Publié le 1 septembre 2026 à 00h03
Voyage d’affaires : faut-il fiscaliser les miles en 2018 ?
Publié le 24 novembre 2017 à 12h00 par Ricardo Moraes
A qui profitent les miles, ces points de fidélité accordés aux voyageurs par les compagnies aériennes ? "Au voyageurs d'affaires dont le billet est payé par son entreprise et à Air France qui lui vend des billets bien plus chers", répond sans hésiter un voyagiste à l'occasion des Journées des Entreprises du voyage (EdV, ex-SNAV) à Lille.
En France, bon nombre de voyageurs d'affaires privilégient Air France et ce, même lorsque les billets d’autres compagnies sont plus compétitifs, afin d’obtenir le plus grand nombre de miles. En clair, plus le billet d’avion est cher (en classe Première et classe Affaires donc), plus le voyageur obtient de miles pour les échanger plus tard contre un billet d'avion dit prime qu'il utilisera à titre personnel.
Cet outil de marketing, inventé par les compagnies américaines voilà une trentaine d’années, met à mal la concurrence. Les agences de voyage sont sollicitées par des voyageurs d'affaires à qui elles proposent des offres plus avantageuses pour leur employeur-payeur, mais ils n’en veulent pas et exigent de voyager absolument sur Air France pour pouvoir cumuler leurs miles et partir gratuitement plus tard en vacances avec leur famille. Normal, peu importe le prix du voyage, c’est l’employeur qui paie ! Pour les compagnies aériennes traditionnelles, fidéliser les voyageurs d'affaires est un enjeu crucial, sachant qu'ils représentent seulement 10 % des passagers mais plus de 30 % de leurs chiffres d’affaires.
Fiscaliser les miles en France
A l’heure où les entreprises françaises cherchent à faire des économies, des voix s’élèvent pour demander une fiscalisation des miles, lesquels peuvent être considérés comme un avantage en nature accordé par l'employeur-payeur. "En France, aucune jurisprudence n’existe, et les Français sont très attachés à cet avantage... Pourtant, un billet prime acheté avec des miles constitue, de fait, un avantage en nature, déclarable en tant que tel auprès des autorités fiscales", estime Ravindra Bhagwanani de Global Flight, cité par le site Manager Attitude.
En Allemagne (comme d’ailleurs dans les pays scandinaves), la question des miles ne se pose pas : lorsqu’un salarié se déplace en avion et que le billet est payé par sa société, cette dernière est systématiquement bénéficiaire des miles. A elle de les attribuer ensuite à qui elle veut, à tel salarié ou tel autre. Si les miles sont utilisés à titre privé par le salarié, ils sont considérés comme un avantage en nature et donc imposables au titre de l’impôt sur le revenu. L’Allemagne impose donc une fiscalité sur les miles. Autre exemple, aux Etats-Unis, la banque Citibank adresse à ses clients qui disposent d’un compte miles un résumé de leurs points accompagné d’une valeur fiscale pour transmission aux services fiscaux.
Global Flight, spécialiste de la gestion des miles, estime qu’en attribuant directement les miles aux entreprises comme c'est le cas en Allemagne, ces dernières peuvent réduire leur budget aérien, avec une économie directe de 10%, et selon les structures et les accords passés avec les compagnies aériennes, cela peut aller jusqu’à 20%.
Et dans le cas où le bénéficiaire est le voyageur, il faut taxer les miles pour limiter les abus. "Notre pays fait face à ses 2 200 milliards d'euros de dette publique, et a décidé de taxer le moindre revenu ou avantage, à l'instar des chèques-cadeaux. Oui, à l’heure où la dette publique de la France se rapproche des 100 % du PIB et où on taille dans les aides au logement, il faudrait se poser la question de la déclaration -en tant que revenu- des miles professionnels utilisés à titre personnel. Ça se pratique déjà dans les pays scandinaves et germaniques. Nous autres, agence de voyages, serions mieux à même de piloter nos ventes si le gain personnel des miles ne perturbait pas nos recommandations d'achat aux meilleurs conditions des vols avec correspondance", dit Fabrice Dariot, patron du discounteur Bourse-des-vols.
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Mikeworld a commenté :
24 novembre 2017 - 12 h 37 min
Ça va se faire.
Tremble Air France.
Asian Traveller a commenté :
24 novembre 2017 - 13 h 01 min
Y’a pas que AF qui peut trembler, ce sont tous ceux qui en beneficient !
Malick a commenté :
24 novembre 2017 - 13 h 15 min
La meilleure façon de retenir ou d’attirer les clients, c’est d’agir sur les prix et le service (ponctualité, confort, traitement des PAX, sécurité). Sachant que Air France n’a plus le monopole de tous ces atouts, la donne va forcément changer.
infoclubic a commenté :
24 novembre 2017 - 13 h 30 min
Pour que cette mesure soit efficace et que les miles reviennent à l’entreprise, il faut prévoir une mention obligatoire sur la facture que le voyage est pour motif professionnel. De ce fait, ceux qui souhaiteront cumuler des miles à titre personnel devront choisir le motif personnel.
Ainsi, sur les relevés de facturation de l’entreprise, il sera plus simple de vérifier ceux qui ont indiqué “motif personnel” pour leurs billets, mais où la société a payé pour eux.
Pet a commenté :
24 novembre 2017 - 13 h 32 min
Le fantasme de la bamboula aux frais de l’entreprise et de l’état a encore frappé.
Ceux qui poussent à la consommation sont les agents de voyage, comme indiqué ds l’article.
Les sociétés qui ont des politiques strictes concernant les déplacements exigent le choix du moins disant.
Et comme tout le reste, le px d’un billet d’avion se négocie, hotel, véhicules etc..
AF n’a pas à trembler( certains ont des visions bizarres) si les miles sont fiscalisés.
Comment fait AF en Allemagne ??
Il existe une pagaille de contrats permettant de fidéliser un client/entreprise.
Normaliser un anachronisme en fiscalisant est sain.
Shôgun a commenté :
24 novembre 2017 - 13 h 55 min
L’article et les commentateurs sans cerveau se focalisent sur Air France alors que le sujet concerne aussi bien toutes les compagnies aériennes européennes membres d’une alliance globale. Autrement dit toutes les compagnies non low-cost.
Nuvaroli a commenté :
24 novembre 2017 - 14 h 36 min
Encore de la démagogie fiscale, bien aider par le lobby des agences de voyages!
De plus tout le monde ne se déplacent pas en First/ business voir en premium…
12h en éco mérite bien une petite compensation.
Dans ma société c’est la politique du moins disant et c’est rarement Air France surtout en BUsiness…
VIVELACONCURRENCE a commenté :
24 novembre 2017 - 15 h 05 min
Les salariés ont de moins en moins le choix de la compagnie en raison des politiques de voyage .
Le miles accumulés peuvent être vu comme en avantage par rapport aux salariés ne voyageant pas. En même temps, est ce que ces mêmes voyageurs demandent des heures supplémentaires quand ils se lèvent à 5h pour prendre l’avion de 7h30 ou quand ils arrivent à 22h chez eux ? ….
B744 a commenté :
24 novembre 2017 - 16 h 52 min
Marrant, ça sort au moment où AF veut imposer une taxe GDS sur les billets vendus en agence…petite vengeance mesquine ?
nooland a commenté :
24 novembre 2017 - 17 h 32 min
Je dirais même , grosse vengeance très mesquine
Enrique a commenté :
24 novembre 2017 - 18 h 03 min
Ce même intervenant, devant lui bénéficier de séjour de découverte avec femme et enfant, des offres proposées par ses fournisseurs.
Les miles sont peut être un avantage en nature, mais c’est aussi une contre partie, pour le salarié en déplacement, qui va dormir loin de sa famille, avoir des amplitudes de travail plus élevé, pour optimiser son déplacement.
De plus, tous les grands groupes ont des politiques de voyages, qui impose soit la ou les compagnies référencés sur tel ou tel destination. Il en va de même pour les hotels, les locations de voiture, les forfaits téléphoniques etc, les entreprises négocient beaucoup de tarif. Et le prix payé pour tel ou tel voyage, ne représente pas le coût réél pour l’entreprise. Car il faut souvent ajouter les coûts du distributeur (AMEX, Egencia…) et aussi la remise arrière reversé par les différents fournisseurs, montant défini par les acheteurs de ce type de prestation.
Fera a commenté :
24 novembre 2017 - 17 h 33 min
Ridicule! La majorité des cadres d’après les conventions collectives devraient voyager en business (à partir d’un certain nombre d’heure de vol), mais les entreprises vous paie généreusement la classe éco…
Dans ce cas là on trouve ça normal.
Normal également que les cadres à l’export ne rattrapent ni samedi, ni dimanche, ni nuits blanches passées dans les avions (en classe eco) au détriment encore des conventions collectives…
Alors arrêtez de nous faire ch…. avec la taxation des miles… très maigre compensation des centaines d’heures sup… j
Albatros75 a commenté :
24 novembre 2017 - 17 h 52 min
Il semble plus que normal que les points primes reviennent à l’employeur qui payent les billets à leurs salariés. Mais là ou le bas blesse, c’est que ceux-ci voient d’un mauvais œil le fait de ne plus pouvoir disposer de ces primes à tire personnel, surement les mêmes qui ont fustigé l’attribution des GP aux personnels des cies et qui ont applaudi lorsque les tarifs de ces billets ont été indexés selon l’URSSAF. Vengeance, vengeance…