La première édition de Choose Outre-mer a mis en avant près de 6 milliards d’euros de projets d’investissement dans les territoires ultramarins. Parmi les secteurs ciblés figurent le tourisme, l’économie bleue liée à la mer, les infrastructures, l’énergie et la décarbonation. La Nouvelle-Calédonie a notamment présenté un plan de relance touristique de 3,5 millions d’euros, prévu entre 2027 et 2030.

100 projets recensés
Organisée le 1er octobre à Paris et porté par le ministère des Outre-mer, le sommet a réuni plus de 150 entreprises, dont une dizaine de groupes étrangers, ainsi que des investisseurs, des collectivités et des institutions publiques. Son objectif était de rapprocher les porteurs de projets ultramarins de financeurs et de partenaires économiques.

Au total, 100 projets ont été recensés, pour près de 6 milliards d’euros d’investissements annoncés, publics et privés. Ils couvrent des domaines allant de la production d’énergie et du traitement des déchets à l’agroalimentaire, au spatial, aux infrastructures, à l’économie maritime et au tourisme. Un fonds à impact, baptisé « Outre-mer One », a également été lancé. Il a réuni 35 millions d’euros lors de son premier tour de table, au-delà de l’objectif initial de 30 millions, avec une cible fixée à 50 millions d’euros. Le fonds doit financer des entreprises et projets combinant viabilité économique et impact local, via des prises de participation ou des instruments de quasi-fonds propres.

La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a présenté ce dispositif comme une évolution de l’approche publique : « Au lieu de se focaliser sur des politiques destinées à compenser l’éloignement ou l’insularité », l’exécutif entend davantage valoriser les « atouts » des territoires ultramarins, notamment leur biodiversité et leur économie bleue.

Le tourisme, levier économique majeur
Le tourisme constitue un enjeu important pour les territoires d’Outre-mer, où il représente jusqu’à 15% du produit intérieur brut dans certaines destinations, selon Atout France. Les dernières données présentées par l’Observatoire touristique des Outre-mer font état de 2,23 millions de touristes aériens en 2025, soit une hausse de 2% sur un an. Les recettes touristiques ont dépassé 2,5 milliards d’euros, tandis que le secteur soutient entre 25 000 et 30 000 emplois directs.

Pour l’heure, l’investissement touristique reste largement concentré sur l’hôtellerie. Il a atteint 230 millions d’euros en 2025, contre 165 millions un an plus tôt, mais reste inférieur aux 260 millions enregistrés en 2023. Les besoins portent aussi sur la rénovation des établissements, la formation, l’ingénierie de projets, le foncier et la desserte aérienne. D’ailleurs, la dépendance aux liaisons aériennes constitue un enjeu central. En 2025, les territoires ultramarins ont accueilli 4,72 millions de passagers aériens, en hausse de 4% sur un an.

La Nouvelle-Calédonie, priorité de relance
La Nouvelle-Calédonie a occupé une place importante dans les annonces touristiques de Choose Outre-mer. L’État et Atout France ont présenté un plan de 3,5 millions d’euros, soit près de 418 millions de francs CFP, destiné à relancer le secteur entre 2027 et 2030. Le programme, qualifié de « plan choc de mille jours », doit accompagner 45 projets. Les aides prévues vont d’environ 3,46 à 8,35 millions de francs CFP.

La stratégie privilégie un tourisme à plus forte valeur ajoutée plutôt qu’une recherche de volumes. Pour la croisière, la Nouvelle-Calédonie souhaite favoriser des navires d’expédition de petite capacité, avec une limite annoncée de 200 passagers, afin de réduire la pression sur les lagons et les espaces naturels. « On évolue d’une logique de volume, de masse, vers une logique d’expédition, de valeur, dans la croisière », a déclaré Adam Oubuih, directeur général d’Atout France, l’agence nationale chargée du développement touristique.

Le gouvernement calédonien vise entre 230 000 et 250 000 visiteurs annuels à l’horizon 2032. Les marchés australien, néo-zélandais et japonais sont identifiés comme prioritaires.

Une reprise encore fragile en Nouvelle-Calédonie
Le plan intervient après un choc majeur pour la destination. À la suite des émeutes de mai 2024, la fréquentation touristique de Nouvelle-Calédonie a reculé de 38% en 2025. Une hausse de 18% a cependant été enregistrée au premier semestre 2026.

Le territoire souhaite parallèlement renforcer sa connectivité aérienne et attirer de nouveaux opérateurs, tout en préservant Aircalin. Christopher Gygès, vice-président du gouvernement de Nouvelle-Calédonie chargé notamment du tourisme, a déclaré être « très ouvert à la venue de nouvelles compagnies aériennes sur le territoire, sans mettre en difficulté Aircalin ».

Choose Outre-mer doit devenir un rendez-vous annuel. Une nouvelle édition est prévue au début de 2027, avec une déclinaison calédonienne intitulée Choose New Caledonia.

Choose Outre-mer : le tourisme d’excellence au cœur des investissements ultramarins 1 Air Journal

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