Un Airbus A350‑900 de Cathay Pacific reliant Brisbane à Hong Kong a été violemment secoué par de fortes turbulences dans la nuit du 22 au 23 mai, faisant dix blessés parmi les passagers et les membres d’équipage, avant de se poser sans encombre à l’aéroport international de Hong Kong vers 6 h 45 locales.

Huit personnes ont été transportées à l’hôpital, principalement pour des blessures légères et des abrasions, selon la compagnie et les autorités hongkongaises.

Ce qui s’est passé à bord du vol CX156

Le vol CX156, opéré par un Airbus A350‑941 immatriculé B‑LRV, avait décollé de Brisbane le vendredi soir, avec environ 240 personnes à bord à destination de Hong Kong. D’après plusieurs témoignages concordants, l’appareil a rencontré des turbulences soudaines environ deux heures avant l’atterrissage, alors qu’il évoluait en croisière, durant le service du petit‑déjeuner en cabine économique.

Les passagers décrivent un « décrochage » brutal de l’avion, assimilé à une sensation de « chute libre depuis une tour de chute » comme dans un parc d’attractions. « L’avion a juste chuté, les gens se sont mis à hurler », a raconté un voyageur à des médias australiens, évoquant des téléphones, des boissons et des plateaux‑repas projetés jusqu’au plafond pendant quelques secondes.

Selon les informations disponibles, la perte d’altitude, brève mais violente, n’aurait duré que quelques instants, mais a suffi à provoquer des blessures chez plusieurs personnes qui n’étaient pas attachées au moment de l’événement, en particulier des PNC en service dans les allées.

Bilan humain : dix blessés, dont six membres d’équipage

Cathay Pacific a confirmé que six membres d’équipage de cabine et quatre passagers ont été blessés lors de l’épisode de turbulences, la plupart souffrant de contusions et d’abrasions. À l’arrivée à Hong Kong, le 23 mai au matin, des équipes médicales et des services de secours attendaient l’appareil sur le tarmac et sont montés immédiatement à bord pour évaluer la situation.

Huit blessés ont ensuite été transférés à l’hôpital de North Lantau, à Tung Chung, tandis que deux autres personnes ont été prises en charge à l’aéroport même. Tous les blessés étaient conscients et aucun traumatisme ne serait considéré comme mettant en jeu le pronostic vital, selon les autorités locales et la compagnie.

Dans un communiqué, un porte‑parole de Cathay Pacific a indiqué : « Six membres d’équipage et quatre passagers ont signalé des blessures mineures, et huit d’entre eux ont été envoyés à l’hôpital pour un suivi médical ». La compagnie ajoute qu’elle « continue d’apporter son soutien aux passagers et aux employés affectés » et qu’elle coopère pleinement avec les autorités hongkongaises.

Un service petit‑déjeuner interrompu par les turbulences

Au moment de l’incident, le service de petit‑déjeuner était en cours, ce qui a rendu les personnels de cabine particulièrement vulnérables, ceux‑ci se déplaçant dans l’allée avec des chariots et sans ceinture attachée. Plusieurs passagers et vidéos postées sur les réseaux sociaux montrent des plateaux, boissons et équipements de service éparpillés au sol et sur les sièges après le passage de la rafale de turbulences.

Des voyageurs ont décrit des scènes de « chaos dans la cabine », avec des chariots renversés et le galley « dévasté », forçant l’équipage à interrompre définitivement le service de repas. Un passager cité par la presse locale explique : « Les gens criaient, certains pleuraient, il y avait de la nourriture partout ; c’était très effrayant ».

Le commandant de bord s’est ensuite adressé aux passagers, s’excusant pour l’incident et expliquant que l’avion avait rencontré un phénomène météo apparu avec très peu de préavis. Malgré la frayeur et les dégâts en cabine, le vol s’est poursuivi normalement jusqu’à son arrivée à Hong Kong, sans autre anomalie technique rapportée.

Quelle nature de turbulences ? Piste du « clear‑air turbulence »

Les premières informations évoquent un système convectif ou une cellule orageuse rencontrée en croisière, dans une zone où l’activité météo évoluait rapidement. Des observateurs et certains rapports ultérieurs suggèrent toutefois que l’appareil aurait pu être confronté à de fortes turbulences en ciel clair (clear‑air turbulence, CAT), un phénomène difficile à détecter à l’avance car il peut se produire en l’absence de nuages visibles.

Les turbulences en ciel clair surviennent souvent à proximité de forts gradients de vent ou de courant‑jet, et ne sont pas toujours bien détectées par le radar météo embarqué, qui s’appuie principalement sur la présence de précipitations. Dans ce type de situation, même un avion moderne comme l’Airbus A350, doté de systèmes sophistiqués de détection et de gestion de vol, ne peut éviter complètement un cisaillement vertical brutal, surtout lorsque la marge d’anticipation est faible.

Enquête des autorités hongkongaises et enjeux de sécurité

À Hong Kong, l’Air Accident Investigation Authority (AAIA) devrait ouvrir une enquête technique sur l’événement impliquant le vol CX156, afin d’analyser les données de vol, les paramètres météo, les enregistrements radio ainsi que les témoignages d’équipage. Cathay Pacific indique coopérer avec les enquêteurs et mener sa propre revue interne de l’incident.