Contrainte par la Federal Aviation Administration (FAA), United Airlines a retiré plus de 22 000 vols de son programme estival et automnal à Chicago O’Hare (ORD), son principal hub du Midwest. La compagnie américaine a supprimé 11 routes, abandonné définitivement une destination et réduit sensiblement les fréquences sur de nombreuses lignes, dans le cadre d’une vaste opération de « dégonflage » d’un programme jugé incompatible avec les capacités réelles de l’aéroport.

Mais même après ces coupes, le niveau d’activité prévu par United reste très supérieur à celui de 2025 à O’Hare, alimentant le débat avec le régulateur et nourrissant l’incertitude sur de nouvelles réductions de vols à court terme.

United forcée de freiner son expansion à O’Hare

United avait bâti pour l’été 2026 une stratégie très offensive à Chicago O’Hare, avec une croissance de l’ordre de 30% du nombre de vols par rapport à 2025, profitant notamment de nouvelles portes obtenues dans le cadre de la réorganisation des terminaux. Dans ce contexte, la FAA a décidé au printemps 2026 d’imposer un plafond de mouvements quotidiens : les opérations à O’Hare sont limitées à environ 2 708 vols par jour entre mi‑mai et fin octobre, contre plus de 3 080 vols prévus dans les plannings d’été des compagnies. L’autorité justifie cette mesure par la nécessité de contenir la congestion, d’améliorer la ponctualité et de tenir compte à la fois des travaux d’infrastructure et du manque de contrôleurs aériens pleinement qualifiés dans la région de Chicago.

Dans ce cadre, United a dû revoir en profondeur son programme à ORD, en retirant des rotations dès le mois de mai puis en étendant ces ajustements à l’ensemble de la haute saison estivale. Le site Enilria, spécialisé dans l’analyse des plannings, estime que la combinaison des routes annulées et des baisses de fréquences représente environ 22 000 vols supprimés (aller‑retour inclus) par rapport au programme initialement mis en vente.

Routes annulées et fréquences en baisse

Selon les données de planning citées par Enilria, United a supprimé 11 routes depuis Chicago O’Hare, dont 10 sont repoussées à une mise en service proche de novembre 2026 et une est retirée durablement du programme. La plupart de ces lignes concernent de nouveaux marchés que la compagnie souhaitait développer au départ de son hub de Chicago, dans une logique de densification du réseau régional et domestique autour d’ORD.

Au‑delà des annulations de routes, la compagnie a largement réduit les fréquences sur de nombreuses dessertes existantes, préférant concentrer sa capacité sur les troncs les plus porteurs et sur des plages horaires jugées stratégiques. Dans une lettre adressée aux salariés d’O’Hare, le vice‑président opérations du hub, Omar Idris, explique que « le programme de juin sera ramené à environ 650 départs quotidiens, contre près de 780 initialement prévus », soit plus d’une centaine de vols retirés chaque jour.

Une capacité toujours largement au-dessus de 2025

Malgré ces coupes, United reste très au‑dessus de son activité de 2025 à O’Hare, ce qui interroge sur la conformité de son nouveau programme avec les attentes de la FAA. Enilria relève ainsi qu’en juin 2026, United prévoit désormais 19 107 vols, contre 22 727 dans le programme initial, mais toujours 13% de plus que les 16 866 vols opérés en juin 2025. En juillet, la compagnie affiche 19 948 vols, en hausse de 15% par rapport aux 17 321 vols de juillet 2025, tandis qu’en août, le total atteint 21 899 vols, soit un bond de 25% sur un an par rapport aux 17 496 vols de 2025.

United comparée à American Airlines

La situation de United à Chicago se distingue aussi de celle de son grand concurrent American Airlines. Selon plusieurs analyses, le programme d’American à O’Hare pour l’été 2026 ne prévoyait qu’une hausse d’environ 4 à 8% de ses départs par rapport à 2025, soit une augmentation d’environ 20 à 40 vols par jour pour atteindre un peu plus de 500 à 520 vols quotidiens. Face à l’intervention de la FAA, American a accepté de réduire encore cette croissance, limitant ses ambitions à un niveau proche de ses capacités pré‑pandémie. À l’inverse, même après les réductions annoncées, la croissance restante de United à O’Hare dépasse la barre des 11% d’augmentation que la FAA semblait considérer comme un plafond raisonnable pour les hubs déjà contraints.

Une FAA échaudée par la congestion et les incidents

La fermeture partielle du robinet de croissance à O’Hare s’inscrit dans un contexte plus large de vigilance accrue de la FAA après plusieurs quasi‑collisions et des épisodes de congestion extrême dans les grands hubs américains. L’agence souligne que la combinaison d’un trafic en forte hausse, de travaux d’infrastructure et d’une pénurie de contrôleurs qualifiés augmente le risque de retards massifs et de situations potentiellement dangereuses dans l’espace aérien de Chicago.  La FAA explique que la réduction d’environ 12% des vols prévus à O’Hare « constitue une mesure temporaire de gestion des flux destinée à améliorer la sécurité et l’efficacité de l’aéroport pendant la haute saison ».

Des milliers de vols en moins, des dizaines d’avions à réaffecter

Au total, le retrait d’environ 22 000 vols sur une saison à partir d’un seul hub représente pour United la libération de dizaines de avions et de centaines de membres d’équipage, pilotes comme personnels navigants commerciaux. Or, à ce stade, la compagnie n’a pas détaillé la manière dont elle entend réaffecter ces ressources vers d’autres hubs du réseau – comme Denver, Houston, Washington Dulles ou San Francisco – ni indiqué si des ajustements de flotte ou des mesures temporaires sur l’emploi étaient envisagés.

Vols plafonnés à Chicago : United taille dans son programme, la FAA pourrait en demander encore plus  1 Air Journal

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