L’Europe reste un marché majeur pour les compagnies aériennes américaines. Mais les destinations traditionnelles, comme Londres, Paris ou Rome, ne suffisent plus à répondre à une demande américaine qui recherche aussi des séjours plus diversifiés, combinant souvent plusieurs villes et régions.
Pour l’été 2027, United Airlines et American Airlines ajoutent ainsi de nouvelles liaisons sans escale vers l’Europe. L’Europe du Sud y occupe une place centrale, avec l’Espagne, le Portugal, l’Italie et le sud de la France. Cette offensive s’appuie aussi sur l’arrivée de l’Airbus A321XLR. Cet avion monocouloir à très long rayon d’action permet d’ouvrir des lignes directes transatlantiques vers des marchés plus petits, sans devoir remplir un gros-porteur. Il rend possible une desserte directe de destinations touristiques qui étaient jusqu’ici surtout accessibles avec une correspondance.
United cible les îles et la Méditerranée
United Airlines a présenté fin août sa plus grande expansion internationale à ce jour. Elle prévoit dix nouvelles destinations internationales à partir du printemps 2027, dont neuf en Europe.
La part la plus visible du programme concerne la Méditerranée. Depuis New York-Newark, United reliera directement Ibiza et Valence en Espagne, Olbia en Sardaigne, Catane en Sicile, Marseille ainsi que Terceira, dans l’archipel portugais des Açores. Elle ouvrira aussi une ligne vers Ljubljana, en Slovénie, et une autre vers Luxembourg. Au départ de Washington-Dulles, elle lancera Toulouse.
United prévoit également de reconduire à l’été 2027 plusieurs lignes lancées en 2026 depuis New York-Newark, notamment vers Split en Croatie, Bari en Italie, Glasgow en Ecosse et Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne. Elle entend par ailleurs prolonger la saison de plusieurs de ses lignes estivales jusqu’en octobre. Ce mois est devenu l’un des meilleurs de l’année pour la compagnie américaine sur le long-courrier international, selon son directeur général Scott Kirby.
Le choix de ces villes illustre une évolution de la demande. Selon Patrick Quayle, directeur de la planification réseau et des alliances de United, les touristes américains cherchent davantage à éviter les grandes villes européennes les plus fréquentées. Ils privilégient aussi les itinéraires dits « open jaw » (multidestination) : arrivée dans une ville et retour depuis une autre, sans nécessité de revenir sur leurs pas. Un voyageur peut, par exemple, atterrir à Rome et repartir de Bari, ou combiner Valence et Ibiza.
« Notre objectif est d’avoir, sur notre carte de routes, une destination pour chaque voyageur, à chaque étape de sa vie. Nous rendons le monde plus petit et rapprochons les cultures à une échelle qu’aucune autre compagnie aérienne au monde ne peut égaler », souligne Patrick Quayle.
American ajoute Barcelone, Nice et Porto
American Airlines a, de son côté, annoncé sept nouvelles lignes internationales pour 2027. Six concernent l’Europe, auxquelles s’ajoute un renforcement entre New York-JFK et Londres-Heathrow. La compagnie américaine ouvrira trois nouvelles destinations depuis son hub de Philadelphie : Porto, Vienne et Reykjavik. Elle reliera également New York-JFK à Amsterdam et à Nice, tandis que Charlotte gagnera une liaison vers Barcelone. Ces nouvelles routes de l’été 2027 seront exploitées quotidiennement. A noter qu’American desservira Porto et Vienne pour la première fois.
Ce programme confirme l’intérêt porté par American à la péninsule Ibérique et au bassin méditerranéen. Barcelone, déjà très présente dans son réseau, sera desservie depuis une sixième porte d’entrée américaine. Nice doit, elle, offrir un accès direct à la Côte d’Azur depuis New York. Porto complète l’offre sur le Portugal, un pays déjà très recherché par la clientèle américaine. American prolonge aussi la saison de deux lignes existantes : Charlotte–Paris-CDG et Miami–Milan-Malpensa doivent reprendre dès le 4 mars 2027. Elle y voit une réponse à la hausse de l’intérêt pour les voyages européens pendant les vacances de printemps.
Une clientèle américaine recherchée
À noter également que Delta Air Lines reprendra l’an prochain ses liaisons saisonnières au départ de New York-JFK vers la Sardaigne et la Sicile. La compagnie aérienne desservira de nouveau Olbia à partir du 28 mai, puis Catane dès le 8 mars.
Les destinations européennes attirent les touristes américains pour plusieurs raisons : patrimoine, gastronomie, climat, littoraux, courts séjours urbains et possibilité de combiner plusieurs pays. Pour les compagnies aériennes, le potentiel est aussi économique. Les voyageurs long-courriers américains sont généralement connus pour leur niveau de dépenses et leur appétence pour les hôtels, restaurants, excursions et expériences haut de gamme comme les cabines premium à bord des avions.
Majorque constitue un exemple concret de cette évolution. United Airlines dessert Palma de Majorque sans escale depuis New York-Newark depuis 2022. La ligne a contribué à accroître la visibilité de l’île auprès de la clientèle américaine. Selon le quotidien allemand Handelsblatt, 300 000 Américains ont visité les Baléares entre mai et octobre 2025, soit 16% de plus qu’un an auparavant. Le média rapporte également une prévision de croissance de la demande américaine d’environ 40% pour cette année, selon la plateforme Mallorcard.
Le profil de dépense explique l’attention accordée à ce marché. Au troisième trimestre 2025, les visiteurs américains ont dépensé en moyenne 129 euros par jour aux Baléares, contre 91 euros pour les touristes allemands, d’après les données de l’institut espagnol de statistique INE citées par Handelsblatt. Les dépenses des Américains pour les hôtels, restaurants, locations de voitures et excursions ont atteint 236 millions d’euros durant l’été 2025, contre 162 millions trois ans plus tôt.
Les touristes américains ne viennent pas seulement chercher la plage. Ils recherchent aussi la gastronomie, les vins, les hôtels de charme et une certaine idée de l’art de vivre méditerranéen. À Majorque, cette demande profite notamment aux établissements haut de gamme de Palma et de l’intérieur de l’île.
L’Europe de l’Est hors des sentiers battus attire également les Américains. La ligne New York-Newark–Ljubljana opérée par United rétablira une connexion directe entre la région de New York et la Slovénie, absente depuis 36 ans. Cette ouverture intervient alors que la fréquentation américaine progresse fortement : après environ 149 000 visiteurs en 2019, la Slovénie a accueilli près de 180 000 touristes américains en 2024 puis plus de 200 000 en 2025.
Une croissance plus sélective
La dynamique n’est toutefois pas sans limite. Les intentions de voyage des Américains vers l’Europe ont été affectées en 2025 par le coût du séjour et par des interrogations géopolitiques. Pour l’été 2025, 33% des Américains interrogés envisageaient un voyage en Europe, soit sept points de moins qu’un an plus tôt, selon le baromètre long-courrier de la Commission européenne du tourisme.
Cela n’empêche pas les compagnies aériennes américaines de développer leur offre. Elles ne cherchent pas seulement à augmenter les volumes. Elles ciblent des voyageurs prêts à payer pour un vol direct, un produit premium et une destination moins banale que les grands classiques européens. Pour United Airlines et American Airlines, l’objectif est de capter une demande américaine qui veut découvrir l’Europe autrement, plus directement et plus longtemps.

@Aeroport Marseille-Provence
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