EasyJet recruterait des pilotes pour sa nouvelle base de Marrakech sous un statut d’indépendant, via un intermédiaire établi en Irlande. Ces emplois suscitent des interrogations du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) sur la protection sociale des équipages et, plus largement, sur les conditions d’exercice du métier, rapporte le quotidien La Tribune.
Une base stratégique au Maroc
Ouverte au printemps 2026, la base d’easyJet à Marrakech est la première de la low cost britannique sur le continent africain. Elle compte trois avions et dessert une trentaine de liaisons vers l’Europe.
La base doit générer environ 100 emplois directs, dont une soixantaine de postes de pilotes. Les équipages actuellement affectés à Marrakech sont détachés d’autres bases du groupe. Les recrutements destinés à installer durablement des pilotes sur place relèveraient toutefois d’un autre dispositif.
Un recrutement via Storm Global dénoncé par le SNPL
Selon le SNPL, cité par La Tribune, les pilotes recrutés pour être basés durablement à Marrakech ne se verraient pas proposer de contrats salariés classiques. Ils passeraient par Storm Global, une société d’emplois aéronautiques établie en Irlande, avant d’être mis à la disposition d’easyJet.
Le syndicat français évoque des contrats de travailleurs indépendants ou de non-salariés. Il qualifie ce dispositif d’« inédit » dans le réseau d’easyJet. « Il y a une volonté claire de réduire les coûts au maximum pour augmenter les marges », estime le SNPL, qui dénonce un risque de dumping social.
Des interrogations sur les conditions d’exercice
Pour le syndicat, ce statut d’auto-entrepreneurs transférerait vers les pilotes une partie des risques sociaux et financiers, notamment en matière de protection sociale, d’arrêt de travail et de cotisations. Le SNPL considère qu’easyJet conserverait néanmoins la maîtrise de l’activité opérationnelle. Il redoute un affaiblissement des protections sociales et s’interroge aussi sur d’éventuelles conséquences en matière de sécurité aérienne, sans signaler d’incident à ce stade.
La réponse d’easyJet
Interrogée par La Tribune, easyJet ne confirme ni ne dément la nature exacte des contrats envisagés pour les futurs postes à Marrakech. La low cost précise toutefois qu’aucun des pilotes actuellement en fonction sur la base marocaine n’a été recruté par l’intermédiaire d’un prestataire. Elle défend par ailleurs le recours à une agence de recrutement. Selon elle, ce modèle est courant dans le secteur du transport aérien au Maroc et utilisé par d’autres compagnies aériennes.
Des offres publiées par Storm Global
Des offres d’emploi publiques, consultées pour des postes de commandants de bord sur A320 et A321 basés à Marrakech, mentionnent Storm Global. Elles portent sur des engagements de deux ans sous statut de « contractor », terme anglophone généralement employé pour désigner un prestataire indépendant. À l’issue de cette période, ces offres évoquent une possible intégration à une entité européenne d’easyJet, sous réserve de postes disponibles.
Ce modèle de recrutement, présenté par le SNPL comme atypique au regard des pratiques européennes d’easyJet, intervient dans le cadre du développement de la low cost au Maroc. Sa base de Marrakech s’inscrit dans un partenariat avec l’Office national marocain du tourisme (ONMT) pour accompagner la montée en puissance du tourisme marocain d’ici l’organisation de la Coupe du monde de foot en 2030. Pour sa part, le SNPL appelle à la vigilance face à ce qu’il considère comme une pression économique sur les conditions d’exercice des pilotes.

@easyJet
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