Alors que Manille décrète l’« urgence énergétique » au niveau national et sous la pression d’une envolée des prix du kérosène liée au conflit au Moyen‑Orient, Cebu Pacific taille dans son réseau international tandis que Philippine Airlines assure avoir verrouillé ses approvisionnements pour maintenir ses liaisons, y compris long‑courrier.
Les Philippines sont le premier pays à proclamer un état national d’urgence énergétique face aux tensions au Moyen‑Orient et aux risques pesant sur les flux pétroliers. Le président Ferdinand Marcos Jr. a signé un décret activant un dispositif de réponse à l’échelle du pays pour stabiliser l’approvisionnement et limiter l’impact de la flambée des cours sur l’économie. Manille dépend pour près d’un quart de ses besoins énergétiques des importations en provenance de la région, ce qui la rend particulièrement vulnérable aux perturbations actuelles du marché.
Cette décision intervient alors que le conflit impliquant les États‑Unis, Israël et l’Iran se traduit par des frappes dans le Golfe et des perturbations durables du transport maritime, faisant grimper les prix du pétrole et du kérosène. Si le chef de l’État insiste sur le fait qu’il ne s’agit « pas d’une raison de paniquer », il n’exclut pas des mesures radicales, allant jusqu’à évoquer une possible immobilisation d’avions en cas de pénurie de carburant aviation.
Cebu Pacific coupe dans son réseau international
Low‑cost de référence aux Philippines, Cebu Pacific a annoncé une série de suspensions temporaires de routes et de réductions de fréquences sur son réseau international, en réponse à un coût du carburant « plus que doublé » par rapport à la moyenne de 2025. La compagnie mettra à l’arrêt, d’avril à octobre 2026, les liaisons Davao–Bangkok, Iloilo–Bangkok, Iloilo–Singapour et Clark–Hanoï. Elle réduira aussi la voilure sur plusieurs lignes vers Singapour, Jakarta, Kuala Lumpur, Melbourne et Sydney sur la même période, afin de concentrer sa capacité là où la demande est la plus résiliente.
Dans un communiqué, son directeur général Mike Szücs a adopté un ton résolument optimiste, mettant en avant les « avantages structurels » du modèle Cebu Pacific, à savoir un réseau majoritairement domestique, une demande jugée robuste pour les déplacements essentiels et l’efficience de sa flotte de monocouloirs de la famille A320neo, moins gourmands en carburant. Le groupe souligne que ses bons résultats financiers en 2025 et une situation de liquidité jugée solide lui donnent la capacité de « gérer les incertitudes actuelles avec discipline ».
Pour les passagers touchés par ces ajustements, Cebu Pacific propose sans frais la reprogrammation des voyages, le crédit du montant des billets sur un fonds de voyage ou le remboursement.
Philippine Airlines verrouille son approvisionnement en kérosène
À l’inverse de Cebu Pacific, Philippine Airlines (PAL) met l’accent sur la continuité de ses opérations et la sécurité de ses stocks de carburant. La compagnie nationale affirme avoir « sécurisé, pour le moment, une quantité suffisante de carburant aviation pour soutenir ses opérations régulières, y compris les vols long‑courriers », tout en surveillant étroitement l’évolution des prix et de l’offre.
PAL explique travailler en étroite collaboration avec ses fournisseurs, ses partenaires de l’industrie et les autorités pour garantir des opérations « stables et efficientes » dans ce contexte de tension énergétique. Cette communication vise aussi à rassurer les passagers, alors que le président Marcos a publiquement averti que des restrictions de ravitaillement dans certains pays pourraient obliger les compagnies à emporter davantage de carburant au départ, voire à envisager des immobilisations temporaires d’appareils en cas d’aggravation de la pénurie.

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