Les deux groupes Air-France-KLM et Lufthansa, ont remis, le 30 septembre, leurs offres fermes améliorées pour entrer au capital de TAP Air Portugal. Le gouvernement portugais doit désormais départager deux projets dont l’enjeu dépasse le prix : l’avenir du hub de Lisbonne et des liaisons transatlantiques de la compagnie.
Privatisation de TAP : deux candidats, une participation minoritaire
Air France-KLM et Lufthansa ont franchi la dernière étape du dépôt des offres. Parpública, la société chargée de gérer les participations de l’État portugais, a confirmé avoir reçu leurs propositions fermes améliorées. Elle doit maintenant évaluer les modifications apportées aux offres précédentes et transmettre son rapport au gouvernement. Les montants proposés n’ont pas été rendus publics.
La distinction entre les pourcentages est importante : 44,9% du capital sont proposés à la vente directe à un investisseur, tandis que 5% sont réservés aux salariés. La part que ceux-ci ne souscriraient pas pourrait revenir au candidat retenu, portant sa participation jusqu’à 49,9%. L’État conserverait donc la majorité du capital à ce stade.
Les deux groupes avaient déposé de premières offres fermes le 29 juillet. Début septembre, Lisbonne a choisi de les inviter à une ultime phase de négociation plutôt que de retenir immédiatement un candidat. Le gouvernement portugais a fixé au 31 décembre 2026 l’échéance du processus de vente, afin de laisser le temps d’examiner les propositions et de préparer les actes contractuels.
Air France-KLM mise sur le hub de Lisbonne
Le groupe franco-néerlandais défend un projet dans lequel Lisbonne deviendrait son unique hub en Europe du Sud. Il promet de développer la connectivité de TAP tout en soutenant sa croissance à Porto et dans d’autres villes portugaises. Son plan couvre aussi le fret, les programmes de fidélité et les activités de maintenance aéronautique. « Notre offre a été conçue autour d’une compagnie de pavillon portugaise plus forte, avec Lisbonne comme hub exclusif du groupe Air France-KLM dans le sud de l’Europe », affirme son directeur général Benjamin Smith dans un communiqué cité par le média portugais ECO. Il met également en avant la création d’emplois et de valeur dans le pays. Ces engagements restent, à ce stade, ceux du candidat : le détail contractuel de son offre n’est pas public.
Un élément financier avait toutefois émergé avant cette dernière remise des offres. Selon le Jornal Económico, Air France-KLM envisageait dans sa proposition antérieure la possibilité de régler tout ou partie de l’acquisition en actions du groupe, une option prévue par le cahier des charges. Interrogé par le journal, le groupe n’avait pas commenté les conditions financières.
Lufthansa défend son expérience des compagnies de réseau
Face à lui, Lufthansa assure avoir déposé une offre « actualisée et améliorée ». Dans une déclaration reprise par ECO, le groupe allemand se présente comme le « meilleur partenaire » pour accompagner la croissance de TAP, renforcer sa compétitivité et préserver son rôle de compagnie nationale portugaise. Il invoque notamment son expérience auprès de compagnies de réseau intégrées à son groupe.
La question des alliances constitue une différence aéronautique notable : TAP et Lufthansa appartiennent déjà à Star Alliance, tandis qu’Air France-KLM relève de SkyTeam. Ce lien existant pourrait faciliter certaines coopérations commerciales avec le groupe allemand. Une victoire d’Air France-KLM poserait, à terme, la question d’un changement d’alliance pour TAP, sans qu’une décision en ce sens soit acquise aujourd’hui.
L’intérêt des deux prétendants tient aussi au réseau de la compagnie portugaise. Lisbonne est une plateforme de correspondance vers l’Atlantique, particulièrement vers le Brésil, et TAP a transporté 16,7 millions de passagers en 2025. Pour l’État, préserver les liaisons stratégiques et le rôle des aéroports portugais fait partie des objectifs affichés de cette privatisation partielle.
Décision sur TAP attendue mi-octobre
Le ministre portugais des Infrastructures, Miguel Pinto Luz, a évoqué un délai de 15 jours après le dépôt des offres pour que le gouvernement se prononce, soit vers la mi-octobre. Le candidat choisi devrait ensuite participer à une dernière négociation. Même après cette sélection, la transaction restera soumise aux formalités contractuelles et aux autorisations réglementaires nécessaires.

Serge13 a commenté :
1 octobre 2026 - 13 h 57 min
Mr le PDG de AFKL l’a dit: il focalisera le trafic sur Lisbonne.
Tout est dit.