Des noms, des hôtels et des dates de séjour parfaitement exacts, mais des demandes de paiement frauduleuses : des clients de TUI Belgique ont reçu des messages suspects reprenant les détails de leurs vacances. Le voyagiste a confirmé une fuite de données et mobilisé une équipe internationale pour en déterminer l’origine et l’étendue. Le lien précis entre cet incident et les tentatives d’escroquerie reste toutefois à établir.

Des messages frauduleux reprenant les détails des réservations

L’arnaque joue sur un ressort particulièrement trompeur : la connaissance du voyage réservé. Plusieurs clients de TUI ont signalé des messages reçus sur WhatsApp ou par courriel, envoyés par des interlocuteurs inconnus mais mentionnant leur nom complet, leur hôtel et les dates exactes de leurs vacances. Selon les témoignages rapportés par la presse belge et repris par Aviation24, certains messages indiquaient également le montant de la réservation. Les destinataires étaient invités à suivre un lien pour vérifier leur réservation, communiquer des informations de paiement ou régler un prétendu acompte. Dans un cas relaté par Sudinfo le 5 octobre, le message présentait la réservation comme étant « en attente de vérification ». Autant de formulations destinées à faire passer une sollicitation frauduleuse pour une démarche nécessaire au bon déroulement du séjour.

Ces détails exacts rendent les messages crédibles, sans pour autant garantir leur authenticité. C’est précisément le risque de ces tentatives d’hameçonnage : amener un voyageur à transmettre des informations ou à effectuer un paiement en s’appuyant sur des éléments qu’il pense connus uniquement des professionnels chargés de son voyage.

TUI confirme une fuite, mais l’origine demeure inconnue

TUI a confirmé le 10 octobre avoir été victime d’une fuite de données. Une équipe internationale a été chargée de rechercher son origine et de déterminer combien de clients pourraient être concernés. À ce stade, ni l’ampleur de l’incident ni la liste précise des informations exposées n’ont été rendues publiques. Deux éléments doivent néanmoins rester distincts : la fuite reconnue par le voyagiste et les données utilisées dans les messages frauduleux. TUI n’a pas confirmé que les informations citées par les escrocs provenaient directement de l’incident faisant l’objet de l’enquête. Un piratage des propres systèmes informatiques du groupe n’est pas davantage établi.

Pour le transport aérien, cette distinction est importante. Les signalements portent sur des données de réservation de vacances ; les éléments disponibles ne permettent pas de présenter l’affaire comme une compromission des systèmes opérationnels d’une compagnie aérienne. Ils ne permettent pas non plus d’identifier le point d’entrée de la fuite dans la chaîne de réservation.

Les clients belges concernés, les Pays-Bas apparemment épargnés

Le 11 octobre, une porte-parole de TUI a indiqué à l’agence néerlandaise ANP que, d’après les informations alors disponibles, le phénomène semblait concerner uniquement des clients belges. Les voyageurs néerlandais ne paraissaient pas touchés. Cette appréciation reste provisoire, l’enquête n’ayant pas encore permis de préciser le périmètre de l’incident. « TUI prend cette affaire extrêmement au sérieux et la traite avec la plus haute priorité », a déclaré la porte-parole à ANP, selon une traduction du néerlandais. Elle n’a toutefois pas apporté de réponse sur le nombre de personnes concernées ni sur la nature exacte des données impliquées.

Les premiers avertissements aux voyageurs avaient précédé la confirmation publique de la fuite. Selon Sudinfo, TUI Belgium avait envoyé dès le 2 octobre un courriel à ses clients pour les alerter sur une augmentation des messages frauduleux diffusés par WhatsApp.

WhatsApp : TUI rappelle qu’aucun paiement ne doit être demandé

Le voyagiste affirme avoir averti l’ensemble de ses clients et leur recommande de ne pas donner suite aux sollicitations suspectes. « Nous leur avons demandé de ne pas ouvrir de messages suspects et de n’effectuer aucun paiement. Nous espérons pouvoir apporter plus de précisions le plus rapidement possible », a indiqué un porte-parole à VTM Nieuws, dans des propos repris par La Libre.

Dans le courriel d’alerte consulté par Sudinfo, l’entreprise énonce une règle sans ambiguïté : « TUI ne vous contactera jamais via WhatsApp pour vous demander d’effectuer quelque paiement que ce soit. » Elle invite les voyageurs à ne transmettre aucune donnée bancaire ou personnelle par ce canal et à vérifier leur réservation sur ses plateformes officielles ou auprès de leur agence de voyages.

La page officielle de prévention de TUI recommande également de ne pas cliquer sur les liens suspects et de ne pas communiquer d’informations confidentielles, notamment le numéro de réservation, le nom du réservataire principal ou la date du vol. Elle renvoie les clients vers son centre de contact et vers Safeonweb pour signaler les tentatives d’hameçonnage. Pour les voyageurs, la présence du bon hôtel ou des bonnes dates dans un message ne doit donc pas remplacer une vérification directe auprès du voyagiste.

TUI Belgique : des fraudeurs connaissent les détails des vacances de leurs victimes 1 Air Journal

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