Une passagère de Delta Air Lines réclame environ 170 000 dollars, affirmant avoir développé une infection aux mains après avoir retiré elle-même des déchets de son siège sur un vol Atlanta–Los Angeles, en août 2025. La compagnie conteste les accusations. Au cœur du litige : l’état de la cabine, la réaction du personnel et le lien, encore non établi judiciairement, entre cette exposition présumée et les lésions rapportées.

Un siège du vol Delta Atlanta–Los Angeles au centre du litige

Le différend porte sur le vol Delta 763 du 18 août 2025, entre l’aéroport international Hartsfield-Jackson d’Atlanta et Los Angeles. Selon la plainte consultée par le quotidien britannique The Independent, Ricka Thomas, une Californienne de 48 ans, devait occuper le siège 14F, en classe économique. Elle aurait refusé de s’asseoir en découvrant son état de saleté et demandé qu’il soit nettoyé avant le départ. Un membre de l’équipage de cabine aurait alors fait appel au personnel de maintenance. Mais, selon la version de la passagère, les intervenants seraient arrivés sans le matériel approprié. À l’approche du départ, elle aurait été invitée à s’accommoder de la situation, avant de retirer elle-même les salissures à mains nues. La plainte évoque « des déchets, une substance jaune collante, de la moisissure et de la nourriture ancienne et pourrie », rapporte The Independent. Cette description relève, à ce stade, des déclarations de la plaignante.

Ricka Thomas attribue à ce contact une infection bactérienne importante. Les documents judiciaires cités par le journal mentionnent également une dermatite, une éruption cutanée, des cloques, une modification de la couleur de la peau et un gonflement marqué des mains. La passagère affirme que ces troubles l’ont empêchée de travailler et d’accomplir ses activités domestiques et de loisirs habituelles. Elle fait aussi état d’une détresse psychologique persistante, de cauchemars et d’insomnies.

Environ 170 000 dollars demandés, sans indemnisation prononcée

L’action a été initialement engagée le 5 mai 2026 devant une juridiction d’un État américain, avant son transfert, le 28 septembre, devant une juridiction fédérale à Los Angeles, selon The Independent. Les différents postes de préjudice avancés par Ricka Thomas représentent environ 170 000 dollars : 100 000 dollars au titre des souffrances endurées, quelque 15 000 dollars de frais médicaux déjà engagés, 25 000 dollars de soins futurs et environ 30 000 dollars de pertes de revenus estimées. Elle demande également la prise en charge des frais de justice et d’avocat.

Delta conteste les accusations et invoque les gestes de la passagère

Interrogée par le quotidien britannique, Delta a répondu : « Par principe, Delta ne commente pas les procédures judiciaires en cours. » Dans sa réponse formelle à la plainte, la compagnie a toutefois nié « chacune des allégations », rapporte The Independent. Sa défense soutient notamment que Ricka Thomas n’aurait pas fait preuve de la prudence raisonnablement attendue pour éviter un danger apparent, dans la mesure où un tel danger aurait existé. Delta affirme également que les gestes de la passagère auraient contribué, en tout ou partie, aux blessures invoquées. Ces arguments constituent la position de la compagnie dans la procédure, et non des conclusions judiciaires.

Le dossier oppose ainsi deux lectures de la prise en charge à bord. La passagère reproche à Delta de ne pas avoir remédié à un problème de propreté signalé avant le départ et d’avoir manqué à son obligation de protection. Le transporteur conteste sa responsabilité et met en cause le comportement de la voyageuse.

Une infection alléguée dont l’origine reste à établir

L’enjeu dépasse la seule description d’un siège sale. La demande de Ricka Thomas repose sur un lien de causalité entre les matières qu’elle dit avoir manipulées et les lésions apparues aux mains. Or les informations publiées par The Independent ne permettent pas d’établir indépendamment ce lien : elles ne précisent ni la bactérie qui aurait été identifiée, ni les résultats d’éventuelles analyses des matières présentes sur le siège.

Il convient donc de distinguer trois éléments : l’état de propreté dénoncé, les troubles médicaux rapportés et l’origine de ces troubles. À ce stade des éléments rendus publics, les accusations ne constituent pas une démonstration de la responsabilité de Delta. Le récit ne permet pas davantage de conclure à un problème sanitaire touchant l’ensemble du vol ou de la flotte.

Propreté des cabines : les engagements pris par Delta en 2020

Cette affaire fait aussi écho à la place donnée par Delta à l’hygiène des cabines pendant la pandémie de Covid-19. Dans une communication officielle du 13 mai 2020, la compagnie annonçait désinfecter chaque vol, dans tous les aéroports desservis, à l’aide de pulvérisateurs électrostatiques. Le procédé consistait à diffuser un désinfectant sous forme de fines gouttelettes chargées électriquement, destinées à adhérer aux surfaces de la cabine.

Ce traitement devait être suivi d’un nettoyage manuel selon une liste détaillée d’opérations, portant notamment sur les sièges, accoudoirs, tablettes, écrans, toilettes et offices. Delta précisait que les vols régionaux commercialisés sous la marque Delta Connection appliquaient les mêmes procédures et standards que ses vols principaux. Elle présentait alors ces nouvelles exigences comme un engagement « à long terme, pendant la crise du Covid-19 et au-delà ».

Siège sale et infection présumée : une passagère réclame 170 000 dollars à Delta 1 Air Journal

@Delta Air Lines