KLM suspend ses vols Amsterdam–Tel-Aviv à partir du 1er mars, invoquant des raisons « commerciales et opérationnelles » dans un contexte de fortes tensions régionales, tandis que d’autres compagnies européennes adaptent sans interrompre totalement leur desserte d’Israël.

La compagnie néerlandaise KLM, membre du groupe Air France-KLM, a annoncé la suspension de ses vols entre Amsterdam-Schiphol et Tel-Aviv-Ben Gourion à compter du 1er mars, et ce pour une durée indéterminée. Dans un communiqué, le transporteur explique qu’« à ce stade, l’exploitation de vols vers Tel-Aviv n’est pas commercialement et opérationnellement faisable », une formule reprise mot pour mot dans plusieurs déclarations publiques. KLM précise que les passagers affectés sont contactés individuellement et qu’ils peuvent « modifier la date de leur voyage ou demander un remboursement ».

Cette décision intervient alors que les tensions régionales se sont accrues, en particulier autour de l’Iran et dans le sillage des opérations militaires israéliennes postérieures au conflit de Gaza de 2025. Elle marque un nouveau tournant dans la desserte internationale d’Israël, déjà perturbée à plusieurs reprises depuis l’automne 2025 par des suspensions temporaires ou des itinéraires détournés au-dessus du Moyen-Orient.

Des tensions régionales qui pèsent sur le ciel israélien

La suspension de KLM s’inscrit dans un environnement géopolitique de plus en plus volatil au Moyen-Orient, où les risques perçus pour l’aviation civile se combinent à des considérations économiques. Les autorités américaines ont ordonné le départ des personnels non essentiels et des familles de diplomates de l’ambassade des États-Unis au Liban, tandis que l’Australie a demandé aux dépendants de ses diplomates en Israël et au Liban de quitter la région, en proposant des départs volontaires aux familles basées aux Émirats arabes unis, au Qatar et en Jordanie. Ces mesures illustrent un degré de prudence accru des États face aux risques sécuritaires, qui se répercute sur les politiques de risque des compagnies aériennes.

Pour les transporteurs, la décision de maintenir ou non une liaison vers Tel-Aviv résulte d’un arbitrage entre sécurité, contraintes opérationnelles (détours, escales techniques, restrictions nocturnes) et viabilité commerciale de lignes dont la demande est devenue fluctuante. La suspension « temporaire » annoncée par KLM, sans date de reprise, laisse entendre que la compagnie n’aperçoit pas, à court terme, de conditions permettant de retrouver un modèle économique satisfaisant sur cette route.

Lufthansa, Swiss, Austrian, Brussels Airlines, Iberia : adaptations à géométrie variable

Le groupe Lufthansa a choisi, pour l’heure, de maintenir une desserte de Tel-Aviv, mais avec un schéma opérationnel adapté. Lufthansa combine plusieurs dispositifs successifs sur Tel-Aviv : vols exclusivement de jour prolongés jusqu’au 28 février, puis programme de vols de nuit « exceptionnel » avec escale technique à Athènes (pour changement d’équipage) au moins jusqu’au 6 mars, ce qui allonge les temps de parcours mais permet d’éviter certains créneaux et profils de trajectoire jugés plus sensibles. Swiss International Air Lines applique le même dispositif, avec des vols de nuit via la capitale grecque jusqu’à la même échéance.

Toutes les compagnies du groupe Lufthansa ne suivent cependant pas cette approche : Austrian Airlines et Brussels Airlines maintiennent leurs vols directs vers Tel-Aviv, sans escale intermédiaire.

Air France poursuit la desserte de Tel-Aviv

Membre du même groupe que KLM, Air France adopte pour l’instant une stratégie différente sur l’axe Paris–Tel-Aviv. Selon son moteur de réservation, la compagnie française continue de proposer des vols entre Paris-Charles-de-Gaulle (CDG) et Tel-Aviv (TLV), avec une offre combinant vols directs et solutions via escale, par exemple à Athènes en partage de code. Le site d’Air France met en avant des allers-retours Paris–Tel-Aviv, ce qui témoigne du maintien d’une certaine continuité de service, même si les fréquences et les horaires peuvent être adaptés en fonction des évaluations de risque et de la demande.

Tensions au Moyen-Orient : KLM se retire de Tel-Aviv, d’autres compagnies européennes s’ajustent 1 Air Journal

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