Le blocage de camions-citernes en Italie a contraint un vol easyJet reliant Bari à Londres-Gatwick à effectuer une escale de ravitaillement à Paris-Charles-de-Gaulle, jeudi 22 octobre. Cet incident illustre les difficultés d’approvisionnement en kérosène qui perturbent plusieurs aéroports du sud de la péninsule.

Un vol Bari–Londres avec une escale technique à Paris-CDG

Pour rejoindre Londres, les passagers du vol U28282 ont dû passer par Paris. Attendu au départ de Bari à 13 h 35, l’appareil a finalement décollé à 15 h 40, selon les horaires rapportés par La Gazzetta del Mezzogiorno. Son programme avait été modifié pour intégrer un arrêt à Charles-de-Gaulle et y embarquer le carburant nécessaire à la poursuite du voyage vers le Royaume-Uni. À l’origine de cette escale inhabituelle, ni panne de l’avion ni fermeture de l’aéroport, mais une rupture dans la chaîne logistique. Selon Rai News, le fournisseur auquel easyJet fait appel à Bari avait ses camions chargés de kérosène immobilisés en Campanie par la mobilisation des transporteurs routiers. La livraison attendue devait arriver de Naples.

Il s’agit donc d’une escale technique intégrée au programme de vol révisé, et non d’un atterrissage d’urgence provoqué par un manque de carburant en vol. La compagnie avait modifié son plan de vol afin de prévoir le ravitaillement à Paris avant de poursuivre vers Londres.

À Bari, des difficultés liées au fournisseur de carburant

La situation ne signifie pas que l’ensemble de l’aéroport de Bari était privé de kérosène. Selon Rai News, les sociétés ravitaillant les autres compagnies présentes sur la plateforme n’étaient pas concernées par le problème à l’origine de l’escale d’easyJet. Dès le mercredi 21 octobre, Aeroporti di Puglia avait diffusé un NOTAM, un avis d’information aéronautique, pour prévenir les opérateurs de possibles limitations de disponibilité du carburant à Bari et Brindisi.

Sept aéroports italiens signalent des tensions sur le kérosène

Le cas de Bari s’inscrit dans une crise d’approvisionnement plus large. Dans son édition du 21 octobre, le Corriere della Sera recensait au moins sept aéroports ayant publié des NOTAM concernant le carburant : Naples, Salerne, Bari, Brindisi, Palerme, Crotone et Reggio de Calabre. Les restrictions variaient toutefois selon les plateformes et les fournisseurs, d’une disponibilité limitée à une absence de Jet A-1 signalée à Crotone et Reggio de Calabre.

Pour limiter leur dépendance aux livraisons locales, les compagnies sont invitées, lorsque les conditions opérationnelles le permettent, à embarquer davantage de carburant à l’aéroport précédent. Cette pratique, appelée « fuel tankering », permet de couvrir tout ou partie des besoins du vol suivant sans ravitaillement sur place. À Salerne, les transporteurs ont ainsi été invités à arriver avec suffisamment de kérosène pour assurer leur départ.

Wizz Air a également reconnu être touchée. « Les pénuries de carburant constatées dans certains aéroports entraînent des restrictions opérationnelles susceptibles d’avoir des répercussions sur les vols à destination et en provenance de l’Italie », a indiqué la compagnie dans un communiqué. Ses équipes étudient des solutions alternatives d’approvisionnement et adaptent les opérations lorsque cela est possible.

Bari–Londres via Paris : les blocages routiers italiens imposent une escale à easyJet 1 Air Journal

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