Brussels South Charleroi Airport (BSCA) vient d’achever un vaste programme de modernisation de son balisage lumineux, lancé en 2018 avec la Sowaer et réalisé par SPIE Belgium. Cette rénovation, qui combine remplacement intégral des réseaux électriques et bascule massive vers la technologie LED, améliore la sécurité des opérations aériennes tout en réduisant la consommation énergétique de près de 80 à 85%, sans avoir perturbé l’exploitation quotidienne de la plate-forme.
Un chantier technique majeur, discret mais stratégique
Derrière l’image d’un aéroport en apparence inchangé, Charleroi a mené l’un des chantiers techniques les plus importants de ces dernières années pour une plate-forme wallonne. Le programme, piloté en partenariat avec la Société wallonne des aéroports (Sowaer) et confié à SPIE Belgium, a été engagé en 2018 et vient de connaître son achèvement. Le balisage lumineux – feux de piste, d’axes de roulage et panneaux lumineux – constitue un élément critique de la sécurité aérienne, guidant les avions au roulage, au décollage et à l’atterrissage, tout en garantissant la conformité aux normes de l’OACI et des autorités nationales.
Pour l’exploitant, il s’agit d’un investissement essentiellement « invisible » pour les passagers, mais décisif pour la résilience opérationnelle en cas de mauvaise visibilité, d’intenses rotations ou de croissance du trafic. À l’heure où les aéroports cherchent à conjuguer performance opérationnelle et sobriété énergétique, la modernisation du balisage devient un levier de plus en plus structurant.
200 km de câbles remplacés et réseau d’alimentation entièrement renouvelé
Le cœur du projet réside dans le renouvellement complet des réseaux d’alimentation du balisage. Près de 200 kilomètres de câbles souterrains ont été remplacés : câbles primaires haute tension 5 000 volts, câbles secondaires 48 volts, câbles de mise à la terre, ainsi que plusieurs milliers de connecteurs. La Sowaer s’est appuyée pour cette partie sur la câblerie Kabelwerk Eupen (Câblerie d’Eupen), spécialisée dans les câbles techniques pour infrastructures aéroportuaires, afin d’installer des conducteurs de nouvelle génération dimensionnés pour une durée de service estimée entre 15 et 20 ans.
Ce renouvellement réduit significativement le risque de défauts d’isolement, de court-circuits ou de chutes de tension, qui peuvent occasionner des pannes partielles de balisage et contraindre l’utilisation de la piste. Depuis la mise en service des nouveaux circuits, aucun incident technique n’a été recensé sur les segments rénovés, alors que l’ancienne installation connaissait encore plusieurs pannes par an.
Un balisage presque intégralement LED et une consommation divisée par six
L’autre pilier de la modernisation est la transition massive vers la technologie LED. Environ 95% du balisage de l’aéroport est désormais assuré par des équipements LED, soit au total quelque 2 650 feux et panneaux lumineux (2 450 balises et 200 panneaux), selon les chiffres communiqués par SPIE. L’impact énergétique est spectaculaire : la puissance appelée pour le balisage est passée d’environ 152 kW à quelque 25 kW, soit une réduction de 80 à 85% de la consommation liée à ces équipements. Les feux LED consomment entre cinq et huit fois moins d’énergie que les anciens feux halogènes tout en offrant une durée de vie deux à trois fois plus longue, ce qui diminue nettement les interventions de maintenance et les coûts de cycle de vie.
Au-delà des économies, la LED apporte une meilleure stabilité photométrique, une illumination plus homogène de la piste et des taxiways, et une disponibilité accrue des installations – autant de paramètres qui comptent pour le maintien de la capacité aéroportuaire en conditions dégradées. Ces gains placent Charleroi dans la tendance de nombreux aéroports européens qui migrent leur balisage vers le LED pour répondre à la fois aux exigences opérationnelles et aux objectifs de réduction d’empreinte carbone.
Travaux de nuit sur une seule piste pour préserver le trafic
La modernisation du balisage à Charleroi s’est déroulée dans un contexte d’exploitation particulièrement contraint : l’aéroport ne dispose que d’une seule piste opérationnelle. Les travaux ont donc été réalisés quasi exclusivement de nuit, dans des créneaux très limités, afin de ne pas perturber le programme de vols commerciaux.
Des équipes techniques spécialisées ont mis en œuvre des configurations temporaires, avec basculement progressif des circuits, pour garantir qu’au lever du jour le balisage soit pleinement opérationnel et conforme aux exigences de sécurité. Un tel phasage permet de maintenir l’accessibilité de la plate-forme tout en conduisant un chantier profond sur les infrastructures, un enjeu stratégique pour un aéroport régional fortement dépendant de ses créneaux et de la régularité de ses opérations.
L’ensemble des travaux réalisés pour le compte de la Sowaer est assorti d’une garantie de cinq ans couvrant la maintenance préventive et corrective, offrant une sécurité supplémentaire à l’exploitant sur la fiabilité du système. « Aujourd’hui, l’aéroport de Charleroi dispose d’un balisage parmi les plus fiables de sa catégorie, renforçant durablement la sécurité et la performance opérationnelle de la plate-forme », souligne Nicolas Dequeker, senior project manager chez SPIE Belgium.

GVA1112 a commenté :
16 février 2026 - 12 h 31 min
C’est un travail titanesque sur une piste car il faut créer un nouveau réseau de lampes de pistes, donc à un moment tout avoir à double pour passer d’un type de lampe à un autre en une nuit. Ceci pour éviter des températures de lumière différentes (couleur du blanc -> de lumière froide (blanc – bleu) à lumière plus chaude (blanc – jaune)) sur la longueur de la piste .
Ce contraste de “température” de la lumière sur une piste uniforme peut perturber la facilité de compréhension de la part du pilote