Un Boeing 787 Dreamliner de British Airways, qui devait assurer dimanche le vol BA299 entre Londres-Heathrow et Chicago O’Hare, a subi des dommages « mineurs » lors d’une opération de ravitaillement en carburant, entraînant l’annulation de la rotation Londres–Chicago–Londres.
Entre la prise en charge hôtelière des passagers et les compensations prévues par la réglementation britannique inspirée d’EU261, la note pourrait approcher les 250 000 livres sterling, soit près de 290 000 euros, si tous les passagers éligibles déposent une demande.
Un 787 endommagé au sol à Heathrow
Selon les informations initiales du quotidien britannique The Independent, confirmées par plusieurs médias londoniens, l’incident s’est produit à Londres-Heathrow alors que des ingénieurs inspectaient le Boeing 787 parallèlement à l’opération de ravitaillement. Une plateforme avait été positionnée sous le fuselage pour des opérations de maintenance ou de contrôle; à mesure que le kérosène était chargé, l’avion s’est légèrement affaissé sous l’effet du poids supplémentaire et est venu reposer sur cet équipement, qui s’est retrouvé coincé sous la cellule. British Airways évoque des dégâts « mineurs » sur le fuselage, mais suffisants pour immobiliser l’appareil et déclencher une inspection plus poussée. Le 787 concerné devait opérer le vol BA299 de 13h10 vers Chicago O’Hare, l’un des axes transatlantiques majeurs de la compagnie au départ de son hub de Heathrow.
Rotation Londres–Chicago annulée et passagers bloqués
Faute de solution technique rapide et d’appareil de remplacement, British Airways a finalement annulé non seulement le vol BA299 Londres–Chicago, mais aussi le vol retour de nuit BA298 Chicago–Londres, qui devait être assuré par le même avion. Le 787 en question a une capacité d’environ 256 sièges; en supposant un remplissage d’environ 240 passagers sur chaque tronçon, près de 480 clients ont été affectés par cette annulation de rotation.
Un passager cité par The Independent, qui a souhaité rester anonyme, décrit la scène: « Quand l’avion a été ravitaillé, il pesait évidemment plus, il s’est donc légèrement affaissé, ce qui a coincé la plateforme en dessous. » Selon son témoignage, « il y avait une multitude de techniciens autour de la plateforme; British Airways a essayé de trouver un autre avion mais n’y est pas parvenu et, après trois heures, ils ont annoncé que le vol était annulé. À ce moment-là, il était trop tard pour trouver un vol de remplacement. » Le passager explique avoir été hébergé dans un hôtel proche de Heathrow avant d’être reprotégé sur un vol American Airlines vers Chicago le lendemain matin. British Airways a confirmé avoir fourni des chambres d’hôtel aux clients bloqués à Londres et les avoir rebookés sur d’autres vols le lundi.
Un risque de facture pouvant frôler 290 000 euros
L’affaire pourrait s’avérer coûteuse pour la compagnie britannique, les circonstances relevant a priori d’un incident de manutention au sol et donc d’un événement « sous le contrôle du transporteur » au sens des règles d’indemnisation. Au Royaume-Uni, le régime UK261, calqué sur l’ex-règlement européen 261/2004, prévoit une compensation fixe pouvant aller jusqu’à 520 livres par passager pour les vols long-courriers de plus de 3 500 km annulés à court préavis lorsque la cause n’est pas extraordinaire. Pour un vol transatlantique Londres–Chicago, supérieur à 3 500 km, le plafond s’applique dans sa tranche la plus élevée, soit 520 livres par personne, soit environ 600 euros au taux de change courant. Si l’on retient l’hypothèse avancée par The Independent d’environ 240 passagers par segment, et que tous les clients potentiellement éligibles réclament la compensation, la facture pourrait atteindre 250 000 livres, soit autour de 290 000 euros.
À ce montant s’ajoutent les coûts d’hébergement, de restauration et de reprotection sur d’autres vols, obligations qui découlent également des textes UK261/EC261 pour les annulations et retards prolongés. Pour une compagnie comme British Airways, ce type d’incident rappelle l’enjeu financier que représentent les opérations au sol et le respect rigoureux des procédures de sécurité autour d’un avion en ravitaillement.
British Airways insiste sur la priorité à la sécurité
Dans une déclaration transmise aux médias britanniques, la compagnie nationale a confirmé l’incident et insisté sur le fait que la sécurité passagers demeurait la ligne rouge absolue. « Notre avion a subi des dommages mineurs alors qu’il était préparé à l’embarquement à Heathrow. La sécurité est toujours notre priorité et nous n’exploiterions jamais un vol s’il n’était pas sûr », a indiqué un porte-parole de British Airways. La compagnie dit avoir « présenté des excuses à nos clients pour la perturbation de leurs projets de voyage » et assure que ses équipes « ont travaillé d’arrache-pied pour les acheminer vers leur destination aussi rapidement que possible ».
Les dommages au 787 sont décrits comme limités, même si l’appareil devra faire l’objet d’une inspection détaillée avant un éventuel retour en service commercial.

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