En 2025, le Brésil a franchi pour la première fois les 9 millions de visiteurs étrangers, un volume inédit dans l’histoire du pays, selon les données publiées par Embratur, l’office brésilien de promotion du tourisme. Ce résultat représente une hausse de 40% par rapport au précédent record de 2024 et dépasse de 30% les objectifs fixés par le Plan national du tourisme 2024‑2027.

L’annonce a été faite à Rio de Janeiro, lors d’un événement organisé sur la plage de Copacabana autour du « Turistômetro », un compteur géant symbolisant les arrivées de visiteurs. Le président d’Embratur, Marcelo Freixo, a souligné que cette performance résulte d’une action coordonnée pour « repositionner l’image du Brésil à l’étranger et renforcer sa présence sur les marchés prioritaires ». L’Argentine demeure le principal marché étranger du Brésil avec 3,1 millions de visiteurs, soit une progression de 82% par rapport à 2024. Elle est suivie par le Chili (721 497 visiteurs, +24%), les États‑Unis (677 888, +5,8%), l’Uruguay (487 514, +37%) et le Paraguay (454 327, +14%). La France figure également parmi les marchés en croissance, avec 262 949 touristes entre janvier et novembre 2025, contre 208 852 sur la même période l’année précédente.

L’État de São Paulo s’impose comme le principal point d’entrée du pays, avec près de 2,5 millions de visiteurs étrangers sur onze mois. Rio de Janeiro suit avec 1,97 million, devant Rio Grande do Sul (1,43 million), Paraná (958 000) et Santa Catarina (651 000). Entre janvier et novembre 2025, les visiteurs étrangers ont dépensé 7,17 milliards de dollars, selon la Banque centrale. Ce montant est supérieur de 8,4% à celui enregistré sur la même période en 2024 et proche du total annuel de cette dernière (7,3 milliards de dollars).

Rio de Janeiro, vitrine au‑delà du carnaval

À Rio de Janeiro, la fréquentation touristique atteint des niveaux inédits, avec près de 2 millions de visiteurs étrangers en 2025. La ville attire un public diversifié, venu autant pour les plages d’Ipanema et de Copacabana, le Corcovado ou le Pain de Sucre que pour les grands concerts, les festivals et les événements sportifs organisés tout au long de l’année, que ce soit pour un court voyage ou un séjour plus long.

Les professionnels du secteur soulignent qu’« il n’y a plus vraiment de basse saison à Rio », la demande restant soutenue en dehors du carnaval grâce à une programmation culturelle continue et à la multiplication d’événements internationaux. Les campagnes de promotion menées par la mairie et l’agence municipale Riotur sur les réseaux sociaux, en particulier TikTok, contribuent à renouveler l’image de la ville et à toucher un public plus jeune, en quête de voyages urbains et culturels.

Une offre diversifiée : balnéaire, culturelle et urbaine

Au‑delà de Rio, le Brésil met en avant un ensemble de destinations urbaines et naturelles qui structurent son attractivité. São Paulo se présente comme une grande métropole culturelle et gastronomique, Salvador de Bahia comme un centre du patrimoine afro‑brésilien, tandis que Brasília, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, illustre l’urbanisme moderne du pays.

Les grands espaces naturels restent un pilier de l’attractivité de la destination, avec les chutes d’Iguaçu, l’Amazonie, le Pantanal, les plages du Nordeste ou encore les paysages du parc national des Lençóis Maranhenses. Cette diversité permet de proposer des circuits combinant city break, découverte culturelle, observation de la faune, séjours balnéaires et écotourisme, pour des voyages de courte ou de plus longue durée.

Pour accompagner la croissance, Embratur et les autorités brésiliennes s’appuient sur des programmes thématiques destinés à mieux structurer et promouvoir l’offre. La « Route de la Samba », la « Route littéraire » ou encore le programme « Brasil Festivo » mettent en avant des itinéraires culturels et de grands rendez‑vous comme la Foire littéraire internationale de Paraty ou le Festival de cinéma de Gramado. Le programme « Feel Brasil » regroupe 101 expériences réparties dans plusieurs dizaines de municipalités, en associant immersion culturelle, innovation et critères de durabilité. L’objectif est de créer des produits identifiables pour les marchés internationaux, tout en soutenant les territoires et les communautés impliqués dans l’accueil des visiteurs.

Accès aérien et organisation du séjour

L’accès au Brésil s’appuie sur un réseau dense de liaisons aériennes entre l’Europe et les principaux hubs du pays. Depuis Paris‑Charles de Gaulle, Air France, LATAM et Azul opèrent des vols directs vers São Paulo, Rio de Janeiro et plusieurs villes du Nordeste, complétés par des liaisons avec escale via les hubs de TAP Air Portugal, Iberia, KLM, Lufthansa ou SWISS. La durée d’un vol direct varie entre 11 et 13 heures selon les liaisons. Les prix des billets d’avion entre Paris et le Brésil varient généralement entre environ 600 € en basse saison et 1000 € en haute saison, pour un aller-retour en classe Économique.

Les agences de voyages locales, comme Brésil à la Carte ou Eldorado Voyages, jouent un rôle central dans la conception de circuits personnalisés, combinant plusieurs régions comme Rio, le Nordeste ou l’Amazonie. Cette organisation en amont, de l’enchaînement des vols domestiques à la sélection des hébergements, facilite l’accès à une destination vaste et contrastée. L’agence Voyageurs du Monde affine son savoir-faire sur le Brésil, avec des circuits haut de gamme conçus sur mesure pour explorer les multiples visages du pays. Parmi ses programmes emblématiques, une croisière en Amazonie invite à naviguer sur les grands fleuves à bord d’un bateau intimiste, à la rencontre d’une riche biodiversité et de villages isolés. Autre expérience phare, un safari dans le Pantanal, entre lodges écoresponsables, observation de la faune et balades en pleine jungle tropicale.

L’office touristique Embratur invite les visiteurs à souscrire une assurance voyage et à tenir compte des différences de climat entre régions pour choisir la meilleure période de départ, avant de construire leur séjour ou leur voyage sur mesure au Brésil. Par ailleurs, si le Brésil renforce son image de grande destination touristique, le pays reste confronté à un niveau de criminalité élevé, en particulier dans les grandes métropoles comme Rio de Janeiro, São Paulo ou Salvador, où les vols à l’arraché, agressions et braquages peuvent toucher les visiteurs dans l’espace public et sur certains sites touristiques. Le Quai d’Orsay invite les voyageurs à faire preuve d’une vigilance accrue, à éviter les attroupements et manifestations, à ne pas se déplacer la nuit sur les axes routiers et à rester à l’écart des zones sensibles, notamment certaines frontières terrestres et périphéries urbaines.

Les défis pour un tourisme éco-responsable

Le Brésil fait face à plusieurs défis touristiques majeurs, notamment la durabilité environnementale, les préoccupations de sécurité, les coûts élevés, les barrières linguistiques et un manque d’infrastructures adaptées aux normes internationales, qui limitent l’attraction de visiteurs étrangers malgré ses atouts naturels et culturels. La déforestation dans l’Amazonie, la pression sur les communautés locales et les problèmes socio-économiques comme la pauvreté et l’exploitation sexuelle des mineurs exacerbent ces défis, rendant le secteur vulnérable aux impacts climatiques et sociaux.

Pour y remédier, les autorités brésiliennes investissent dans la formation de la main-d’œuvre, le respect des environnements et des populations locales, et des infrastructures durables, particulièrement après l’accueil de la COP30 en 2025. Le gouvernement a lancé le Plan National du Tourisme 2024-2027 pour promouvoir une croissance inclusive et durable, simplifié le système fiscal pour faciliter les investissements étrangers, et développé des initiatives comme le Nouveau Programme d’Accélération de la Croissance (PAC) pour équilibrer développement économique et préservation écologique. Ces efforts visent à doubler les arrivées internationales et à renforcer la contribution du tourisme au PIB, tout en encourageant des partenariats pour des destinations touristiques intelligentes et éco-responsables.

Brésil : de Copacabana au Pantanal, du carnaval de Rio aux grands espaces, un géant touristique en pleine mutation 1 Air Journal

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