En rompant avec la traditionnelle cabine 3+3 des monocouloirs, Eurowings introduit une mini‑cabine premium en configuration 2+2 à l’avant de ses Airbus A320neo, avec huit sièges « Premium BIZ » inspirés des standards long‑courriers.
Eurowings va équiper huit de ses Airbus A320neo d’une zone premium dédiée, aménagée en 2+2 sur les deux premiers rangs, soit huit sièges seulement à l’avant de la cabine. Cette configuration rompt avec le standard 3+3 qui s’est imposé depuis des décennies sur les monocouloirs européens, y compris pour les classes affaires « européennes » qui se contentent en général d’un siège du milieu neutralisé. L’initiative vise les vols moyen‑courriers de trois à six heures, où la demande pour davantage d’espace personnel et de services « type long‑courrier » progresse, en particulier sur les liaisons loisirs long‑rayon et les marchés affaires en croissance. En choisissant de sacrifier quelques sièges pour créer une véritable mini‑cabine premium, Eurowings s’éloigne ainsi de la seule logique de densification chère à la plupart des low‑cost européennes.
Un test concluant sur la ligne Berlin–Dubaï
Le concept a été inauguré le 22 novembre 2025 sur la liaison Berlin‑Brandenbourg – Dubaï, devenue l’une des plus longues routes en monocouloir de la compagnie, avec plus de six heures de vol. Selon Eurowings, le vol inaugural s’est déroulé complet en zone Premium BIZ, confirmant l’intérêt du marché pour ce nouveau produit.
Le directeur général, Max Kownatzki, met en avant un retour client très positif, notamment sur « l’espace personnel accru, une intimité renforcée et un service à bord rehaussé ». Fort de ces retours, le transporteur prévoit d’étendre la nouvelle configuration à d’autres routes affaires et loisirs, avec dans le viseur des destinations comme Londres, Majorque ou les îles Canaries, la planification fine du réseau devant être finalisée dans les prochaines semaines.
Une mini‑cabine premium, inspirée du long‑courrier
Eurowings a opté pour le modèle « Comoda » du fabricant italien Geven, un fauteuil premium spécifiquement personnalisé pour la compagnie. En configuration 2+2, ces sièges proposent un dossier au dessin ergonomique, un rembourrage renforcé et une assise plus large, complétés par un repose‑jambes réglable pour limiter la fatigue sur les rotations les plus longues.
L’expérience à bord inclut également des ports USB, un oreiller, une couverture et un « amenity kit », éléments généralement réservés aux cabines long‑courriers. Côté service, la compagnie met en avant « un service premium avec apéritif, un repas chaud servi sur porcelaine et une offre de boissons élargie » sur ces sièges Premium BIZ, qui viennent en sur‑classement de la BIZclass existante. Selon Eurowings, l’espace pour les jambes approche un mètre sur ces places avant, là aussi en rupture avec les standards habituels des monocouloirs européens.
Positionnement : du low‑cost au “value airline”
L’annonce, faite à l’ITB Berlin, s’inscrit dans une stratégie de repositionnement plus large de la compagnie au sein du groupe Lufthansa. Anciennement cataloguée pure low‑cost, Eurowings revendique désormais un positionnement de « value airline », misant sur un rapport qualité‑prix renforcé plutôt que sur les seuls tarifs d’appel.
Sacrifier de la densité cabine pour gagner en confort constitue un contre‑pied assumé face aux grandes low‑cost européennes qui maximisent le nombre de sièges à bord. Eurowings, élue « Best Low‑Cost Airline in Europe 2025 » par Skytrax, voit dans ce produit une manière de se démarquer, en capitalisant sur la montée en gamme déjà engagée (accès salons, flexibilité, accumulation de miles Miles & More, etc.). « Nous adaptons les standards de l’industrie aux nouvelles attentes des clients », insiste Max Kownatzki, en soulignant la demande accrue pour des options premium abordables sur les vols moyen‑courriers les plus longs.
Un laboratoire pour les cabines du futur
La zone Premium BIZ remplace deux rangées 3+3 par une 2+2, créant huit sièges exclusifs sur chaque A320neo converti. Ce choix doit permettre à Eurowings de tester grandeur nature la disposition 2+2 sur monocouloirs, aussi bien en termes de recettes unitaires que d’acceptation client, avant d’éventuelles déclinaisons au sein du groupe Lufthansa.
Les données collectées sur Berlin–Dubaï, route emblématique avec une forte clientèle loisirs et affaires entre l’Allemagne et les Émirats arabes unis, serviront de base à la réflexion sur de futurs concepts de cabine moyen et long‑courrier. Pour l’instant, le surcoût annoncé débute autour de 399,99 € par trajet en sus du tarif BIZclass, ce qui place ce produit dans une niche premium mais potentiellement attractive pour une clientèle prête à payer pour un confort rapprochant celui d’un gros‑porteur.

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