Les pilotes de Volotea basés en France sont appelés à cesser le travail du vendredi 4 au dimanche 6 septembre 2026 inclus. Le préavis de grève, lancé conjointement par le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), l’Union des navigants de l’aviation civile (UNAC) et le Syndicat des pilotes de ligne (SPL), porte sur les rémunérations et les conditions de travail. Des perturbations, voire des annulations, sont possibles sur les vols opérés par des équipages français.
Les trois organisations syndicales affirment constater l’absence de « progrès concrets » dans les négociations sociales avec la direction de la low cost espagnole. Elles estiment que les pilotes de Volotea figurent parmi les moins bien rémunérés du marché et dénoncent des conditions de travail qu’elles jugent dégradées.
Des négociations bloquées
Dans son communiqué diffusé le 27 août, le SNPL rappelle avoir déjà dénoncé, en 2022, les conditions de travail et de rémunération des personnels navigants techniques de Volotea. Selon le syndicat, aucune des négociations annuelles obligatoires menées depuis 2021 n’a abouti à des avancées substantielles sur ces sujets.
Les syndicats indiquent avoir proposé des solutions et accepté des compromis, mais imputent l’échec des discussions à la direction de Volotea. Ils soulignent que les pilotes seraient soumis à une stagnation salariale remontant à 2012. Ces affirmations relèvent toutefois de la position syndicale, qui n’a pas été détaillée ou chiffrée par Volotea à ce stade.
Le SNPL, l’UNAC et le SPL avancent également que la direction se serait accordé, en 2025, des augmentations de rémunération moyennes de 23%. Les organisations jugent cet écart avec la situation des équipages inacceptable et réclament des hausses salariales ainsi que des conditions d’emploi conformes, selon elles, à la législation française et aux exigences de sécurité des vols.
Les vols français exposés
Le mouvement vise l’ensemble des pilotes Volotea basés en France, et non les personnels navigants de l’ensemble du réseau européen. L’impact réel dépendra donc du niveau de mobilisation, de l’organisation des rotations et de la possibilité éventuelle pour la low cost espagnole de réaffecter des équipages basés hors de France.
La France constitue un marché structurant pour Volotea, qui y exploite de nombreuses lignes domestiques et internationales au départ notamment de Bordeaux, Brest, Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Strasbourg et Toulouse. Volotea opère au total depuis 21 bases européennes, dont plusieurs en France ; Montpellier doit rejoindre ce réseau de bases à partir de novembre 2026.
Les liaisons France–Algérie pourraient notamment être concernées. Volotea programme des rotations entre Lyon et Sétif, ainsi qu’entre Marseille, Constantine et Alger durant la période du préavis. Leur exploitation effective devra toutefois être confirmée au cas par cas par la low cost.
Volotea n’a pas détaillé son plan
Jeudi, à la date de l’appel à la grève, Volotea n’avait pas rendu public de programme de vols modifié, de liste de rotations annulées ou de dispositif opérationnel spécifique pour les trois journées concernées. Elle n’avait pas communiqué sa position lorsqu’elle a été sollicitée par l’agence de presse espagnole EFE.
Il est donc trop tôt pour estimer le nombre de vols ou de passagers qui pourraient être touchés. Les conséquences pourront aller de retards limités à des suppressions de rotations, en fonction des bases françaises, des lignes concernées et des solutions de remplacement éventuellement mises en place par la low cost.

@Volotea
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