El Al, la compagnie nationale israélienne, engage sa première grande offensive réseau depuis le déclenchement de la guerre contre le Hamas à l’automne 2023, avec l’annonce de neuf nouvelles lignes vers l’Asie et l’Europe qui porteront son réseau à environ 60 destinations, un record dans son histoire.
Cap sur l’Asie : Hanoï, Séoul et Manille en Dreamliner
Au cœur de cette stratégie figurent trois nouvelles lignes long-courrier au départ de Tel-Aviv vers Hanoï (Vietnam), Séoul (Corée du Sud) et Manille (Philippines), chacune prévue à raison de trois vols hebdomadaires opérés en Boeing 787 « Dreamliner » configurés en classes Économie, Premium Économie et Affaires. Hanoï doit ouvrir la marche en octobre 2026, avec des billets aller‑retour annoncés à partir de 899 dollars en économie, tandis que Séoul est programmée pour mars 2027, après une mise en vente prévue au printemps 2026 ; Manille suivra à une date qui reste à préciser, sous réserve des dernières autorisations réglementaires.
Pour El Al, cette offensive asiatique vient s’ajouter à un réseau déjà dense dans la région, avec des liaisons vers Delhi, Mumbai, Hong Kong, Bangkok et Tokyo, ainsi que des correspondances possibles via des partenaires sur d’autres marchés asiatiques. Elle s’inscrit dans une tendance de fond : la montée en puissance du trafic loisirs et affinitaire entre Israël et l’Asie, mais aussi le développement des échanges économiques et technologiques avec des pays comme le Vietnam et la Corée du Sud.
Offensive loisirs de Sundor en Europe : Italie, Suisse, Croatie et retour à Copenhague
En parallèle de l’Asie, la croissance se joue aussi sur le moyen‑courrier, via Sundor (Sun D’Or), la filiale charter et loisirs d’El Al, qui déploiera à la saison été 2026 une offre renforcée vers l’Europe. Entre le 24 mai et le 24 octobre 2026, Sundor proposera des vols saisonniers vers six nouvelles destinations : Catane (Sicile) et Cagliari (Sardaigne) en Italie, Bâle en Suisse, Zagreb et Dubrovnik en Croatie, ainsi que Copenhague, marquant le retour du groupe israélien dans la capitale danoise pour la première fois depuis 2001.
Ces liaisons européennes seront opérées en Boeing 737, avec des tarifs aller‑retour affichés à partir de 339 dollars pour la Sardaigne et la Croatie, 389 dollars pour la Sicile, 439 dollars pour Bâle et 529 dollars pour Copenhague. « Les nouvelles destinations rejoignent le réseau existant d’El Al et renforcent significativement la carte des destinations de la compagnie », souligne le groupe, qui met en avant une offre orientée vers les vacances balnéaires, les city‑breaks et les séjours culturels en Europe du Sud comme du Nord.
Un réseau porté à 60 destinations et près de 900 vols hebdomadaires
Une fois toutes les annonces mises en œuvre, El Al prévoit de desservir environ 60 destinations en vols directs depuis Israël, soit le niveau le plus élevé jamais atteint par la compagnie. À l’échelle hebdomadaire, le transporteur table sur quelque 900 vols, un volume significatif pour un marché national de taille modeste mais au profil très international, fortement dépendant du trafic affaires, affinitaire et religieux.
Le renforcement de l’Asie et de l’Europe intervient alors qu’El Al opère déjà un programme record vers l’Amérique du Nord, avec environ 55 vols hebdomadaires sur cet axe, confirmant l’importance stratégique des liaisons vers New York, Miami, Los Angeles ou encore Toronto pour la compagnie israélienne. Dans cette configuration, Tel‑Aviv entend préserver son statut de hub régional malgré le recul ou la suspension de plusieurs compagnies étrangères durant les périodes de tension, en maintenant une connectivité jugée vitale pour l’économie israélienne et sa diaspora.
Expansion sous surveillance : les accusations de « profiteering » en temps de guerre
Cette phase de croissance intervient toutefois dans un contexte juridique et politique délicat pour El Al, accusée d’avoir pratiqué des tarifs abusifs pendant la guerre, alors qu’une grande partie des compagnies étrangères avaient suspendu leurs vols vers Israël. Une action collective d’un montant proche de 600 millions de shekels (environ 169 millions de dollars) a été déposée devant le tribunal de district de Lod, les plaignants estimant que la compagnie aurait « exploité une tragédie nationale sans précédent pour générer d’énormes profits aux dépens de ses clients », en abusant d’une position quasi monopolistique sur de nombreuses routes. El Al conteste ces accusations et affirme avoir « respecté et continuer à respecter les instructions des autorités, y compris en matière de tarification », tout en soulignant le rôle qu’elle a joué pour maintenir une desserte aérienne minimale du pays pendant la crise.

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