All Nippon Airways (ANA) envisage d’ouvrir une liaison directe entre Tokyo et Panama City, une première entre l’Asie et l’isthme panaméen qui renforcerait les connexions entre l’Asie et l’Amérique centrale et du Sud en s’appuyant sur le hub de Copa Airlines à Tocumen.

Le projet, encore à l’étude, dépend de négociations bilatérales sur les droits de trafic, d’analyses techniques pour l’accueil d’un gros-porteur de type Boeing 777-300ER et d’un montage commercial avec Copa pour irriguer tout le continent latino‑américain.

ANA lorgne une route Tokyo–Panama encore inédite

All Nippon Airways évalue la faisabilité de vols sans escale entre Tokyo et Panama City, une route qui ouvrirait un nouvel axe entre l’Asie et l’Amérique latine, encore très peu desservi en direct, notamment vers l’Amérique centrale. Aujourd’hui, les voyageurs japonais à destination de l’Amérique latine transitent majoritairement par des hubs nord‑américains ou du Golfe, faute de liaisons directes suffisantes entre les deux régions.

Ce projet a pris de l’ampleur après la visite, début mai, d’une délégation de dirigeants d’ANA à l’aéroport international de Tocumen, à Panama City, pour examiner les infrastructures et les conditions opérationnelles nécessaires à une desserte long‑courrier. Selon la presse panaméenne, les responsables d’ANA étaient accompagnés de techniciens de Boeing, signe que la compagnie japonaise envisage un appareil de grande capacité déjà au cœur de son réseau intercontinental.

Tocumen passé au crible pour le 777-300ER

Lors de cette mission, les équipes d’ANA et de Boeing ont inspecté la capacité des pistes de Tocumen et les installations nécessaires pour accueillir des avions de type Boeing 777‑300ER, l’un des chevaux de bataille d’ANA sur les liaisons ultra long‑courrier vers l’Europe et l’Amérique du Nord. L’aéroport panaméen a mis en avant ses infrastructures, son dispositif de sûreté et ses flux de correspondances, notamment le mécanisme « One Stop Security » qui vise à accélérer et sécuriser les connexions internationales via son hub.

Le directeur de l’Autorité de l’aviation civile du Panama, Rafael Bárcenas Chiari, a présenté aux représentants japonais l’état des négociations bilatérales sur les droits de trafic, indispensables à l’ouverture d’une ligne directe entre le Japon et le Panama. « Nous avançons dans la coordination réglementaire pour permettre une liaison directe entre les deux pays », a‑t‑il indiqué, soulignant que la suite du dossier dépendra d’« évaluations techniques et commerciales » menées avec les compagnies concernées.

Un levier clé : le hub de Copa Airlines

Au cœur de ce projet figure une coopération renforcée avec Copa Airlines, compagnie nationale panaméenne et partenaire d’ANA dans le cadre du programme de fidélité ANA Mileage Club. Copa exploite son « Hub of the Americas » à Tocumen, qui dessert près de 90 destinations dans 32 pays d’Amérique du Nord, centrale et du Sud ainsi que dans les Caraïbes, faisant de Panama l’un des nœuds de correspondance les plus denses de la région.

Une éventuelle liaison directe Tokyo–Panama permettrait à ANA de proposer, via un simple transfert sur Copa, un accès en une escale à un large éventail de destinations latino‑américaines, de Mexico à Buenos Aires en passant par Bogota, Lima ou Santiago. Pour ANA, ce schéma réduirait la dépendance aux itinéraires traditionnels via les hubs nord‑américains ou du Moyen‑Orient, et offrirait une alternative compétitive pour le trafic affaires et loisirs entre le Japon et l’Amérique latine. Panama y verrait, de son côté, un approfondissement de ses liens avec l’Asie et un renforcement de son ambition de plateforme intercontinentale, au‑delà de son rôle déjà central dans le transit maritime.

Un maillon manquant dans l’axe Asie–Amérique latine

Les vols directs entre l’Asie et l’Amérique latine restent rares au regard d’autres marchés intercontinentaux, et encore plus lorsqu’il s’agit de l’Amérique centrale. À ce jour, le Mexique est le seul pays latino‑américain à disposer de liaisons directes vers le Japon, grâce à ANA entre Mexico et Tokyo‑Narita et à Aeromexico entre Monterrey et Tokyo‑Narita, deux routes proposées quotidiennement. Une ligne Tokyo–Panama contribuerait ainsi à combler un « trou de carte » dans le réseau mondial, en particulier pour les passagers d’Asie de l’Est à destination de l’Amérique centrale et du cône sud.

Cette dynamique s’inscrit dans un rapprochement plus large entre le Panama et le Japon : en 2025, une délégation panaméenne conduite par le président José Raúl Mulino Quintero s’était rendue à Tokyo pour « faire avancer les discussions » sur des vols sans escale entre les deux pays, le ministre des Affaires étrangères ayant alors évoqué « un pas supplémentaire vers la concrétisation d’un service direct ». Jusqu’ici, la plupart des trajets entre le Japon et le Panama impliquent une escale sur la côte ouest américaine, via des hubs comme Los Angeles ou San Francisco.

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All Nippon Airways étudie un vol sans escale Tokyo–Panama, futur maillon Asie–Amérique latine 1 Air Journal

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