Delta Air Lines ne rejoindra pas Riyadh cet automne. La compagnie américaine, qui devait inaugurer le 23 octobre 2026 sa liaison entre son hub d’Atlanta-Hartsfield-Jackson (ATL) et l’aéroport international King Khalid (RUH), vise désormais mars 2027. Son communiqué ne précise pas de nouvelle date inaugurale. « La sécurité et la sûreté de nos clients et de nos employés passent toujours en premier et continuent de guider nos décisions opérationnelles », explique Delta dans son communiqué du 12 octobre. La compagnie indique rester « en contact étroit avec les partenaires gouvernementaux et aéronautiques concernés, notamment Saudia et Riyadh Air », afin de suivre l’évolution de la situation.

Le programme initial prévoyait des vols quotidiens du 23 au 30 octobre, puis trois rotations hebdomadaires en Airbus A350-900. L’appareil devait proposer quatre produits à bord : Delta One, Delta Premium Select, Delta Comfort et Delta Main. La ligne aurait constitué la première liaison sans escale entre les États-Unis et Riyadh exploitée par une compagnie américaine, selon Delta — et non la première liaison aérienne entre les deux pays

Attaques contre l’aéroport de Riyadh : un risque direct pour l’aviation civile

Le report intervient après une succession d’attaques contre l’aéroport de la capitale saoudienne, attribuées aux Houthis du Yémen. Pour la frappe du 10 octobre, un premier bilan rapporté par l’Autorité générale de l’aviation civile saoudienne (GACA), faisait état de douze morts et de 309 blessés. Plusieurs victimes étaient alors dans un état critique. Une nouvelle attaque, le 11 octobre, a fait un mort et onze blessés.

Les attaques ont entraîné la suspension des opérations à King Khalid. Dans son article du 12 octobre consacré à Delta, la fermeture de l’aéroport a été prolongée jusqu’au 17 octobre à 21 heures GMT et rapporte des annulations chez Lufthansa, Air France-KLM et Etihad. Cette échéance reste susceptible d’évoluer avec la situation sécuritaire et les avis aéronautiques publiés par les autorités saoudiennes.

Au-delà des perturbations commerciales, le ciblage d’une plateforme aéroportuaire expose directement les appareils stationnés, les équipages et les passagers. Dans son bulletin actualisé le 9 octobre, l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (EASA) souligne que les attaques ont montré « une attention accrue portée aux infrastructures aéronautiques », augmentant les risques pour les avions au sol ainsi que pendant le décollage et l’atterrissage.

Alerte FAA sur l’Arabie saoudite : une recommandation de prudence, pas une interdiction

La décision de Delta intervient également au lendemain d’un avertissement de la Federal Aviation Administration (FAA). Publié le 11 octobre et valable jusqu’au 10 décembre 2026, cet avis appelle les opérateurs américains à la prudence lorsqu’ils desservent ou survolent l’Arabie saoudite, en raison des activités militaires et des interférences affectant les systèmes de navigation par satellite, ou GNSS. « Les menaces pourraient présenter un risque potentiel pour les aéronefs à toutes les altitudes, y compris lors du survol, de l’arrivée et du départ », indique la FAA. L’avertissement concerne la région d’information de vol de Djeddah, ou FIR Jeddah, et ne se limite donc pas aux mouvements à l’aéroport de Riyadh.

Il importe toutefois de distinguer cet avis d’une interdiction de vol : la FAA recommande la prudence, sans prohiber les opérations. Le report d’Atlanta–Riyadh relève ainsi d’une décision opérationnelle de Delta, prise dans un environnement où l’évaluation des risques dépasse la seule disponibilité de l’aéroport.

EASA : deux zones à éviter et des risques à toutes les altitudes

Côté européen, l’EASA a révisé le 9 octobre son bulletin sur l’espace aérien saoudien, référencé CZIB-2026-09-R1. Valable jusqu’au 16 novembre, sauf réexamen anticipé, il recommande aux opérateurs concernés de ne pas voler, à quelque altitude que ce soit, dans deux portions précisément délimitées de la FIR Jeddah, et de faire preuve de prudence dans le reste de cette région. Il ne préconise donc pas d’éviter l’ensemble de l’espace aérien saoudien. L’agence identifie plusieurs dangers qui peuvent se cumuler : attaques de missiles et de drones, activation des systèmes de défense antiaérienne, chutes de débris et risque d’identification erronée d’un avion civil. Elle insiste aussi sur la capacité des Houthis à atteindre des cibles éloignées des zones frontalières du Yémen, notamment dans les régions de Riyadh, Tabuk, Médine et Yanbu.

Pour les compagnies, ces avertissements imposent une surveillance continue, des évaluations de risques actualisées et des plans de repli permettant de modifier rapidement les opérations. L’EASA demande explicitement aux transporteurs de se préparer à des instructions des autorités pouvant intervenir à bref préavis.

Delta maintient son projet saoudien et propose des remboursements

Delta présente ce report comme un décalage de calendrier, et non comme un abandon de son implantation en Arabie saoudite. « L’Arabie saoudite reste un marché important pour Delta, et nous sommes déterminés à desservir le royaume sur le long terme », affirme la compagnie dans son communiqué. Elle maintient son objectif de relier Riyadh à son réseau mondial en mars 2027. Les clients concernés sont invités à consulter la rubrique « My Trips » du site de Delta ou son application pour examiner les possibilités de modification et de remboursement. La compagnie a mis en place des mesures commerciales spécifiques pour Riyadh, incluant le remboursement de la partie non utilisée du voyage.

Attaques à Riyadh : Delta repousse son arrivée en Arabie saoudite 1 Air Journal

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