L’aéroport de Birmingham veut porter sa capacité à près de 30 millions de passagers par an d’ici à 2041. Son projet de plan directeur prévoit plus de 2 milliards de livres d’investissements sur quinze ans, consacrés aux installations passagers, aux postes de stationnement des avions et aux accès terrestres. Une ambition qui repose sur une meilleure utilisation de la piste existante, mais reste soumise à consultation et à des conditions de financement favorables.

Une expansion sans deuxième piste

Birmingham Airport (BHX) prépare un changement d’échelle. Présenté le 8 octobre, son projet de plan directeur 2026-2041 prévoit de pouvoir accueillir environ 30 millions de voyageurs par an, contre plus de 13 millions en 2025. Il ne s’agit toutefois ni d’un chantier intégralement approuvé ni d’un financement définitivement bouclé : le document fixe une trajectoire de développement, dont les différentes opérations devront obtenir leurs propres autorisations.

Le choix structurant est de ne pas construire de deuxième piste. L’aéroport entend exploiter davantage la capacité de son infrastructure existante, tout en levant les contraintes au sol. La superficie du terminal augmenterait d’environ 60%, tandis que le nombre de postes de stationnement avions passerait de 42 à une fourchette de 70 à 75. Ces aménagements doivent accompagner une offre aérienne plus étoffée, avec davantage de destinations et de fréquences, sur les réseaux court et long-courriers. L’enjeu est donc autant d’accueillir plus de vols que d’assurer leur traitement dans de meilleures conditions, de l’enregistrement à la livraison des bagages.

Terminaux, bagages et accès : de premiers travaux possibles en 2027

Une première phase pourrait commencer dès 2027. Elle porterait notamment sur les installations de traitement des bagages, les équipements du terminal, de nouveaux postes avions et l’amélioration des accès terrestres. Ce calendrier reste conditionnel, dans l’attente de la consultation et des décisions nécessaires à la réalisation des projets. « L’investissement proposé de 2 milliards de livres est sans précédent à l’aéroport de Birmingham et nous permettra d’approcher les 30 millions de passagers », déclare son directeur général, Nick Barton. La modernisation des bagages répond aussi à un enjeu opérationnel immédiat. La BBC rappelle qu’un dysfonctionnement du système, en août, avait perturbé le voyage de centaines de passagers, dont certains avaient dû partir sans leurs valises.

Des retombées économiques annoncées, un financement encore conditionnel

L’exploitant estime que le programme pourrait générer 3,6 milliards de livres de valeur ajoutée brute supplémentaire pour les West Midlands et créer plus de 50 000 emplois dans la région, dont environ 3 800 sur le site aéroportuaire. Soutenu par le maire des West Midlands, Richard Parker, et par la ministre britannique des Transports, Heidi Alexander, le projet s’accompagne néanmoins d’un avertissement fiscal. Nick Barton souligne la hausse des coûts de personnel, d’énergie et de fiscalité, ainsi que le doublement des taxes locales pesant sur l’activité. « Si les cadres fiscal et réglementaire ne deviennent pas plus favorables et plus stables pour les grands investissements d’infrastructure, ces projets pourraient ne pas se concrétiser », prévient-il, selon la BBC.

Bruit et environnement au cœur de la consultation

La croissance projetée suscite déjà des réactions contrastées. Si les milieux économiques saluent un renforcement de la connectivité régionale, plusieurs riverains interrogés par la BBC s’inquiètent du bruit, notamment la nuit, et des émissions supplémentaires associées au trafic. L’aéroport affirme vouloir développer ses activités de manière responsable et durable.

Une consultation publique de huit semaines est annoncée, avec une vingtaine de rencontres, dont la première se tiendra le 16 octobre à Hampton in Arden. Les contributions pourront également être transmises en ligne ou par courrier. Un rapport publié en 2027 précisera comment elles auront influencé le plan final et les engagements de financement.

Pour Birmingham, le défi sera de transformer une ambition de capacité en croissance maîtrisée : davantage de passagers et de liaisons, sans deuxième piste, mais avec des installations au sol adaptées et une réponse aux préoccupations des communes survolées.

 

Birmingham voit grand : 2 milliards de livres pour doubler son trafic, sans nouvelle piste 1 Air Journal

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