À Paris-Charles de Gaulle, des employés du fret auraient refusé de charger une cargaison destinée au groupe de défense israélien Elbit Systems. Initialement prévu sur un vol Air France, l’envoi aurait été reporté sur un vol El Al. À Bruxelles-Zaventem, les liaisons de Brussels Airlines vers Tel-Aviv suscitent une contestation différente : certains salariés invoquent des inquiétudes pour leur sécurité et des objections politiques et éthiques. Deux dossiers distincts, qui témoignent des tensions entourant les vols vers Israël.

À Paris-CDG, des composants destinés à Elbit Systems
La mobilisation a commencé par une alerte syndicale. Dans un communiqué publié le mercredi 7 octobre, la CGT et l’Union syndicale Solidaires de Seine-Saint-Denis, ainsi que plusieurs syndicats aéroportuaires affiliés, ont dénoncé le transport annoncé de composants mécaniques vers Israël. Selon eux, la cargaison devait emprunter le vol Air France AF966, prévu le jeudi 8 octobre à 9 h 35 entre Paris-CDG et Tel-Aviv.

Les organisations syndicales, alertées par les associations Urgence Palestine et Palestinian Youth Movement, décrivent des composants destinés à des systèmes équipant des véhicules militaires produits par Elbit Systems Land. La nature et l’usage de ces pièces sont donc présentés sur la base des informations d’associations pro-palestiniennes.

Les syndicats demandent « à Air France, aux autorités françaises et aux autorités aéroportuaires de stopper cette cargaison ». Ils appellent aussi les salariés aéroportuaires intervenant autour du vol à être « particulièrement vigilants ». L’objectif, écrivent-ils, est d’empêcher « que [leur] travail puisse contribuer à des violations graves du droit international ».

Auprès de Franceinfo, Air France dément toute réservation pour cette cargaison et assure ne pas transporter d’armes vers Israël. Selon une source d’Urgence Palestine citée par le site i24news, la compagnie tricolore aurait toutefois annulé le contrat, puis l’envoi aurait été reporté sur le vol El Al LY220 du 10 octobre. Son départ de Paris-CDG n’est pas encore confirmé. Les associations NIDAL et ASER ont saisi le gouvernement français et les douanes pour demander une inspection et vérifier l’existence d’une licence d’exportation.

À Bruxelles, une contestation des vols vers Tel-Aviv
À Bruxelles-Zaventem (Brussels Airport), le conflit concerne les conditions d’affectation des salariés aux vols de Brussels Airlines vers Israël. Selon le quotidien La Libre, certains pilotes et membres du personnel de cabine refusent leur service sur la desserte de Tel Aviv pour des raisons de sécurité ou en raison de la situation à Gaza.

Début septembre, les syndicats avaient reproché à Brussels Airlines de ne plus organiser ces vols sur la base du volontariat, avec une prime spécifique. Dans un document interne cité par le quotidien belge, la direction affirme toutefois que « personne n’est mis sous pression pour effectuer ces vols ». Elle indique que les salariés peuvent refuser de voler vers Israël sans conséquence pour leur carrière.

« Nous comprenons que certains collègues puissent avoir certains problèmes éthiques à voler vers Israël mais Brussels Airlines est neutre », écrit la direction. Elle ajoute que sa responsabilité est de « connecter les gens, les cultures et les économies de manière sûre et responsable », et non de prendre position politiquement.

Une assurance de guerre qui suscite des réactions
Pour répondre aux inquiétudes, Brussels Airlines détaille également les garanties souscrites pour ces liaisons. Elle indique disposer d’une « assurance de guerre », couvrant notamment les actes de terrorisme, de sabotage et les attaques. Le document mentionne une couverture de 500 000 euros en cas de décès. Cette communication a heurté certains salariés. « Notre tête a désormais un prix et elle ne vaut pas plus que 500 000 euros », réagit une hôtesse citée par La Libre. Le journal précise néanmoins que les syndicats avaient eux-mêmes demandé des éclaircissements sur les assurances.

Vols vers Israël : une cargaison contestée à Paris-CDG, des tensions chez Brussels Airlines 1 Air Journal

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