Le « bleisure », contraction des termes business (affaires) et leisure (loisirs), s’impose désormais comme une nouvelle norme du voyage d’affaires en France, porté par l’appétit des salariés pour plus de flexibilité.
Selon les dernières données de la plateforme de réservation Navan, les séjours combinant travail et loisirs en France ont augmenté de 7,8% en un an. Le voyageur d’affaires prolonge un déplacement professionnel pour des raisons personnelles, qu’il s’agisse d’un week‑end en bord de mer ou de quelques jours de découverte urbaine.
Cette pratique, encore marginale il y a quelques années, devient un comportement structurant. « Les données montrent que le bleisure n’est plus une exception, mais une composante intégrée du voyage d’affaires », observe Zahir Abdelouhab, senior vice‑président pour l’Europe, le Moyen‑Orient et l’Afrique chez Navan.
Un boom porté par les jours fériés de mai
Le calendrier des jours fériés en 2026 agit comme un accélérateur. Navan enregistre des pics de réservations spectaculaires autour des jours fériés de mai, toutes catégories de voyages confondues. Sur la seule plateforme, les volumes bondissent de 228,6% pour le 1er mai, de 96,75% pour le 8 mai, de 331,3% pour le week‑end de l’Ascension (14 mai) et de 210,3% pour le lundi de Pentecôte (25 mai), par rapport aux mêmes jours fériés l’an dernier. Ces hausses traduisent une stratégie assumée de la part des collaborateurs, qui ajustent leurs déplacements pour coller aux ponts et week‑ends prolongés.
Pour Navan, cette dynamique illustre un changement d’époque dans la relation au travail. « Dans un monde où la flexibilité est un facteur déterminant pour attirer et retenir les talents, le « bleisure » est devenu un levier RH stratégique », souligne Zahir Abdelouhab.
Une pratique préparée et assumée
L’essor du « bleisure » ne relève pas de décisions prises à la dernière minute. Les voyageurs concernés réservent en moyenne 28 jours à l’avance, contre 22 jours pour les déplacements strictement professionnels. Cette anticipation témoigne d’un arbitrage réfléchi entre contraintes professionnelles, vie personnelle et budget. Dans un contexte d’inflation, transformer un déplacement obligatoire en « mini‑vacances » abordables permet de limiter les coûts d’un séjour de loisirs classique, tout en optimisant le temps passé loin du domicile.
La carte du bleisure, de Paris à la Méditerranée
Paris reste le point d’ancrage majeur des déplacements d’affaires, mais la géographie du bleisure s’élargit. Les données de réservations hôtelières de Navan montrent une montée en puissance des pôles régionaux offrant un environnement plus « détente ».
Après la capitale, Bordeaux, Cannes, Marseille et Nice dominent les séjours bleisure en France. Ces villes ne sont plus seulement identifiées comme des centres de congrès, mais comme de véritables destinations de loisirs où les collaborateurs prolongent leur présence pour profiter du littoral ou de la culture locale.
En moyenne, la durée d’un séjour « bleisure » en France atteint 1,5 jour, contre 2,1 jours pour un déplacement 100% professionnel. Le taux d’extension au week‑end – réservations incluant une nuit de samedi ou de dimanche – se stabilise à 17,5%, légèrement en retrait par rapport aux 18,5% observés l’année précédente.
Au niveau européen, la tendance est encore plus marquée, avec une hausse de 10,3% des réservations « bleisure » sur un an. Le top 5 des destinations – Londres, Paris, Dublin, Barcelone et Berlin – combine puissance financière et attractivité culturelle, confirmant l’effacement progressif de la frontière entre réseau professionnel et détente personnelle.
La fin de la « friction administrative »
Si l’option « détente » se développe, c’est aussi parce que les obstacles administratifs reculent. Longtemps, la difficulté à séparer dépenses personnelles et frais professionnels a freiné les salariés, au risque de compliquer le travail des services financiers.
En centralisant les réservations et en permettant de scinder les dépenses au sein d’une même interface, Navan promet de supprimer cette « friction administrative ». « En éliminant la complexité administrative liée à la séparation des frais professionnels et personnels, Navan permet aux collaborateurs de tirer parti du calendrier — comme les jours fériés de mai — pour optimiser leurs déplacements sans alourdir la gestion financière », insiste Zahir Abdelouhab.
Pour les entreprises, l’enjeu dépasse la simple simplification des processus internes. Offrir la possibilité de combiner travail et loisirs devient un argument supplémentaire pour attirer et fidéliser des collaborateurs en quête d’autonomie et de qualité de vie.
Navan rappelle enfin que ces tendances reposent sur l’analyse des réservations effectuées par des voyageurs d’affaires internationaux se rendant en France entre avril 2025 et avril 2026, comparées à la période avril 2024 – avril 2025. Une photographie précise d’un voyage d’affaires qui ne se résume plus à un aller‑retour express, mais qui s’inscrit de plus en plus dans une logique d’expérience globale.

@Lufthansa
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