Pour découvrir les Grenadines, les clients de l’agence Catlante Catamarans embarquent en Martinique. Pour naviguer autour de Minorque, ils partent de Palma de Majorque. Derrière ces choix d’itinéraires, un critère décisif : la facilité de rejoindre le port d’embarquement en avion. Hervé Bellaïche, dirigeant de Catlante, explique comment la desserte aérienne façonne son offre — alors même que les voyageurs réservent généralement leurs vols séparément.

Le port de départ avant l’escale
Catlante vend des croisières en catamaran à la cabine ou en privatisation, avec équipage complet. Ses bateaux disposent de six cabines pouvant accueillir jusqu’à 12 passagers. L’agence exploite en propre une flotte de 18 catamarans. Sa spécialité est la croisière, non la vente de billets d’avion. Mais l’un ne va pas sans l’autre : pour remplir un bateau aux Antilles ou aux Seychelles, il faut d’abord que ses passagers puissent rejoindre le port de départ.

« On privilégie des bases où l’accès est facile », résume Hervé Bellaïche. Le dirigeant dit sélectionner ses itinéraires selon deux critères : l’intérêt de la destination pour une découverte en catamaran, puis son accessibilité, notamment aérienne. Le port d’embarquement doit ainsi fonctionner à la fois comme une base nautique et comme une porte d’entrée touristique.

L’exemple des Grenadines illustre ce principe. Le voyageur n’a pas à organiser un acheminement aérien jusqu’aux îles qu’il visitera en mer : l’itinéraire « Croisière îles Grenadines » proposé par Catlante Catamarans part de Martinique. De même, sa croisière « Majorque & Minorque » embarque à Palma. Hervé Bellaïche explique avoir retenu cette solution parce que, selon lui, rejoindre Palma depuis la France est plus simple que d’organiser un départ directement depuis Minorque, moins bien desservie par les compagnies aériennes. La desserte aérienne ne sert donc pas seulement à amener les clients au bateau : elle contribue à déterminer le tracé même de la croisière.

Une flotte qui suit les saisons
Cette logique s’applique à l’ensemble des itinéraires. Catlante propose notamment des départs d’Ajaccio pour ses croisières corses entre mai et septembre, de Palma pour Majorque et Minorque entre juin et septembre, et de Pointe-à-Pitre pour un itinéraire Guadeloupe–Dominique–Martinique entre novembre et avril. Aux Seychelles, les croisières partent de Mahé toute l’année. La croisière vers les Grenadines affichée sur le site part, elle, de Martinique.

Hervé Bellaïche évoque également Bastia et Marseille parmi les bases méditerranéennes utilisées en été, ainsi que Saint-Martin parmi les points de départ antillais en hiver. La plupart des croisières durent huit jours, selon le dirigeant, ce qui rend le choix des vols aller et retour d’autant plus important pour le voyageur. L’absence ou la faiblesse de la connectivité aérienne peut aussi freiner un projet. Catlante étudie des croisières aux Bahamas et dans les îles Vierges, indique Hervé Bellaïche, mais il juge leur accès aérien compliqué pour la clientèle française. Il s’agit, à ce stade, de pistes de développement et non de départs annoncés.

Le billet d’avion reste séparé
Si le transport aérien conditionne le voyage, Catlante Catamarans laisse généralement ses clients réserver eux-mêmes leurs vols, directement auprès d’une compagnie aérienne ou par l’intermédiaire d’une autre agence de voyages. Catlante peut les conseiller, précise Hervé Bellaïche, mais ne leur impose pas de transporteur aérienne. « On préfère laisser le client choisir la compagnie aérienne qui lui ressemble le plus », explique-t-il.

Ce fonctionnement permet notamment aux personnels navigants, en nombre parmi la clientèle de Catlante selon son dirigeant, d’utiliser leurs propres conditions de transport aérien. Il impose en revanche de distinguer le prix de la croisière de celui du vol : les tarifs « dès » affichés sur le site de l’agence concernent des séjours tout inclus à bord, sans l’acheminement aérien.

Et si le vol arrive en retard ?
La séparation des réservations n’empêche pas Catlante d’intervenir lorsqu’un aléa aérien menace l’embarquement. Hervé Bellaïche indique que, pour un retard de quelques heures, le catamaran attend généralement les passagers impactés. Si le décalage atteint un ou deux jours, l’agence cherche plutôt une solution pour leur permettre de rejoindre la croisière en cours de route, sans immobiliser le bateau au détriment des autres voyageurs. Il ne s’agit toutefois pas d’une garantie sans limite : sur un séjour de huit jours, un retard de plusieurs jours laisse peu de possibilités.

Le dirigeant cite aussi le cas de passagers à destination ou au départ des Seychelles dont les vols via les hubs du Golfe avaient été perturbés. Catlante les a alors aidés à trouver des solutions pour s’y rendre ou pour rentrer en France. Ce rôle d’accompagnement résume son positionnement : Catlante ne construit pas ses croisières autour d’une compagnie aérienne donnée, mais autour de ports suffisamment accessibles pour faciliter le passage de l’avion au catamaran.

Une croisière accessible, un vol à prévoir
L’offre de Catlante Catamarans s’adresse aux couples comme aux familles, même si le voyage à deux reste, selon Hervé Bellaïche, la formule la plus courante. Elle vise notamment des personnes qui n’ont jamais navigué et souhaitent découvrir les îles sans louer un bateau ni organiser elles-mêmes la vie à bord. Cette clientèle comprend des personnels navigants, particulièrement sur les croisières antillaises : leurs billets d’avion à tarif préférentiel peuvent réduire le coût global du voyage. Catlante ne propose toutefois pas de tarif enfant spécifique.

Reste à convaincre ceux que le mal de mer, la vie à douze sur un bateau ou le prix font hésiter. Hervé Bellaïche met en avant la stabilité des catamarans et les espaces où les passagers peuvent s’isoler. Un capitaine et un cuisinier assurent la croisière, parfois épaulés par un troisième membre d’équipage ; repas et boissons sont compris dans la formule. Le dirigeant évoque un tarif d’environ 1 800 à 2 000 euros par personne pour certaines croisières aux Grenadines, variable selon les dates. Le vol reste à ajouter : pour un séjour antillais, il estime le billet d’avion aller-retour en classe économique à environ 800/900 euros par personne.

Du ciel à la mer : quand l’accès aérien dessine les croisières en catamaran de l'agence Catlante 1 Air Journal

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