La justice allemande a condamné le tour-opérateur TUI à verser près de 1 000 euros de dédommagement à un vacancier allemand qui ne trouvait jamais de transat libre autour de la piscine de son hôtel en Grèce. Les juges ont estimé que ses vacances étaient « non-conformes » au regard de la prestation vendue.

Le touriste avait réservé, avec sa famille, un séjour tout compris sur l’île de Kos à l’été 2024, pour un montant d’environ 7 186 euros. Sur place, la déception a été immédiate : tous les transats de la piscine sont « réservés » dès six heures du matin par des serviettes laissées par d’autres clients. Résultat : impossible de profiter correctement de la piscine et des espaces extérieurs dans cet établissement de près de 400 chambres et six piscines.

Il a signalé le problème au représentant de TUI sur place et au personnel de l’hôtel, sans résultat concret. En Allemagne, TUI a d’abord proposé 350 euros, soit environ 5 % du prix du séjour. Une somme jugée insuffisante. Le vacancier a alors porté l’affaire devant la justice. En avril 2026, le tribunal civil de Hanovre lui a donné raison et a condamné le géant du tourisme à verser 986,70 euros, soit près de 15 % du montant total.

Dans sa décision, le tribunal souligné les attentes légitimes des clients : « Lors d’un tel voyage, où le temps passé à la piscine ou à proximité joue un rôle important, les voyageurs peuvent s’attendre à ce qu’un nombre suffisant de transats soit garanti ». Selon les magistrats, même si le tour-opérateur TUI ne gère pas directement l’hôtel, il doit veiller à ce que les prestations proposées soient effectivement accessibles.

« Guerre des serviettes »
Cette affaire illustre la désormais célèbre « guerre des serviettes » qui anime de nombreux complexes touristiques, où des clients réservent dès l’aube des chaises longues qu’ils n’occupent parfois qu’une partie de la journée. Le tribunal civil de Hanovre a considéré que ce phénomène, largement toléré dans l’établissement, rendait la prestation piscine partiellement inutilisable pour la famille plaignante. Cette jurisprudence pourrait inciter d’autres vacanciers allemands à contester des séjours où l’accès aux installations promises est durablement entravé.

Un phénomène récurrent
Cette affaire n’est pas isolée. En janvier 2024, un tribunal allemand avait déjà condamné TUI pour un problème semblable dans un hôtel sur l’île de Rhodes. Des vacanciers allemands privés de transats avaient obtenu environ 325 euros par famille, soit 7 % du prix de leur séjour.

La « guerre des serviettes » reste un classique des plaintes estivales. De nombreux touristes dénoncent cette habitude qui prive les autres clients d’un équipement pourtant inclus dans le forfait. Pour TUI et les hôteliers, ce dernier jugement rappelle l’importance de mieux encadrer l’usage des espaces communs pendant la haute saison. En attendant, sur les réseaux et dans les forums de voyageurs, la question divise toujours : faut-il sévir contre les « réservations sauvages » ou chacun doit-il se lever plus tôt ? La justice allemande, elle, a clairement tranché en faveur du repos mérité.

« Guerre des serviettes » : TUI doit indemniser un touriste allemand privé de transats 1 Air Journal

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