Des passagers arrivés de Tel-Aviv à Amsterdam-Schiphol disent avoir subi une inspection inhabituelle de leurs bagages. Ces témoignages interviennent après l’entrée en vigueur, le 22 septembre, d’une interdiction néerlandaise visant les biens issus des colonies israéliennes en territoire occupé.

La règle s’applique aussi aux souvenirs transportés par avion ; l’existence d’un dispositif de contrôle systématique propre aux vols en provenance d’Israël n’est toutefois pas confirmée officiellement.

Schiphol : des contrôles signalés sur les vols venant d’Israël

Le récit a d’abord été publié le 25 septembre par NieuwRechts, dans une tribune d’opinion. Son autrice affirme qu’à la sortie d’un vol El Al, des voyageurs passant par le couloir « Rien à déclarer » ont été dirigés vers un contrôle. Selon elle, un agent aurait lancé : « Vous venez de Tel-Aviv ? […] Tous ceux qui viennent d’Israël, venez par ici ! » D’autres médias ont repris le témoignage et évoqué un passage des bagages aux rayons X. À ce stade, ces éléments ne permettent pas d’établir que tous les passagers des vols El Al, ou tous les voyageurs arrivant d’Israël, sont désormais fouillés à Schiphol.

Bagages et souvenirs : que prévoit l’interdiction ?

Le texte néerlandais interdit d’introduire aux Pays-Bas des biens entièrement ou partiellement obtenus ou fabriqués dans les colonies visées, notamment en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et sur le plateau du Golan. Il ne s’agit pas d’une interdiction des produits israéliens dans leur ensemble. Les douanes précisent que la mesure concerne aussi les cadeaux, les souvenirs et les objets destinés à un usage personnel, même achetés avant le 22 septembre. C’est leur introduction aux Pays-Bas après cette date qui est interdite.

Pour les voyageurs, le point décisif est l’origine du produit, non l’aéroport où ils ont embarqué. Les douanes recommandent de conserver étiquette, emballage ou document permettant d’établir cette origine. En cas de doute, elles demandent de se présenter à la sortie « marchandises à déclarer ». Si un bien interdit est découvert, le passager peut y renoncer volontairement ; sinon, il peut être saisi. Un procès-verbal est établi et le parquet décide d’éventuelles poursuites.

Douane ou contrôle de sûreté ?

La distinction importe à Schiphol : il s’agit ici d’un contrôle douanier à l’arrivée, portant sur les marchandises transportées, et non du contrôle de sûreté effectué avant l’embarquement. Le décret confie la surveillance de l’interdiction d’importation aux douanes néerlandaises. Celles-ci indiquent pouvoir inspecter les bagages, mais affirment sélectionner leurs contrôles sur la base d’informations objectives et de risques, « l’origine, la nationalité, la religion ou l’apparence » ne constituant pas, selon elles, un motif de contrôle.

Sur le plan diplomatique, Israël a réagi dimanche 27 septembre : selon i24NEWS, son ministre des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a annoncé le retrait, sous sept jours, des documents diplomatiques israéliens accordés aux représentants néerlandais en poste à Ramallah.

À Amsterdam-Schiphol, des bagages venus d’Israël contrôlés sur fond d’interdiction des produits des colonies 1 Air Journal

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