Un Airbus A350 de China Airlines est immobilisé à l’aéroport de Melbourne après un grave incident au sol au cours duquel la passerelle d’embarquement a arraché une partie de la porte avant gauche de l’appareil, récemment arrivé de Taipei. Aucun blessé n’est à déplorer, mais le vol retour a été annulé et une enquête est en cours sur les procédures d’assistance au sol.

La porte avant d’un A350 arrachée par la passerelle

Mardi matin, un Airbus A350‑900 de China Airlines, immatriculé B‑18902, venait d’achever le vol CI57 entre Taipei et Melbourne lorsqu’il a été victime d’un sérieux incident de manutention au sol.  Après le débarquement complet des passagers et de l’équipage, l’avion est resté stationné au contact, porte avant gauche (L1) ouverte et passerelle d’embarquement fixée au fuselage.

Selon plusieurs témoignages et images diffusées sur les réseaux sociaux, l’appareil a commencé à reculer de manière inattendue alors qu’il était toujours relié à la passerelle, transformée en ancrage rigide. Sous l’effet de ce mouvement, la porte L1 a violemment heurté la structure de la passerelle, qui l’a « presque arrachée de ses charnières », selon la page spécialisée A Fly Guy’s Cabin Crew Lounge. Des clichés pris sur place montrent une porte fortement déformée et lacérée au niveau de la zone d’accroche, ainsi que des dégâts visibles sur la passerelle elle‑même.

Un incident sans blessés mais aux conséquences coûteuses

L’avion était vide au moment des faits : aucun passager ni membre d’équipage ne se trouvait à bord, ce qui explique l’absence de blessés rapportés par les médias locaux et spécialisés.  Le vol retour CI58 à destination de Taipei, qui devait repartir de Melbourne dans la soirée, a été annulé, le temps d’évaluer l’ampleur des dommages et les réparations à mener. L’appareil est désormais cloué au sol pour une durée indéterminée.
Comme le rappelle le site spécialisé Paddle Your Own Kanoo, « le temps de réparation pour ce type d’accident peut varier énormément selon que des dommages structurels ont été infligés ou non au fuselage ». Les ingénieurs doivent en effet déterminer si l’impact s’est limité à la porte et à son cadre ou s’il a affecté la structure composite du fuselage, ce qui allongerait considérablement les délais d’immobilisation.

Des procédures de sécurité au sol pointées du doigt

Les causes exactes de l’incident n’ont pas encore été confirmées par les autorités australiennes ni par la compagnie, mais les premiers éléments convergent vers un problème de calage des roues et de sécurisation de l’appareil.  « Les premiers rapports suggèrent que les cales n’avaient pas été correctement positionnées à l’avant et à l’arrière des pneus de ce gros porteur », indique le site Paddle Your Own Kanoo, citant des sources proches de l’enquête.

Sur le forum spécialisé r/aviation, des professionnels du secteur évoquent également la possibilité d’une phase de remorquage mal coordonnée, avec un tracteur attelé alors que la passerelle était toujours au contact, ou d’un frein de parc relâché au moment où les cales ont été retirées.
Dans ce type d’opération, la doctrine de sécurité veut que l’avion soit immobilisé par le frein de parc et par des cales avant et arrière sur plusieurs trains d’atterrissage, et que tout mouvement (repoussé ou remorqué) ne commence qu’une fois l’ensemble des équipements au sol dégagés, y compris la passerelle d’embarquement.

L’épisode de Melbourne rappelle que la sécurité des opérations au sol repose sur une stricte coordination entre l’équipage, les mécaniciens, les agents de piste et les opérateurs de passerelle. L’enquête désormais ouverte en Australie devra préciser la chaîne de responsabilités et pourrait déboucher sur de nouvelles recommandations en matière de procédures de calage, de coordination entre services et de surveillance des opérations au sol autour des gros‑porteurs.