu à Minneapolis–Saint Paul, bastion historique de Sun Country.

Flotte mixte et montée en puissance du 737 MAX

Sur le plan de la flotte, la fusion consacre la transformation d’Allegiant, longtemps perçue comme un opérateur tout‑Airbus, en groupe orienté « Boeing d’abord » à moyen terme. Allegiant exploite aujourd’hui principalement des monocouloirs de la famille Airbus A320, auxquels se sont ajoutés des Boeing 737 MAX 8‑200, avec un carnet de commandes important pour des 737 MAX 7 et des 737 MAX 8‑200 supplémentaires.

Sun Country apporte pour sa part une flotte entièrement composée de 737 de nouvelle génération, avec plusieurs dizaines de 737‑800 et 737‑900 dédiés au transport de passagers, auxquels s’ajoutent des 737‑800 configurés en cargo et en charter VIP. À l’horizon post‑fusion, Allegiant anticipe l’exploitation d’environ 195 appareils, dont 30 en commande ferme et 80 en options, sur la base des plans de flotte annoncés depuis janvier. L’un des enjeux centraux de l’opération est la « meilleure utilisation » de la flotte 737 MAX et de son carnet de commandes, comme l’a souligné Allegiant lors de l’annonce du rapprochement.

Au‑delà du seul passager, la fusion permet d’adosser le modèle loisirs d’Allegiant à un pilier cargo et charter déjà bien établi chez Sun Country. Le transporteur du Minnesota opère une vingtaine de Boeing 737‑800 convertis pour Amazon Prime Air, un segment en forte croissance qui a vu ses revenus progresser de 36% en 2025 pour atteindre environ 107 millions de dollars, avec une trajectoire attendue au‑delà de 200 millions l’année suivante.

Consolidation et pression concurrentielle sur les grands groupes

La transaction s’inscrit dans un mouvement plus large de consolidation du transport aérien américain, après des années marquées par les rapprochements entre majors et par la montée en puissance des low‑costs. Bien que de taille modeste comparée aux méga‑fusions passées, l’alliance Allegiant–Sun Country illustre un repositionnement du segment ultra‑low‑cost de loisirs, face à la fois aux grands groupes intégrés et aux acteurs comme Spirit ou Frontier.

Fusion Allegiant–Sun Country : la future championne américaine du ciel des vacances validée par l’antitrust aux Etats-Unis 1 Air Journal

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