Ryanair va fermer sa base de trois avions à Thessalonique-Makedonia pour la saison hivernale 2026, entraînant une forte réduction de capacité en Grèce et ravivant les craintes d’un impact sur le tourisme local.

Annonçant 500 000 sièges supprimés et dix routes fermées, Ryanair évoque un « recul majeur de la connectivité hivernale » pour l’aéroport grecque de Thessalonique, géré par Fraport Greece.  « Nous sommes déçus de devoir fermer notre base de Thessalonique pour l’hiver 2026, ce qui entraînera une réduction significative de notre offre et de la connectivité pour les voyageurs grecs et étrangers », souligne-t-elle dans son communiqué. Elle quittera également cet hiver les aéroports de Chania et La Canée-Héraklion en Crète, gérés par Athens Airport.

La faute aux redevances aéroportuaires
Pour expliquer ce retrait, Ryanair met directement en cause l’environnement tarifaire dans les aéroports grecs concernés. Elle pointe du doigt Fraport Greece, gestionnaire de l’aéroport de Thessalonique et de plusieurs plateformes régionales, ainsi qu’Athens Airport, accusés de refuser de répercuter une baisse des taxes aéroportuaires. « Fraport Greece et Athens Airport ont choisi de ne pas passer aux passagers la réduction des redevances, rendant l’exploitation hivernale de nos bases économiquement intenable », affirme la low cost irlandaise. Selon elle, sans incitations tarifaires ou soutien pendant la basse saison hivernale, maintenir une base de trois avions à Thessalonique n’est plus viable.

Ryanair affirme privilégier les aéroports « compétitifs », capables d’accompagner la croissance du trafic à bas coûts tout au long de l’année : « Là où les aéroports travaillent avec nous pour soutenir l’activité en hiver, nous investissons, là où les coûts explosent, nous devons réduire notre présence », résume Jason McGuinness, directeur commercial de la low cost irlandaise. « Ryanair assurait 90% de la capacité internationale vers Thessalonique l’hiver dernier. Malheureusement, il y aura désormais moins de billets d’avion à bas prix pour les habitants et les visiteurs de Thessalonique, et le tourisme sur l’ensemble de l’année en souffrira. Ces avions seront réaffectés à l’Albanie, à l’Italie régionale et à la Suède, où les aéroports ont répercuté les économies réalisées sur les taxes aériennes gouvernementales, ce qui se traduira cet hiver par davantage de connectivité, de tourisme et d’emplois dans ces régions. »

Pour Fraport Greece, « la décision de réduire les opérations hivernales à l’aéroport de Thessalonique-Makedonia est exclusivement liée à la stratégie commerciale de Ryanair, à son modèle économique et à ses considérations de rentabilité ».

Thessalonique redoute un trou d’air touristique
La fermeture de la base à Thessalonique inquiète déjà les acteurs du tourisme et les autorités locales. La ville avait misé sur la présence d’une base Ryanair pour renforcer ses liens avec plusieurs marchés européens en basse saison. La perte de ces appareils basés se traduira inévitablement par une offre réduite, des fréquences en baisse et, à terme, une moindre attractivité tarifaire en hiver.

« Nous craignons que la suppression de ces vols n’affaiblisse la fréquentation à Thessalonique et dans la région, notamment en dehors de l’été », confie au média local Voria un représentant du secteur touristique local. Ryanair, de son côté, insiste sur le fait que sa décision est réversible si l’environnement tarifaire change : « Nous restons ouverts au dialogue avec les autorités aéroportuaires pour rétablir notre base si des conditions plus compétitives sont mises en place ».

Le précédent des Açores en toile de fond
L’annonce du retrait de Ryanair de Thessalonique intervient alors que son départ des Açores, au large du Portugal, nourrit déjà les débats sur la dépendance de certains territoires au trafic low cost. Dans cet archipel atlantique, la low cost irlandaise a mis fin à ses opérations, ce qui a fortement réduit le nombre de sièges disponibles vers plusieurs îles.

Selon la Chambre de commerce et d’industrie de Ponta Delgada, l’arrêt de Ryanair entraînerait une perte annuelle d’environ 165 millions d’euros pour l’économie locale, dont une grande partie liée au tourisme. Les projections évoquent une baisse de 1,7% du produit intérieur brut des Açores pour 2026, avec une diminution de 340 000 à 390 000 nuitées par an.

« L’absence de Ryanair se traduit déjà par une chute de la demande, notamment sur la location de voitures », observe un représentant du secteur, qui parle d’un recul d’environ 30% par rapport à l’an dernier, cité par The Portugal News. Les acteurs du tourisme local craignent que ce retrait durable ne redirige les flux vers d’autres destinations portugaises, comme Madère, mieux desservies.

L’exemple des Açores sert aujourd’hui de mise en garde aux responsables grecs, alors que Thessalonique s’apprête à affronter un hiver sans base Ryanair. « Quand une compagnie à bas coûts se retire, on ne perd pas seulement des vols, on perd des clients dans les hôtels, les restaurants, les commerces », résume un professionnel du tourisme, en référence à la situation aux Açores. Pour Thessalonique, l’enjeu sera de trouver d’autres transporteurs ou d’autres modèles de soutien au trafic hivernal afin d’éviter un scénario similaire.

Ryanair ferme sa base de Thessalonique pour l’hiver 2026, le tourisme local redoute un trou d’air 1 Air Journal

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