EasyJet va déployer dès cet été des opérations de roulage « sans moteurs » à Amsterdam-Schiphol grâce au TaxiBot électrique, une technologie de tractage semi‑robotisée qui doit réduire significativement la consommation de carburant, les émissions et le bruit au sol. L’aéroport néerlandais devient ainsi le premier hub européen à généraliser l’usage du TaxiBot pour les Airbus de la compagnie britannique, avec en ligne de mire un roulage entièrement durable d’ici 2030.
EasyJet et Schiphol basculent au roulage assisté
EasyJet et l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol ont annoncé le déploiement opérationnel du TaxiBot électrique pour les Airbus de la flotte basée aux Pays‑Bas, après une phase d’essais menée en mars 2026 et jugée concluante. Un premier vol commercial avec passagers a eu lieu le 30 avril, marquant le passage du démonstrateur à l’exploitation régulière. Quatre Airbus, dont trois A320neo, sont en cours d’équipement permanent pour utiliser ce système, en partenariat avec Schiphol, Menzies Aviation, Airbus et Smart Airport Systems (SAS).
Selon easyJet, l’usage du TaxiBot permettra d’économiser en moyenne 95 kg de carburant et 299 kg de CO₂ par vol, en plus d’une réduction notable du bruit sur l’aire de trafic. « Le TaxiBot constitue une nouvelle étape importante dans notre mission visant à exploiter nos opérations de la manière la plus efficace possible », souligne David Morgan, directeur des opérations d’easyJet, en insistant sur des « réductions immédiates de la consommation de carburant, des émissions de carbone et du bruit » tout en soutenant « des opérations au sol plus efficaces dans l’un des aéroports les plus fréquentés d’Europe ».
Comment fonctionne le TaxiBot ?
Développé par Smart Airport Systems et soutenu dans le cadre du démonstrateur européen HERON du programme SESAR, TaxiBot est un tracteur hybride‑électrique semi‑robotisé qui se connecte au train avant de l’appareil et le tracte entre la porte et un point proche de la piste. Contrairement à un push‑back classique, il ne se contente pas de repousser l’avion mais l’emmène sur une grande partie du parcours de roulage, tandis que les moteurs principaux restent coupés et que seul le groupe auxiliaire de puissance (APU) fonctionne.
Cette architecture permet de réduire fortement le brûlage de kérosène au sol, donc les émissions de CO₂, de NOx et de particules ultrafines, ainsi que le niveau sonore perçu aux abords des pistes et sur les aires de stationnement. Smart Airport Systems indique que le TaxiBot peut diminuer la consommation de carburant jusqu’à 75% par rapport à un roulage bi‑moteurs, et réduire certains polluants de l’ordre de 90% dans des cas optimaux. À Schiphol, où les temps de roulage peuvent être très longs, notamment vers la Polderbaan, l’aéroport estime que les économies de carburant liées au TaxiBot peuvent atteindre jusqu’à 65% sur ces trajectoires.
Schiphol, laboratoire européen du roulage durable
Schiphol se positionne depuis plusieurs années comme l’un des laboratoires européens du roulage durable, dans le cadre des démonstrateurs Digital Sky menés avec SESAR et cofinancés par l’agence européenne CINEA. L’aéroport est chef de file du volet « Green Surface Operations Management » du projet HERON, qui vise à décarboner les opérations de surface à l’échelle du continent, des procédures de taxi optimisées aux solutions de tractage comme TaxiBot.
« En déployant le TaxiBot, nous franchissons une nouvelle étape concrète vers la réduction des émissions et du bruit sur le tarmac. C’est ainsi que nous créons un lieu de travail plus sain et plus propre, et un aéroport toujours plus durable et moderne, prêt pour l’avenir », résume Esmé Valk, Chief People & Transformation Officer d’Amsterdam-Schiphol (Schiphol). L’aéroport rappelle que des essais antérieurs de roulage « moteurs coupés » avaient déjà montré des réductions d’environ 50% de la consommation de carburant lors du taxi, avec des gains pouvant monter à 65% sur les segments les plus longs.
Un levier concret sur l’empreinte carbone au sol
Pour les compagnies, la phase de roulage représente une part non négligeable de la consommation de carburant et des émissions de gaz à effet de serre, surtout sur les plateformes congestionnées ou aux taxiways étendus. À raison de 95 kg de carburant et 299 kg de CO₂ économisés en moyenne par rotation easyJet à Schiphol, la généralisation progressive du TaxiBot pourrait représenter plusieurs milliers de tonnes de CO₂ évitées chaque année, selon le rythme d’équipement des appareils et le nombre de mouvements concernés.
Schiphol précise qu’un déploiement à grande échelle du TaxiBot permettrait de faire baisser de manière significative non seulement les émissions de CO₂, mais aussi celles d’oxydes d’azote (NOx) et de particules ultrafines, problématiques pour la qualité de l’air local. Cette approche s’inscrit dans l’objectif plus large de l’aéroport d’atteindre des opérations de roulage entièrement durables d’ici 2030, en complément d’autres mesures comme l’électrification des équipements d’assistance en escale ou l’optimisation de la gestion des flux au sol.
EasyJet, la décarbonation par petits pas successifs
Pour easyJet, ce programme à Schiphol complète une feuille de route vers le net zéro qui combine renouvellement de flotte, carburants d’aviation plus durables, optimisation opérationnelle et projets à plus long terme autour de la rupture technologique. La low‑cost orange s’est fixé pour objectif de réduire de 35% l’intensité carbone de ses émissions d’ici 2035, avant d’atteindre la neutralité nette à l’horizon 2050, en s’appuyant notamment sur la montée en puissance de l’A320neo, plus sobre que la génération précédente.
« Alors que nous poursuivons la modernisation de nos opérations, des initiatives comme celle-ci démontrent comment l’innovation et la collaboration à l’échelle du secteur peuvent contribuer à réduire l’impact environnemental de l’aviation, à la fois dans les airs et au sol », insiste David Morgan, rappelant le rôle des partenaires industriels et aéroportuaires. Plusieurs autres hubs européens, dont Paris‑Charles‑de‑Gaulle et Bruxelles, participent également aux travaux HERON autour du roulage hybride‑électrique, ce qui ouvre la voie à des déploiements multi‑plateformes de TaxiBot ou de technologies similaires dans les prochaines années.

Wheelbot a commenté :
27 mai 2026 - 10 h 18 min
Il s’agit pour l’heure du système le plus prometteur, on va dans le bon sens !
Il serait intéressant d’évoquer les Wheelbots qui seraient directement connectés à la (aux) roue(s) avant du train d’atterrissage et qui permettraient aux pilotes de ne pas changer leur façon de rouler, tout en économisant des quantités énormes de carburant (+ la possibilité de pushback quasi autonome) !
Mais pour l’heure le système n’est pas assez puissant et le roulage durerait bien trop longtemps (chose incompatible pour des plate-formes telles que cdg)…