Les six membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont validé la création d’une autorité commune de l’aviation civile lors de leur sommet cette semaine à Bahreïn, après plusieurs années de travaux techniques et de recommandations de leur ministère respectif du transport aérien.
L’instance regroupera la régulation aérienne des six pays du Golfe que sont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, le Bahreïn et Oman. Elle coexistera avec les autorités nationales déjà en place, comme la General Civil Aviation Authority des Emirates arabes unis (EAU) ou la GACA en Arabie saoudite, mais en fixant un cadre commun pour les sujets partagés comme l’espace aérien supérieur ou les projets de mobilité aérienne avancée.
Un porte-parole du secrétariat général du CCG résume l’enjeu comme « la mise en place d’un système réglementaire unifié qui tienne compte des spécificités nationales tout en garantissant une cohérence régionale ». Selon plusieurs responsables de l’aviation civile du Golfe, cette approche vise à « rendre le ciel du Golfe plus lisible pour les compagnies aériennes comme pour les institutions internationales ».
Hubs internationaux et compagnies aériennes
Le projet concerne un ensemble de 23 aéroports internationaux et 17 compagnies nationales, dont plusieurs acteurs majeurs du transport aérien mondial. Parmi elles figurent Emirates et Etihad Airways pour les Émirats arabes unis, Qatar Airways pour le Qatar, Saudia, flynas et Riyadh Air pour l’Arabie saoudite, Kuwait Airways pour le Koweït, Gulf Air pour le Bahreïn ou encore et Oman Air pour Oman. À côté de ces transporteurs porte-drapeaux, plusieurs low cost ou hybrides, comme flydubai, SalamAir ou flynas, devraient également évoluer sous le même cadre réglementaire régional.
Quels apports pour le transport aérien ?
Sur le plan opérationnel, l’unification de la régulation doit faciliter la gestion de l’espace aérien, réduire les doublons de procédures et limiter certains retards liés à la coordination entre centres de contrôle aériens nationaux. Les autorités du Golfe mettent en avant l’objectif d’un « espace aérien supérieur unifié » permettant une planification plus fluide des routes, une meilleure gestion des flux et une utilisation plus efficace des capacités de survol.
Pour les compagnies aériennes, un cadre réglementaire commun promet des règles plus prévisibles en matière de certification, de licences et de conformité, notamment pour les opérateurs qui desservent plusieurs pays du CCG. Cette harmonisation pourrait aussi renforcer le pouvoir de négociation collectif des transporteurs du Golfe vis‑à‑vis des constructeurs, des prestataires techniques ou des partenaires commerciaux internationaux. « La présence conjointe de hubs comme Dubaï, Doha ou Riyad sous une seule autorité de coordination crée un bloc aérien avec un poids significatif dans les négociations internationales », selon ses promoteurs au sein du CCG.
Effets attendus pour les passagers et les aéroports
Les observateurs anticipent des effets indirects pour les passagers, sous la forme de trajets plus simples, de procédures plus homogènes et, potentiellement, d’horaires mieux coordonnés sur les liaisons intra‑Golfe. La mise en place d’une autorité commune s’accompagne d’autres projets, comme des dispositifs de contrôle « en une seule étape » entre certains États, qui visent à réduire les formalités pour les voyageurs régionaux.
Pour les aéroports, la nouvelle structure doit servir de cadre aux investissements coordonnés dans la gestion du trafic, les technologies de contrôle et les projets de mobilité aérienne avancée, à l’image des initiatives lancées aux EAU en partenariat avec l’OACI. Un expert cité par la presse régionale souligne que « la région cherche à passer d’un paysage fragmenté à un système intégré, capable de soutenir la croissance prévue du trafic et les objectifs de durabilité ».

@Dubai Airport
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