All Nippon Airways (ANA) entame la phase finale de retrait de son dernier tri-réacteur domestique, le Boeing 777‑300, dont la carrière au Japon s’étend sur près de trois décennies. Le groupe japonais accélère désormais sa transition vers une flotte plus homogène, centrée sur les Boeing 787 et les nouveaux 737 MAX, dans un contexte de forte demande intérieure et de résultats financiers record.
All Nippon Airways a confirmé la mise en retraite progressive de ses trois derniers Boeing 777‑300 d’ici le 31 mars 2027, date de clôture de son exercice fiscal. Ces appareils, livrés entre 1998 et 1999, ont longtemps constitué l’épine dorsale des liaisons nationales à forte densité, entre Tokyo (Haneda) et les grandes métropoles comme Sapporo, Osaka, Fukuoka ou Naha.
Dotés d’une configuration bi‑classe à 514 sièges, ces 777‑300 non‑ER figuraient parmi les jets les plus capacitaires jamais employés sur le marché domestique japonais. Leur retrait marque la fin d’une ère pour ces gros-porteurs sur les lignes intérieures, même si ANA conserve ses Boeing 777‑300ER pour ses vols long‑courriers vers Los Angeles, Londres ou Milan.
Vers une flotte 787 au cœur du réseau
La sortie progressive des 777‑300 s’inscrit dans une stratégie plus large de standardisation de la flotte autour de la famille Boeing 787. ANA a notamment mis en service des 787‑10 à haute densité, spécifiquement conçus pour remplacer les 777‑300 sur les corridors domestiques à très forte fréquentation.
Le groupe prévoit ainsi de disposer, à terme, d’un réseau domestique presque entièrement structuré autour du Dreamliner, avec davantage de flexibilité d’insertion dans les plannings et de gains de coût au siège‑kilomètre. Les 787‑8, 787‑9 et 787‑10 offrent une meilleure efficacité énergétique, des émissions CO₂ réduites et une meilleure adaptabilité aux fluctuations de la demande, facteur clé pour ANA dans un environnement post‑Covid marqué par une forte volatilité des trafics.
Entre 2024 et 2026, ANA a déjà reçu une série de 787‑10 dédiés au marché domestique, tandis qu’un plan d’acquisition révisé auprès de Boeing prévoit d’ajouter trois 787‑9 supplémentaires à partir de 2027, pour renforcer la capacité sur les liaisons internationales à forte densité.
737‑800 et Dash 8‑400, aussi dans le viseur
La modernisation de la flotte ne concerne pas seulement les gros-porteurs. ANA prévoit également de retirer un Boeing 737‑800 et trois turbopropulseurs de type De Havilland Canada Dash 8‑400, dans le cadre d’un assainissement progressif de ses appareils les plus âgés. Cette approche, en phase plutôt qu’en rupture, permet au groupe de maintenir la stabilité opérationnelle tout en améliorant l’efficience moyenne de sa flotte. Les 737‑MAX 8, dont ANA a signé une commande de 20 exemplaires, commenceront à entrer en service sur le réseau domestique au cours de l’exercice 2026‑2027.
Un plan de livraisons encadré et ambitieux
ANA compte prendre livraison de cinq Boeing 737 MAX 8 au cours de la nouvelle année fiscale, destinés en priorité aux vols nationaux à forte rotation. Ces appareils remplaceront progressivement les 737‑800 vieillissants, dont le cumul d’âge moyen et de coûts de maintenance pèse de plus en plus sur la rentabilité.
Parallèlement, le groupe recevra cinq nouveaux Boeing 787, dont quatre 787‑9 et un 787‑10, afin de renforcer tant la capacité que la compétitivité environnementale de son réseau. Ces livraisons s’inscrivent dans une vision de flotte ultra‑standardisée autour de deux familles principales (787 et 737‑MAX), réduisant ainsi la complexité technique et logistique des ateliers.
La modernisation touche aussi les filiales. Peach Aviation, la low‑cost du groupe, devrait accueillir de nouveaux Airbus A320neo, tandis qu’ANA Wings, la branche régionale, procédera à l’intégration de turbopropulseurs Dash 8‑400 d’occasion, plus modernes et moins énergivores que les anciens exemplaires.
Un contexte financier porteur
Cette restructuration s’appuie sur un contexte économique très favorable : ANA Holdings a publié un résultat opérationnel record d’environ 217,4 milliards de yens, soit près de 1,38 milliard de dollars, alimenté par la forte reprise du trafic aérien. Le chiffre d’affaires consolidé atteint 2 539,2 milliards de yens, soit une hausse d’environ 13%, tirée par la montée en puissance des vols domestiques et internationaux, ainsi que par l’acquisition de Nippon Cargo Airlines, qui a renforcé les capacités fret du groupe.

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