Un ressortissant britannique de 52 ans a été inculpé, jeudi 5 novembre à Singapour, après la découverte d’une caméra dissimulée dans les toilettes d’un vol Scoot en provenance d’Osaka. L’appareil aurait été commandé à distance depuis son téléphone. Également poursuivi pour entrave à la justice, l’homme a indiqué son intention de plaider coupable.

Une caméra découverte sur le vol Scoot TR821

C’est une membre du personnel navigant commercial qui a découvert le dispositif en utilisant les toilettes. Les faits présumés remontent au 7 octobre 2026, à bord du vol TR821 reliant Osaka à Singapour, exploité par Scoot, la filiale low cost de Singapore Airlines. Selon les éléments de l’accusation rapportés par CNA et le Straits Times, Hugh Lutley, un Britannique de 52 ans, aurait utilisé une caméra vers 17 h 10 pour observer des personnes accomplissant un acte relevant de leur intimité. Dans son communiqué du 4 novembre, la police singapourienne décrit un dispositif activé sans que son utilisateur ait à rester dans les toilettes : après y avoir dissimulé la caméra, le suspect aurait quitté les lieux, puis déclenché l’enregistrement au moyen d’une application installée sur son téléphone portable.

« Une membre du personnel de cabine qui a ensuite utilisé les toilettes a découvert la caméra cachée, l’a retirée et a immédiatement alerté son collègue », indique la Singapore Police Force. Les policiers de la division chargée de l’aéroport ont été avisés de l’affaire vers 17 h 35, précise le communiqué, sans détailler la manière dont l’alerte leur a été transmise depuis le vol.

Des éléments de preuve auraient été supprimés

Selon les premiers résultats de l’enquête, le passager aurait ensuite tenté de récupérer la caméra, avant de constater qu’elle avait disparu. Il aurait alors supprimé l’application ainsi que les photographies associées présentes sur son téléphone, dans le but d’échapper à toute détection. Cette suppression présumée fonde le second chef d’accusation, celui d’entrave au cours de la justice.

À l’arrivée du vol à l’aéroport de Singapour-Changi, l’homme a été retenu pour les besoins de l’enquête. Son téléphone et la caméra ont été saisis comme pièces à conviction. Le communiqué policier ne précise ni le nombre de personnes qui auraient pu être filmées, ni la durée d’un éventuel enregistrement. Il ne permet pas davantage d’établir si des images ont été transmises à des tiers.

Infractions en vol : pourquoi Singapour peut poursuivre

Présenté devant la justice le 5 novembre, Hugh Lutley a été inculpé pour voyeurisme et entrave à la justice. Il a indiqué qu’il entendait plaider coupable.

L’affaire présente une dimension propre au transport aérien international. La police précise que les deux chefs d’accusation reposent sur le Code pénal singapourien, lu conjointement avec l’article 3(1) du Tokyo Convention Act 1971. Cette disposition permet d’appliquer le droit pénal de Singapour à des actes commis à bord d’un aéronef sous contrôle singapourien en vol hors du territoire national, dès lors qu’ils constitueraient une infraction s’ils étaient commis à Singapour. Le franchissement des frontières ne crée donc pas de vide juridique à bord.

Le voyeurisme est passible d’un maximum de deux ans de prison, d’une amende, de coups de canne ou d’une combinaison de ces sanctions. Une précision s’impose néanmoins dans ce dossier : le Code de procédure pénale exclut les hommes de plus de 50 ans de la peine de canne. Hugh Lutley, âgé de 52 ans, entre dans cette catégorie. Le tribunal peut, dans les conditions prévues par ce code, prononcer un emprisonnement supplémentaire en remplacement. L’entrave à la justice est, quant à elle, passible de sept ans de prison au maximum, d’une amende, ou des deux.

Caméra cachée dans les toilettes d’un vol Scoot : un Britannique inculpé 1 Air Journal

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