Les autorités indiennes ont introduit, sans avertissement préalable, une obligation supplémentaire pour tous les voyageurs. Depuis fin juin 2026, une déclaration de santé en ligne doit être remplie avant l’arrivée sur le territoire. Cette mesure concerne tous les âges, toutes les nationalités et tous les motifs de voyage en Inde.
« C’est très révélateur de la manière dont l’Inde fonctionne actuellement : les autorités communiquent une nouvelle consigne du jour au lendemain, sans délai d’adaptation pour les voyageurs ni pour les professionnels du secteur », commente Alexandre Demaille, cofondateur de l’agence RapideVisa, spécialisée dans l’accompagnement des voyageurs pour leurs démarches de visa. « L’Inde est notre destination phare : c’est aussi celle où l’on voit apparaître le plus de nouvelles règles ces derniers mois. »
Selon les statistiques du Ministère du Tourisme indien, la France figure parmi les 10 principaux pays émetteurs de touristes étrangers en Inde (top 10 en 2024, aux côtés des États-Unis, Bangladesh, Royaume-Uni, etc.). Quelques 206 800 Français ont visité le sous-continent en 2024.
Air Suvidha, déclaration sanitaire en ligne
Cette déclaration sanitaire, appelée Air Suvidha, doit être complétée dans les 24 heures précédant l’atterrissage en Inde sur le site officiel : airsuvidha.civilaviation.gov.in. Le système bloque toute tentative antérieure. Le formulaire, en anglais, demande les informations d’identité du voyageur, les détails du vol, l’adresse de résidence habituelle et celle du premier hébergement en Inde. Une fois validé grâce à un code reçu par e-mail, il génère un QR Code. Ce code, papier ou numérique, doit être présenté à l’arrivée.
« La fenêtre de 24 heures est très courte, et le site est parfois capricieux au moment de la validation. Nous conseillons de ne jamais attendre la dernière minute, y compris pour un vol de nuit ou une correspondance serrée », prévient Alexandre Demaille. Il rappelle également que cette déclaration sanitaire s’ajoute à deux autres démarches obligatoires, et non les remplace : « Au lieu de regrouper ces formalités, ce qui serait pourtant plus logique pour les voyageurs, l’Inde a créé une troisième démarche distincte, sur une troisième plateforme. C’est un vrai casse-tête administratif, presque kafkaïen. »
Toutes les formalités pour se rendre en Inde
Pour un séjour touristique ou d’affaires, les voyageurs doivent préparer plusieurs documents avant le départ.
–Passeport valide : il doit l’être au moins six mois après la date d’entrée en Inde et comporter au moins deux pages vierges. Les passeports d’urgence ne sont pas acceptés.
–e-Visa : obligatoire pour la plupart des nationalités, dont les Français. Il existe plusieurs types :
a) e-Visa Tourisme : Séjours de 30 jours (multiples entrées) ou jusqu’à 90 jours par entrée selon les options.
b) e-Visa Affaires : pour les missions professionnelles, avec une durée maximale de 180 jours par entrée.
La demande pour un e-visa se fait en ligne. Les délais de traitement sont d’environ six jours. Des frais consulaires s’appliquent, variables selon la durée et le type.
–e-Arrival Card : cette carte d’arrivée électronique remplace l’ancienne version papier. Elle est obligatoire et doit être obtenue avant le départ, dans une fenêtre resserrée, généralement de quelques jours seulement avant l’arrivée.
–Air Suvidha : déclaration de santé à accomplir en ligne dans les 24 heures avant l’arrivée.
Simplifier les démarches avec un spécialiste
« Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que ces trois formalités, e-Visa, e-Arrival Card et Air Suvidha, sont contrôlées deux fois : une première fois par la compagnie aérienne à l’embarquement, une seconde fois par les autorités indiennes à l’arrivée », souligne Alexandre Demaille. « Nous n’avions jamais vu un pays exiger trois démarches obligatoires distinctes pour un simple séjour touristique ou une mission professionnelle classique. »
Attention : le e-Visa ne suffit pas pour certaines régions sensibles ou protégées (Nord, Nord-Est, îles Andaman-et-Nicobar). Un permis supplémentaire est alors nécessaire. « C’est un point que beaucoup de voyageurs découvrent trop tard, une fois sur place ou même à l’aéroport de départ », note le dirigeant de RapideVisa.
Face à la multiplication des formalités, de nombreux voyageurs font appel à des spécialistes. RapideVisa accompagne ainsi les demandeurs pour l’obtention de tous les documents de voyage en Inde : e-Visa tourisme ou affaires, e-Arrival Card et suivi des autres obligations. Les équipes de RapideVisa traitent les dossiers auprès des autorités indiennes et transmettent les documents officiels par e-mail.
Ce service d’accompagnement représente un coût compris entre 30 et 50 euros, en plus des frais consulaires officiels du e-Visa. « Ce montant reste modeste face à ce qu’il permet d’éviter : un refus d’embarquement ou un blocage à l’arrivée en Inde, alors que tout un voyage, personnel ou professionnel, est en jeu », justifie Alexandre Demaille. Et d’ajouter : « Une simple faute de frappe sur un numéro de passeport ou un nom de famille peut suffire à faire refuser l’embarquement à l’aéroport, même si le visa a bien été délivré.
« Ce que nos clients achètent, ce n’est pas seulement un visa ou un formulaire rempli à leur place : c’est la tranquillité d’esprit d’arriver en Inde en étant certains que chaque document a été vérifié, à la fois avant le départ et à chaque étape, tout comme chaque visa délivré avant transmission au client, par une personne et non par un algorithme », souligne le dirigeant de RapideVisa.

Delhi @Weena/DR
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