Emirates étudie la possibilité de convertir sa commande de 35 Boeing 787 Dreamliner en Boeing 777X. La compagnie de Dubaï, confrontée à un calendrier de livraison du 787 désormais susceptible de repousser les premières arrivées au-delà de 2029, arbitre entre disponibilité des avions, aménagement de cabine et besoins de capacité de son réseau.

Le dossier n’est pas tranché, mais il illustre la pression que font peser les retards industriels sur les stratégies de flotte. Emirates a commandé 35 Dreamliner — 20 exemplaires du 787-8 et 15 du 787-10 — et doit désormais déterminer si ces appareils correspondent toujours à ses besoins au moment où ses Airbus A350 entrent progressivement en service et où elle attend ses premiers 777X. « L’option d’une conversion vers le 777X reste sur la table », a déclaré Adel Al Redha, directeur général adjoint et directeur des opérations d’Emirates, en marge de l’Arabian Travel Market 2026 à Dubaï. « Tout est possible et nous discuterons de tous les scénarios avec le constructeur », a-t-il ajouté, cité par Emirates 24/7.

Deux scénarios pour la commande Dreamliner

Selon Adel Al Redha, Emirates dispose de deux voies : maintenir la commande de 787 selon un calendrier de livraison révisé avec Boeing, ou la convertir, totalement ou partiellement, en 777X supplémentaires. Les échanges avec l’avionneur américain devaient permettre d’éclaircir le dossier dans les deux mois suivant ses déclarations.

Le facteur déterminant est le délai. Si Emirates conservait ses Dreamliner, la compagnie ne s’attendrait pas à recevoir les premiers exemplaires avant la fin de 2029. Pour un transporteur dont le modèle repose sur un hub de correspondance à très haut débit à Dubaï, ce glissement pèse directement sur le renouvellement des capacités et sur l’ouverture de nouvelles lignes.

Le programme 787 n’est pas à l’arrêt, mais Boeing a connu en 2026 des contraintes de chaîne d’approvisionnement, notamment sur les moteurs GEnx et certains sièges premium nécessitant une certification réglementaire. Le constructeur a stabilisé la cadence de production à huit appareils par mois, en attendant une amélioration des livraisons de moteurs qui permettrait de viser dix appareils mensuels.

L’A350 réduit l’urgence du 787

Le dilemme d’Emirates est toutefois plus complexe qu’un simple choix entre deux avions Boeing. L’Airbus A350, qui offre un positionnement comparable au Dreamliner sur les marchés long-courriers de capacité intermédiaire, est déjà en exploitation commerciale au sein de la compagnie depuis janvier 2025, avec Édimbourg comme première destination.

À la fin de l’exercice 2025-2026, Emirates comptait 19 A350 en flotte, desservant 21 destinations. Son carnet de commandes totalisait alors 367 appareils, dont 54 A350, 270 Boeing 777X, 35 Boeing 787 et huit 777F cargo.  Cette arrivée rapide de l’A350 peut rendre moins indispensable l’introduction d’un troisième type de gros-porteur passagers de nouvelle génération. Le 787-8, plus petit, et le 787-10, à plus forte capacité, auraient apporté de la souplesse sur des liaisons où le Boeing 777-300ER est surdimensionné. Mais l’A350 remplit déjà une large partie de ce rôle dans le réseau d’Emirates.

Le Boeing 777X demeure, de son côté, la pièce maîtresse du futur long-courrier d’Emirates. La compagnie est de très loin le premier client du programme, avec 270 avions en commande. Elle vise désormais une première livraison au deuxième trimestre 2027, sous réserve de la certification de l’appareil.

Emirates pourrait troquer ses Dreamliner contre davantage de Boeing 777X 1 Air Journal

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