Un Airbus A330 de Turkish Airlines assurant le vol TK726 entre Istanbul et Katmandou a subi lundi matin un départ de feu sur un train d’atterrissage à l’atterrissage à l’aéroport international Tribhuvan, sans faire de blessés parmi les 280 personnes évacuées en urgence.
L’incident ravive le souvenir du spectaculaire excursion de piste, en 2015, d’un autre A330 de la compagnie sur ce même vol et dans ce même aéroport.
Turkish Airlines TK726 : incendie sur le train d’atterrissage à Katmandou
Selon les autorités népalaises, le vol TK726 en provenance d’Istanbul a pris feu au niveau des pneus du train principal droit au moment du toucher des roues sur l’unique piste de Tribhuvan International Airport, vers 6h45 heure locale. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des flammes et un épais panache de fumée grise s’échappant du train d’atterrissage droit de l’Airbus A330 immobilisé sur le tarmac, alors que les services de secours convergent vers l’appareil.
La police et la sécurité aéroportuaire confirment que tous les passagers et membres d’équipage ont été évacués. « L’avion avec l’indicatif d’appel TK726 se rendait d’Istanbul à Katmandou lorsque le pneu a pris feu à l’atterrissage. Grâce aux véhicules de lutte contre l’incendie, le feu a été maîtrisé. Tous les passagers ont été évacués en sécurité », a déclaré par téléphone le surintendant de police Rajkumar Silawal, en charge de la sécurité de l’aéroport. Les passagers ont été évacués via les issues de secours, avec déploiement des toboggans d’évacuation.
Les bilans communiqués par les médias et les autorités divergent légèrement, mais font état d’environ 277 à 278 passagers et 11 membres d’équipage à bord, soit près de 290 personnes au total. Certaines sources locales évoquent quelques blessures légères survenues au cours de l’évacuation, sans blessure grave ni décès. L’appareil a été remorqué et immobilisé sur une voie de circulation pour inspection technique, entraînant la suspension temporaire des arrivées internationales et des retards pour plusieurs vols à destination de Katmandou.
Causes encore inconnues, enquête en cours
À ce stade, ni Turkish Airlines ni l’aéroport de Katmandou n’ont publié de communiqué détaillé expliquant les circonstances exactes de l’incident ou la nature de l’avarie ayant conduit à l’incendie du pneu. La Civil Aviation Authority of Nepal (CAAN) indique qu’une enquête est ouverte, et que la cause précise de l’incident – rupture de pneu, surchauffe liée au freinage, problème de train ou autre facteur technique – n’est pas encore déterminée.
Un porte-parole de la CAAN, Gyanendra Bhul, a indiqué à l’agence Reuters que « le feu s’est déclaré au niveau du pneu arrière droit de l’appareil… le feu a été éteint et l’avion remorqué vers la bretelle de dégagement… il est actuellement immobilisé au sol ». Les autorités confirment aussi que « tous les passagers ont pu quitter l’avion sans blessure ». D’après plusieurs médias indiens et népalais, des fonctionnaires des Nations unies figuraient parmi les passagers de ce vol régulier entre la Turquie et le Népal.
Un aéroport contraint et exposé
Tribhuvan International Airport est le principal aéroport international du Népal, situé dans une cuvette entourée de reliefs et doté d’une seule piste, ce qui le rend particulièrement sensible aux incidents d’exploitation. Tout incident impliquant un gros porteur sur cette unique piste peut rapidement perturber le trafic, comme ce fut le cas lors de l’accident de 2015 impliquant Turkish Airlines. L’épisode de ce lundi a conduit à une interruption de courte durée des opérations internationales, le temps de maîtriser le feu, d’évacuer l’appareil puis de le dégager de la piste.
Turkish Airlines a mis en place un vol de remplacement pour les passagers dont les plans de voyage ont été perturbés, une fois les contrôles techniques engagés sur l’Airbus immobilisé. L’appareil, identifié comme un Airbus A330 de la flotte long-courrier de la compagnie turque, restait en cours d’inspection afin de déterminer l’ampleur des dommages subis par le train d’atterrissage et les circuits associés.
Le précédent de 2015 : même vol, même aéroport
L’incident de ce 11 mai rappelle immédiatement le précédent de 2015, lorsque le vol Turkish Airlines TK726 – déjà un Airbus A330 en provenance d’Istanbul – avait quitté la piste lors de l’atterrissage à Katmandou par forte brume. À l’époque, l’appareil avait dévié vers la gauche du centre de piste, s’était enlisé dans la zone herbeuse adjacente et avait vu son train avant s’effondrer, endommageant le fuselage, les ailes et les moteurs. Le vol transportait alors 224 personnes et avait provoqué la fermeture de l’aéroport pendant plusieurs jours, faute de moyens pour dégager rapidement l’A330 immobilisé sur la zone de sécurité.
Les premiers éléments d’enquête avaient mis en avant une possible perte de « conscience situationnelle » de l’équipage lors de l’approche finale dans le brouillard, conduisant à un alignement imparfait et à une sortie de piste. Là encore, aucun passager n’avait été grièvement blessé, mais l’accident avait mis en lumière la vulnérabilité de Katmandou face aux aléas météo et aux incidents sur gros-porteurs, dans un contexte d’infrastructures limitées.
Enjeux de sécurité aérienne et de maintenance
D’un point de vue aéronautique, un feu de pneu au moment de l’atterrissage peut résulter de plusieurs facteurs : freinage intensif, pression ou état du pneu, surchauffe des freins, ou encore dysfonctionnement de composants du train d’atterrissage. Les enquêtes de sécurité devront analyser les paramètres de l’approche, la masse à l’atterrissage, les procédures appliquées par l’équipage, l’état de la piste et l’historique de maintenance du train et des roues de l’A330. L’absence de blessés et la rapidité de l’évacuation traduisent en revanche l’efficacité des procédures d’urgence et la coordination entre équipage et services de secours au sol.
Plusieurs médias ont diffusé des images du pneu en feu sur le train d’atterrissage droit de l’A330 de Turkish Airlines à Katmandou.
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