L’espace aérien iranien a été fermé sans préavis pendant plus de deux heures dans la nuit du 14 au 15 janvier, provoquant une vague de déroutements et ravivant les inquiétudes sur la sécurité des vols au‑dessus de la région. Dans un contexte de fortes tensions internes et régionales, de plus en plus de transporteurs préfèrent désormais contourner durablement le FIR de Téhéran, voire l’ensemble du corridor Moyen‑Orient pour leurs liaisons Europe–Asie.

Fermeture temporaire du FIR de Téhéran

Selon un NOTAM publié par les autorités iraniennes (A0225/26), la région d’information de vol de Téhéran (FIR OIIX) a été « fermée à tous les vols » le 14 janvier à 22h15 UTC jusqu’au 15 janvier à 00h30 UTC, à l’exception des arrivées et départs internationaux bénéficiant d’une autorisation préalable de l’Autorité de l’aviation civile iranienne. Une FIR (Flight Information Region) est un espace aérien de dimensions précisément définies à l’intérieur duquel sont assurés, au minimum, le service d’information de vol et le service d’alerte pour tous les aéronefs qui y évoluent.  L’avis précisait que l’heure de fin n’était qu’« estimée », laissant la porte ouverte à une prolongation ou à une répétition de la mesure avec un préavis minimal.

Cette fermeture intervient alors que l’Iran connaît de nouvelles manifestations, des coupures massives d’internet et des alertes accrues sur le plan sécuritaire, ce qui augmente la probabilité de décisions aéronautiques prises dans l’urgence. La plateforme d’analyse des risques Safe Airspace classe d’ailleurs le ciel iranien au niveau de risque le plus élevé, en recommandant de « ne pas survoler » le FIR OIIX.

Les données de suivi en temps réel de Flightradar24 ont montré, au moment de l’entrée en vigueur du NOTAM, de nombreux vols long‑courriers modifiant brutalement leur trajectoire pour éviter le territoire iranien. Un nombre important d’appareils a choisi des routes plus méridionales, via l’Arabie saoudite et l’Égypte, plutôt que le trajet classique au‑dessus de l’Iran pour relier l’Europe à l’Asie.

Avertissements officiels et recommandations aux voyageurs

Plusieurs États maintiennent des avertissements sévères concernant le survol de l’Iran, à commencer par les États‑Unis qui interdisent toujours aux aéronefs immatriculés N d’utiliser le FIR de Téhéran via le NOTAM KICZ A0002/20, prolongé jusqu’en 2027. De nombreuses compagnies européennes et asiatiques ont adopté des politiques d’évitement durable, préférant des routes plus longues mais jugées plus prévisibles, notamment via l’Arabie saoudite, l’Égypte ou la mer Caspienne.

Pour les voyageurs, cette réorientation des flux peut entraîner allongement des temps de vol, retards et parfois correspondances manquées, sans que la desserte finale soit forcément annulée. Les autorités de plusieurs pays conseillent désormais aux passagers de vérifier au plus près du départ l’état de leur vol et d’anticiper des changements d’horaires ou de trajets, la situation pouvant évoluer « d’un jour à l’autre » en fonction des décisions militaires et politiques.

Mise à jour : L’Iran a rouvert ce jeudi matin son espace aérien après l’avoir fermé pendant près de cinq heures, sur fond de menace d’une intervention militaire américaine contre Téhéran. Turkish Airlines a repris ce matin au moins un vol à destination de Téhéran et un autre est également prévu en fin de matinée, après une suspension en cours depuis vendredi dernier.