À Wesley, dans le nord-est de la Dominique, la construction d’un aéroport international doit faciliter l’accès à une île dont la fréquentation touristique progresse déjà. La destination veut attirer de nouveaux visiteurs sans renoncer à ce qui la distingue dans la Caraïbe : ses paysages volcaniques, sa forêt tropicale et ses hébergements à taille humaine. Le discours budgétaire 2026-2027 situe l’achèvement du projet aéroportuaire au deuxième trimestre 2028.

« Nous avons un potentiel. Nous sommes en train de consolider ce potentiel. Pourquoi ne pas le montrer au monde ? », explique Michel Salbot, représentant de l’office du tourisme de la Dominique en France. Pour lui, le futur aéroport international doit permettre de mieux faire connaître l’île en simplifiant les voyages depuis l’étranger avec des liaisons directes, notamment depuis l’Europe. Il indique que des contacts ont été pris avec Air Caraïbes et Corsair, sans qu’aucune nouvelle desserte soit annoncée à ce stade.

Une fréquentation en hausse
Le tourisme dominicain n’attend pas le nouvel aéroport pour se développer. Selon un bilan publié par le gouvernement en février, l’île a enregistré 488 091 arrivées de passagers en 2025 , en hausse de 13% sur un an. Ce total comprend 98 734 visiteurs effectuant un séjour sur l’île, hors plaisance, soit 18% de plus qu’en 2024, ainsi que 375 646 croisiéristes, en progression de 12%. Les dépenses directes des visiteurs sont estimées à 405,5 millions de dollars des Caraïbes orientales (environ 134 millions d’euros).

La tendance s’est prolongée début 2026. Lors du Caribbean Travel Marketplace, en mai, Marva Williams, directrice générale de Discover Dominica Authority (autorité du tourisme de la Dominique), a fait état d’une hausse de 10% des arrivées de visiteurs en séjour au premier trimestre. La saison de croisière d’octobre 2025 à avril 2026 a totalisé 409 761 passagers, soit 23% de plus que la précédente. Les visiteurs en provenance de Guadeloupe et de Martinique arrivent par bateau, les voyageurs nord-américains et européens rejoignent aujourd’hui l’île avec des vols via une correspondance desservant l’aéroport régional Douglas-Charles. Le développement de l’accès aérien avec le futur aéroport international permettra sans aucun doute d’élargir ces marchés.

Sur place, dans le parc national de Morne Trois Pitons, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, les visiteurs découvrent la forêt tropicale, des sources chaudes, des chutes d’eau et des paysages volcaniques, dont le Lac Bouillant. Le sentier de randonnée Waitukubuli parcourt l’île en 14 sections. Plongée et observation des cétacés complètent cette offre tournée vers la nature. Au large de la côte ouest, les cachalots font l’objet d’un projet de protection. Le Parlement dominicain a adopté en octobre 2025 la loi établissant une réserve marine qui leur est consacrée ; un conseil chargé de sa mise en œuvre a été approuvé en mars 2026.

Cinq formules pour visiter la Dominique

Opérateur Formule Programme
Nomade Aventure Circuit terrestre accompagné, axé sur la randonnée Plusieurs jours de découverte des sentiers et paysages volcaniques de l’île
Catlante Catamarans Croisière de huit jours en catamaran depuis Pointe-à-Pitre Mouillage près de Portsmouth et journée de découverte de l’île
Costa Croisières Croisière de huit jours sur le Costa Favolosa, au départ de Fort-de-France le 21 janvier 2027 Escale prévue en Dominique le 27 janvier
Exotismes Séjour hôtelier Hébergement sur place, avec des visites à organiser selon ses envies
Evaneos Circuits sur mesure de 11 ou 15 jours, organisés avec une agence locale Combinés Martinique–Dominique laissant plusieurs étapes sur l’île, notamment à Roseau et Portsmouth

Grandir sans tourisme de masse
L’arrivée de nouveaux voyageurs fait naître une question : la Dominique peut-elle préserver son modèle touristique ? « Tout le monde nous dit : « Vous allez avoir du tourisme de masse. » Non, nous visons un tourisme raisonné et raisonnable », répond Michel Salbot, insistant sur la nécessité de respecter le cadre naturel de l’île.

La destination accueille déjà des établissements haut de gamme, mais elle tient à préserver une offre plus accessible. « Il y a énormément de chambres d’hôtes et de gîtes en Dominique. Il faut trouver le bon équilibre. Il ne faut pas avoir que du luxe », rappelle Michel Salbot. Pour lui, ces petites structures d’hébergement font partie de l’expérience de voyage, au même titre que les randonnées, les sources chaudes ou la cuisine créole.

Le développement attendu autour de l’aéroport devra lui aussi être encadré. Le gouvernement prépare un plan d’aménagement pour le nord-est de l’île, notamment autour de Wesley et de Woodford Hill, afin d’organiser l’essor des logements, commerces et activités touristiques.

Rejoindre et visiter la Dominique
Depuis la France métropolitaine, il n’existe pas de vol direct vers la Dominique. Les voyageurs peuvent rejoindre Pointe-à-Pitre ou Fort-de-France avec Air France, Air Caraïbes ou Corsair, puis prendre un ferry de FRS Express des Îles à destination de Roseau. Un trajet entièrement aérien avec correspondance régionale pour l’aéroport régional Douglas-Charles reste possible selon les vols proposés aux dates du séjour.

FRS Express affiche, dans son horaire indicatif, cinq traversées hebdomadaires vers la Dominique depuis la Guadeloupe et la Martinique. Au départ de Pointe-à-Pitre, elles sont prévues les mardis, vendredis et samedis à 7 h 30, ainsi que les jeudis et dimanches à 14 h, pour environ 2 h 30 de navigation. Depuis Fort-de-France, les départs sont annoncés les lundis, mercredis, vendredis et samedis à 9 h 45, ainsi que le dimanche à 16 h 15, pour environ 2 h 15 de traversée. La fréquence peut être réduite pendant les périodes d’arrêt technique : mieux vaut vérifier les horaires avant de réserver le vol transatlantique.

Voyage à la Dominique : le tourisme prend son essor, un nouvel aéroport en chantier 1 Air Journal

@Discover Dominica