L’aéroport Soekarno-Hatta de Jakarta a interrompu ses opérations ce dimanche matin après avoir détecté des cendres volcaniques issues de l’éruption de l’Anak Krakatau dans la zone aéroportuaire. Cette mesure de précaution a affecté au moins 209 mouvements d’avions et près de 22 800 passagers, selon le ministère indonésien des Transports.
Les perturbations ont concerné aussi bien les vols domestiques que les dessertes internationales. Les liaisons avec Singapour ont été les plus affectées, mais des vols vers ou depuis Kuala Lumpur, Hong Kong, Guangzhou, Doha, Sydney, Séoul et Amsterdam ont également été touchés. Seize vols internationaux ont été annulés, tandis que plusieurs autres ont été retardés ou reprogrammés.
Singapore Airlines figure parmi les transporteurs affectés : elle a annulé deux rotations entre Singapour et Jakarta samedi, tout en reportant deux autres vols prévus dimanche.
Cinq aéroports fermés
La crise ne s’est pas limitée à la principale porte d’entrée aérienne de Jakarta. Face à la progression des nuages de cendres, les autorités indonésiennes ont annoncé la fermeture temporaire de quatre autres plateformes :
-Halim Perdanakusuma, le second aéroport de Jakarta ;
-Raden Inten II, à Lampung, sur l’île de Sumatra ;
-Budiarto, à Curug ;
-Pondok Cabe, près de Jakarta.
Au total, cinq aéroports ont donc été concernés par des restrictions ou des suspensions d’activité. Les autorités aéronautiques ont indiqué travailler avec les exploitants aéroportuaires, AirNav Indonesia et l’agence météorologique BMKG afin de suivre en temps réel le déplacement des nuages de cendres.
Des cendres jusqu’à 15 000 mètres
Situé à plus de 150 kilomètres de Jakarta, l’Anak Krakatau (ou Anak Krakatoa) est entré en éruption tard vendredi et son activité s’est poursuivie pendant le week-end. Selon les autorités indonésiennes, deux nouvelles éruptions ont été recensées dimanche matin. Des projections de lave ont été observées et des détonations auraient été entendues jusqu’à 700 kilomètres du volcan.
L’agence météorologique indonésienne BMKG a fait état de cendres détectées jusqu’à 6 000 mètres d’altitude du côté de Java, ainsi que d’un panache pouvant atteindre 15 000 mètres du côté de Sumatra et dans certaines zones de la province de Banten, dans l’ouest de Java.
Ces niveaux expliquent la réaction des autorités aériennes. Les cendres volcaniques représentent un danger majeur pour les avions : elles peuvent réduire considérablement la visibilité, s’accumuler sur les pistes et endommager les moteurs à réaction, voire provoquer une perte de puissance. La fermeture préventive des aéroports intervient donc dans le cadre des procédures de sécurité aéronautique appliquées lorsqu’une contamination de l’espace aérien est confirmée.
Des conséquences au sol
L’éruption a également eu des répercussions hors du secteur aérien. Plusieurs établissements scolaires ont suspendu certaines activités, tandis que des pêcheurs ont renoncé à prendre la mer. Des habitants ont signalé des irritations oculaires liées aux retombées de cendres.
L’Agence nationale de gestion des catastrophes, BNPB, a appelé la population à limiter les activités extérieures, à porter un masque et une protection oculaire en cas de chutes de cendres, ainsi qu’à redoubler de prudence sur les routes, la visibilité pouvant être dégradée. À ce stade, les autorités ont indiqué qu’aucun risque imminent de tsunami n’avait été identifié.
Pour les voyageurs, la situation reste évolutive. Les passagers ayant un départ, une arrivée ou une correspondance à Jakarta, Lampung ou dans l’ouest de Java sont invités à vérifier directement le statut de leur vol auprès de leur compagnie aérienne et de l’aéroport concerné, les décisions opérationnelles dépendant de l’évolution du panache de cendres et des contrôles menés par les autorités indonésiennes.

@J-P.Babu/DR
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