Boeing aborde une nouvelle échéance sociale à haut risque. Environ 17 000 ingénieurs, scientifiques et techniciens représentés par le syndicat SPEEA doivent voter, du 24 septembre au 1er octobre, sur une offre contractuelle révisée de quatre ans. En cas de rejet, une grève pourrait débuter après l’expiration des accords actuels, le 6 octobre — avec une conséquence immédiate : l’arrêt des travaux de certification du 777-9, le premier modèle de la famille 777X.
Le constructeur américain tente ainsi d’éviter un conflit touchant directement les équipes qui conçoivent, analysent, documentent et accompagnent auprès de la FAA les programmes en développement. Une vulnérabilité particulièrement sensible alors que le 777X, déjà très en retard, reste annoncé pour des premières livraisons en 2027.
Une offre améliorée après un premier rejet
Une première proposition avait été largement rejetée par les deux unités de négociation de la SPEEA en août, malgré l’avis favorable initial des équipes de négociation. Les salariés avaient alors également voté l’autorisation d’une grève, plaçant Boeing sous une pression accrue à Seattle et dans la région de Puget Sound, cœur historique de ses activités d’ingénierie aéronautique.
La nouvelle offre prévoit une hausse salariale garantie de 10% dès la ratification, puis une autre hausse garantie de 4% en mars 2027. Pour les années 2028 à 2030, Boeing propose des enveloppes salariales annuelles de 6%, dont au moins 4% garantis pour chaque salarié. Le groupe chiffre à 34% les fonds salariaux mobilisés sur quatre ans, dont 26% seraient garantis. Les dispositions relatives à la couverture santé et à la retraite de la première offre seraient maintenues, tandis que le texte clarifie également le cadre du travail à distance.
Boeing assure que les équipes de négociation de la SPEEA recommandent cette fois un vote favorable. Mais l’issue demeure incertaine : la défiance envers la direction, nourrie par les précédents accords sociaux et les transformations du groupe, reste un sujet central dans les discussions.
« Le programme de certification s’arrête »
L’enjeu dépasse très largement le seul terrain social. Lors d’une conférence organisée par Morgan Stanley, le directeur général de Boeing, Kelly Ortberg, a reconnu les conséquences d’un arrêt de travail : « Le programme de certification du 777X s’arrête essentiellement jusqu’au retour des ingénieurs », a-t-il déclaré, ajoutant que les effets se feraient sentir « jusque dans la production ».
Cette précision est importante : contrairement à une grève limitée aux chaînes d’assemblage, un conflit impliquant ingénieurs et personnels techniques affecterait les essais, les analyses de conformité, la documentation réglementaire et les échanges nécessaires avec l’autorité américaine de l’aviation civile. Il pourrait aussi ralentir les programmes 737 MAX 10 et 777X, tous deux encore dépourvus de certification.
Le 777X toujours attendu en 2027
Boeing poursuit les essais en vol du 777X, mais certaines activités pourraient encore déborder sur 2027. Le constructeur attend notamment des autorisations liées à des essais moteurs et aux travaux ETOPS, indispensables pour l’exploitation commerciale long-courrier du biréacteur. Kelly Ortberg maintient toutefois l’objectif de premières livraisons en 2027. Le résultat du vote du SPEEA est attendu le 1er octobre. Un rejet ouvrirait, à quelques jours seulement de l’échéance du 6 octobre, une nouvelle zone de turbulences pour le programme 777X.

Pas si cool a commenté :
23 septembre 2026 - 12 h 25 min
Une chose que nous savons maintenant, le B777X est très doué pour traverser TOUTES les turbulences syndicales, administratives et techniques, même si c’est très long.
On va bientôt savoir s’il est aussi doué pour franchir les turbulences aéronautiques …
J’espère que ce sera moins long pour le confort des PAX.