Aeroflot reprendra le 1er juin 2026 ses vols réguliers entre Moscou-Cheremetièvo et Dubaï, avec une rotation quotidienne en juin puis deux à partir du 1er juillet. Exploitée en Boeing 737 biclasse, la liaison illustre la normalisation progressive du trafic aérien entre la Russie et les Émirats arabes unis, après plusieurs semaines de fortes restrictions liées aux tensions au Moyen-Orient.
Une reprise progressive : d’un vol quotidien à deux fréquences par jour
Selon un communiqué repris par l’agence TASS, Aeroflot « reprendra les vols réguliers de Moscou vers Dubaï le 1er juin », avec une desserte quotidienne en juin, puis deux vols par jour à compter du 1er juillet. Le transporteur précise que « les ventes de billets sont d’ores et déjà ouvertes », confirmant ainsi l’inscription de la liaison dans son programme d’été 2026.
Les données d’horaires publiées par le site spécialisé AeroRoutes montrent que la route sera opérée depuis l’aéroport de Moscou-Cheremetièvo (SVO) vers Dubaï (DXB), avec le vol SU520 quittant SVO à 07h05 pour une arrivée à 14h30 à Dubaï, et le retour SU521 décollant de DXB à 16h15 pour un atterrissage à 21h50 à Moscou. Cette première fréquence quotidienne constitue une montée en puissance prudente, visant à tester le remplissage avant l’ajout d’une seconde rotation en pleine haute saison estivale.
Un Boeing 737 biclasse sur un axe loisirs et affaires
Aeroflot déploiera sur Moscou–Dubaï des Boeing 737 configurés en deux classes, avec une cabine économique et une cabine affaires. L’appareil utilisé est un 737-800, offrant un produit standardisé sur le réseau moyen-courrier international de la compagnie.
Ce choix d’un monocouloir biclasse reflète le profil de la demande sur le corridor Russie–Émirats arabes unis, qui combine une clientèle loisirs – notamment vers Dubaï, destination touristique majeure et hub de correspondances – et une clientèle affaires ou affinitaire disposée à payer un surcoût pour un produit premium. Avant la crise régionale, les liaisons entre la Russie et Dubaï représentaient déjà un flux significatif, avec un total de 28 vols hebdomadaires entre Moscou-Cheremetièvo et les aéroports de Dubaï lorsque Aeroflot desservait également Dubai World Central (DWC).
Des restrictions levées côté russe et émirien
La suspension de la ligne Moscou–Dubaï était intervenue à la suite de la fermeture partielle de l’espace aérien dans plusieurs pays du Moyen-Orient fin février, dans un contexte d’escalade des tensions régionales et de conflit impliquant notamment les États-Unis, Israël et l’Iran. Les autorités russes avaient alors recommandé aux compagnies nationales de suspendre la vente de billets vers les Émirats arabes unis et de contourner l’espace aérien iranien, ce qui avait entraîné une réduction significative des liaisons vers le Golfe.
En avril, l’agence fédérale russe du transport aérien, Rosaviatsia, a annoncé que les transporteurs russes étaient à nouveau autorisés à utiliser l’espace aérien iranien et à reprendre la vente de billets pour les vols vers et depuis les Émirats arabes unis, sous réserve du respect des consignes des autorités locales. Rosaviatsia a indiqué que « les vols de transit et les vols directs vers les aéroports en Iran peuvent désormais reprendre », tout en levant la recommandation de suspension des ventes de billets vers les Émirats.
Parallèlement, la General Civil Aviation Authority (GCAA) des Émirats arabes unis a annoncé début mai la levée de l’ensemble des restrictions de trafic aérien mises en place depuis le début du conflit impliquant l’Iran. L’autorité a précisé que les opérations aériennes étaient revenues à un « statut normal » dans l’espace aérien émirien, après une évaluation conjointe des conditions opérationnelles et de sécurité avec les autorités compétentes.
Aeroflot reconstruit son réseau vers le Golfe
La réouverture de Moscou–Dubaï s’inscrit dans une stratégie plus large par laquelle Aeroflot cherche à rétablir progressivement ses liaisons vers les grands hubs du Golfe, essentiels pour les flux de touristes russes et pour les passagers en correspondance vers l’Asie, l’Afrique ou l’océan Indien. Malgré les sanctions occidentales qui continuent de limiter ses opérations vers l’Europe et l’Amérique du Nord, la compagnie russe a maintenu en 2026 un plan de développement ciblé sur des marchés jugés prioritaires, notamment au Moyen-Orient et en Asie.
En mars, la fermeture temporaire de plusieurs hubs du Golfe avait fortement pénalisé les transporteurs russes, les privant de points de correspondance vitaux pour le trafic de et vers la Russie. Des compagnies comme Emirates et Flydubai, basées à Dubaï, ont elles-mêmes réduit leur offre avant de reprendre progressivement un « nombre limité de vols » au départ de l’émirat, y compris vers certaines villes russes comme Kazan, Ekaterinbourg, Moscou-Vnoukovo et Novossibirsk.

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