Une série inhabituelle de cas de paludisme autour de l’aéroport de Francfort inquiète les autorités sanitaires allemandes. Huit personnes ont été contaminées depuis la fin août, dont trois sont décédées, dans ce qui est considéré comme un épisode rare de « paludisme d’aéroport ».
Les autorités privilégient l’hypothèse de moustiques infectés arrivés par avion depuis une zone où le paludisme est endémique. Les personnes travaillant à l’aéroport de Francfort ou vivant près de la plateforme sont invitées à consulter rapidement en cas de fièvre inexpliquée.
Huit cas recensés depuis août
Le dernier bilan communiqué par le service de santé de Francfort fait état de huit contaminations et de trois décès. Fin août, six salariés de l’aéroport avaient contracté la maladie, dont deux sont morts. Deux nouveaux cas ont ensuite été identifiés chez des personnes résidant à proximité immédiate de l’aéroport, dans le quartier de Schwanheim. L’une d’elles est décédée.
Ces deux habitants n’avaient ni voyagé dans une zone d’endémie palustre ni travaillé à l’aéroport, selon les autorités sanitaires locales. Cette circonstance renforce l’hypothèse d’une transmission locale très limitée autour de la plateforme.
Qu’est-ce que le « paludisme d’aéroport » ?
Le « paludisme d’aéroport » correspond à une contamination provoquée par la piqûre d’un moustique anophèle femelle infecté, transporté accidentellement par avion depuis une région où le parasite circule. L’insecte peut arriver dans la cabine, les soutes ou les bagages, puis survivre temporairement dans ou à proximité d’un aéroport. Le phénomène demeure très rare en Allemagne. Le précédent cas officiellement documenté dans le pays remontait à 2023, selon l’Institut Robert Koch, l’agence sanitaire allemande.
Les cas recensés récemment à Francfort concernent une forme sévère de la maladie, la malaria tropica, causée par le parasite Plasmodium falciparum. Sans traitement rapide, cette forme peut provoquer des complications neurologiques, pulmonaires ou rénales et engager un pronostic vital.
« Nous sommes confrontés à un événement très rare, et non à une nouvelle maladie fréquente en Allemagne », a déclaré à l’agence de presse allemande DW Achim Hörauf, directeur de l’Institut de microbiologie médicale, d’immunologie et de parasitologie de l’hôpital universitaire de Bonn. « Si le diagnostic est posé à temps, un traitement ciblé est possible. Mais si la maladie n’est pas détectée, son évolution peut devenir sévère très rapidement ».
Surveillance renforcée autour de l’aéroport
Les autorités ont installé des pièges à moustiques dans le secteur concerné et ont engagé une surveillance entomologique. Les résultats des analyses doivent être publiés dans les prochains jours. À ce stade, elles ne disposent pas de données permettant d’évaluer le nombre de moustiques infectés dans la zone.
Les températures plus fraîches de la fin d’été devraient réduire les conditions favorables aux moustiques et à la transmission du parasite. Mais le risque ne disparaît pas immédiatement : l’incubation du Plasmodium falciparum dure généralement de sept à quinze jours.

@Fraport
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