Aux États-Unis, les voyageurs risquent de voir leurs déplacements aériens perturbés dans les prochaines jours. Le Département de la Sécurité intérieure (DHS) est entré en situation de paralysie budgétaire ce samedi après l’expiration des financements à minuit.

Ce « shutdown » partiel, qui touche notamment l’Administration de la sécurité des transports (TSA), pourrait entraîner des pénuries de personnel aux contrôles de sécurité des aéroports si le blocage se prolonge. L’agence TSA, chargée des fouilles et des contrôles dans les aéroports, a alerté sur X (anciennement Twitter) : un « shutdown prolongé pourrait provoquer des pénuries de personnel avec des conséquences notables aux aéroports, notamment des retards, des délais d’attente plus longs, et des annulations de vols ».

Un désaccord politique sur l’immigration au cœur du blocage
Ce nouvel épisode de paralysie du budget fédéral résulte d’un profond désaccord entre démocrates et républicains sur le financement du DHS. Les démocrates conditionnent leur accord à des réformes et restrictions importantes sur les pratiques de l’Agence d’immigration et des douanes (ICE) – ses agents ont abattu récemment deux personnes à Minneapolis. Les républicains refusent ces demandes, estimant qu’elles affaibliraient la sécurité aux frontières. Les négociations ont échoué malgré plusieurs jours de discussions intenses, et aucun accord n’est en vue pour l’instant.

Il s’agit du troisième « shutdown » en un an aux États-Unis. Le premier, entre octobre et novembre 2025, avait duré 43 jours – le plus long de l’histoire américaine – et avait fortement perturbé le trafic aérien. Le deuxième, fin janvier-début février 2026, n’avait duré que quelques jours.

Le souvenir douloureux du « shutdown » de 43 jours en 2025
Lors du long arrêt de 2025, des milliers de vols avaient été annulés et les files d’attente aux contrôles de sécurité s’étaient allongées de façon spectaculaire. De nombreux agents de la TSA, contraints de travailler sans salaire, avaient dû prendre des congés ou des emplois secondaires, entraînant un absentéisme important. Les compagnies aériennes et les associations de voyageurs avaient alors parlé de « chaos » dans de nombreux aéroports américains.

Cette fois-ci, le « shutdown » est limité au DHS : les contrôleurs aériens de l’Administration fédérale de l’aviation (FAA) restent financés et continueront à être payés normalement. Les perturbations devraient donc être moins massives au début. Mais les experts s’inquiètent : si le blocage dure dans le temps, les quelque 61 000 agents de la TSA (dont 95 % sont considérés comme essentiels) travailleront sans salaire. L’expérience passée montre que l’absentéisme augmente progressivement, entraînant des files d’attente plus longues et, potentiellement, des annulations de vols.

Les compagnies aériennes et les voyageurs sur le qui-vive
Plusieurs grandes compagnies aériennes et organisations du tourisme ont lancé un appel urgent au Congrès vendredi soir. Elles soulignent que le transport aérien et l’économie américaine « ne peuvent pas se permettre » de voir des agents de la TSA travailler sans être payés, surtout à l’approche des vacances de printemps.

Pour l’instant, les aéroports fonctionnent normalement ce week-end. Mais les responsables de la TSA, encore marqués par les difficultés financières de l’année dernière, ont répété devant le Congrès que « mettre à nouveau les agents dans cette situation serait inacceptable ». Les regards sont désormais tournés vers Washington. Un accord rapide permettrait d’éviter toute perturbation majeure. En attendant, les voyageurs sont invités à vérifier l’état de leur vol et à arriver plus tôt aux aéroports dans les jours et semaines à venir.

Nouveau « shutdown » partiel aux États-Unis : la TSA met en garde contre des retards et des annulations 1 Air Journal

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