Jeudi 9 avril, Cathay Pacific a célèbré 40 ans de présence à Paris. La compagnie aérienne hongkongaise a profité de cet anniversaire pour présenter à la presse et à ses partenaires son salon premium entièrement modernisé, destiné aux passagers en partance vers Hong Kong et au-delà.

À l’occasion de cette visite, Brian Tsoi, General Manager Europe de Cathay Pacific, a réaffirmé l’importance du marché français pour la compagnie porte-drapeau de Hong Kong. Paris reste une desserte stratégique reliée par des vols quotidiens directs, qui permettent des correspondances fluides vers plus de 100 destinations en Asie, en Australie, en Nouvelle-Zélande et au-delà via le hub de Hong Kong.

Paris-CDG : salon rénové au Terminal 2A
Ouvert initialement en 2012, le salon Cathay Pacific du Terminal 2A avait fermé temporairement pour travaux. Il rouvre aujourd’hui avec un design rafraîchi, inspiré des salons primés de l’aéroport international de Hong Kong. Les travaux ont conservé la configuration générale et l’ambiance sereine du lieu tout en intégrant des matériaux nobles : bois, bambou, marbre blanc et granit noir. Une palette de couleurs plus lumineuse et de grandes baies vitrées offrent une abondante lumière naturelle ainsi qu’une vue dégagée sur les pistes, idéale pour les amateurs d’aviation.

D’une capacité d’accueil de 120 personnes, le salon met l’accent sur le confort et la praticité avant les vols long-courriers. Parmi les nouveautés appréciées : le retour du Noodle Bar, qui propose des spécialités inspirées de la cuisine hongkongaise ; un buffet en libre-service varié mêlant plats internationaux et saveurs asiatiques ; des espaces bien-être équipés de douches ; des stations de travail individuelles ; et un accès Wi-Fi gratuit et des prises électriques partout.

Trafic Hong Kong–Europe : une reprise au‑delà du pré‑Covid
Porté par une demande loisirs en plein essor, le trafic entre Hong Kong et l’Europe a non seulement retrouvé, mais dépassé ses niveaux d’avant‑pandémie. Brian Tsoi, General Manager Europe de Cathay Pacific, confirme que la compagnie hongkongaise a atteint environ 102% de capacité et 123% du nombre de passagers par rapport à 2019 dès le milieu de l’année dernière, tout en renouant avec des bénéfices sur les trois derniers exercices.

Cette dynamique se ressent particulièrement sur le marché européen : les vols sont décrits comme « très, très pleins », avec une part croissante de voyageurs loisirs prêts à payer pour des cabines premium, en classe Affaires comme en Premium Economy. Pour répondre à cette demande, Cathay Pacific a renforcé ses capacités, ajoutant par exemple en avril près de 4 000 sièges supplémentaires entre Hong Kong et l’Europe, dont trois vols additionnels entre Hong Kong et Paris, trois entre Hong Kong et Zurich et quatre entre Hong Kong et Londres sur le seul mois d’avril.

En Europe, le réseau a été densément reconstruit : outre les grandes capitales historiques, Munich a été ouverte, Bruxelles et Rome ont été relancées, portant à 12 aéroports dans 8 pays le maillage européen de la compagnie hongkongaise et à près de 100 vols hebdomadaires en haute saison estivale. Sur la liaison Hong Kong–Paris, Cathay Pacific opère désormais quotidiennement, avec un changement de type d’appareil récent – passage de l’Airbus A350‑900 à l’A350‑1000, un gros-porteur de plus grande capacité, afin d’absorber la hausse de la demande.

Rétrofit des cabines : ARIA Suite et retour de la Première
Au cœur de la stratégie produit, Cathay Pacific mène un vaste programme de rétrofit de sa flotte de Boeing 777‑300ER, avec l’introduction de la nouvelle classe Affaires ARIA Suite. Cette cabine entièrement repensée, présentée comme un produit de « luxe discret » – « loin du bling‑bling » selon les mots de Brian Tsoi – offre davantage d’intimité, des sièges totalement inclinables, et s’inscrit dans un investissement massif dans les produits premium de la compagnie.

Ce programme de modernisation ne s’arrête pas à la classe Affaires : les 777 rétrofités embarquent également une cabine Premium Economy améliorée et une cabine Économie rafraîchie. Le rythme de déploiement est régulier, avec environ un 777 rétrofité livré chaque mois, qui revient en service après plusieurs semaines d’aménagement.

Surtout, Cathay Pacific prépare la réintroduction d’une véritable Première classe. Brian Tsoi confirme qu’une nouvelle cabine First sera installée à bord du futur Boeing 777‑9 attendu à l’horizon 2027, avec un positionnement résolument haut de gamme, toujours dans cet esprit de luxe feutré. Le détail du produit – évoqué lors de l’échange sous la forme possible de lits doubles ou de salles de bains privées – reste soigneusement gardé secret, mais l’objectif affiché est de proposer l’une des meilleures Premières du marché.

Pour l’heure, la répartition des nouvelles cabines en Europe, et notamment à Paris, relève d’un arbitrage purement commercial et non d’un problème de livraisons d’avions : le choix du type d’appareil et de la capacité (777 ou A350) dépend de la rentabilité de chaque marché et de la disponibilité des avions rétrofités. Brian Tsoi indique que la question d’amener ces nouvelles cabines ARIA à Paris est bien identifiée, mais sera fonction de la progression du rétrofit des 777 et des décisions de déploiement réseau.

Guerre au Moyen‑Orient : un impact contenu mais un carburant plus cher
Interrogé sur les conséquences de la guerre au Moyen‑Orient, Brian Tsoi décrit un impact relativement limité pour Cathay Pacific en termes de routes, grâce à la position géographique de Hong Kong et à un réseau qui ne dépend pas des grands hubs du Golfe aujourd’hui lourdement perturbés. La compagnie hongkongaise n’en subit pas moins les effets de la flambée du prix du carburant, phénomène général sur le secteur, accentué par les tensions régionales et la hausse du coût du kérosène.

Comme de nombreuses concurrentes, Cathay Pacific a mis en place des surcharges carburant, assumées comme un moyen de répercuter une partie des surcoûts tout en continuant à financer la montée en puissance de son offre – qu’il s’agisse de la reconstruction rapide de la flotte, du rétrofit des cabines ou de l’extension du réseau européen.

Les tensions géopolitiques ne se limitent pas au Moyen‑Orient. La compagnie hongkongaise a par exemple choisi de ne plus survoler la Russie avec ses vols passagers, alors même qu’elle disposerait théoriquement des droits de trafic pour le faire, en tant que transporteur chinois. Cette décision, motivée à la fois par des considérations internes et par les exigences de certains clients corporate en matière de politique voyages (qui refuse de survoler la Russie pour des raisons sécuritaires), allonge légèrement les temps de parcours entre Hong Kong et l’Europe – de l’ordre de près de deux heures sur certains axes – en privilégiant des trajectoires via la Chine, les pays d’Asie centrale et la Turquie.

Malgré ce contexte mouvant – guerres, prix du carburant, restrictions de survol – Cathay Pacific affiche un discours de stabilité et de projection de long terme sur le marché européen et en particulier à Paris, présenté comme une escale clé pour son réseau en Europe.

Cathay Pacific fête 40 ans à Paris : salon rénové, vols remplis, demande premium, Première classe en vue… 1 Air Journal

@AJ/DR