La compagnie israélienne El Al a annulé, vendredi 2 octobre, deux vols spéciaux prévus entre Dubaï et Tel-Aviv après le retrait, à la dernière minute, de son autorisation d’atterrir aux Émirats arabes unis. Alors que plusieurs milliers de voyageurs israéliens cherchent à regagner leur pays après la suspension des vols de flydubai, Arkia et Israir ont de leur côté annoncé avoir obtenu les autorisations nécessaires, dans un dispositif encore soumis à de fortes contraintes opérationnelles et de sûreté.

El Al annule deux vols spéciaux depuis Dubaï

El Al devait acheminer à vide ses avions de Tel-Aviv vers Dubaï, puis ramener vers l’aéroport Ben Gourion des passagers bloqués aux Émirats. Mais les deux rotations prévues vendredi, identifiées comme LY974-1 et LY972, n’ont pas pu être assurées. La compagnie a invoqué le retrait de l’accord permettant aux transporteurs israéliens de se poser à Dubaï. Dans un avis relayé par la presse israélienne, El Al a indiqué être « contrainte d’annuler, à ce stade, ses vols de secours » à la suite du retrait de l’autorisation accordée aux compagnies israéliennes d’atterrir à Dubaï, selon les informations communiquées par les autorités israéliennes.

Le transporteur national israélien assure toutefois rester prêt à déclencher ces vols spéciaux dès que les autorisations requises auront été rétablies. Les opérations prévues à partir de dimanche demeuraient affichées à son programme, mais les sièges étaient déjà complets selon plusieurs médias.

Une opération de rapatriement sous contraintes de sûreté

Le ministère israélien des Transports avait initialement annoncé que les vols opérés par des compagnies israéliennes au départ de Dubaï devaient commencer vendredi. Il avait toutefois prévenu que la mise en place du dispositif pourrait entraîner des retards. « Après coordination avec toutes les parties concernées, il a été convenu que les vols des compagnies israéliennes de Dubaï vers Israël commenceront vendredi 2 octobre », a déclaré le ministère. « En raison des préparatifs nécessaires et de la coordination de sûreté exigée pour l’exploitation de ces vols, des retards sont attendus au départ des vols de rapatriement depuis Dubaï. »

Cette séquence illustre la différence entre un simple programme commercial et une opération de rapatriement montée dans l’urgence : autorisations de survol et d’atterrissage, coordination avec les autorités aéroportuaires, gestion des créneaux et des flux passagers, mais aussi exigences de sûreté renforcées. Les autorisations semblent en outre avoir été accordées de manière individualisée selon les opérateurs, ce qui explique les trajectoires divergentes des trois compagnies israéliennes.

Arkia et Israir finalement autorisées

Alors qu’El Al devait reporter ses premières rotations, Arkia et Israir ont annoncé avoir reçu les validations nécessaires pour assurer des vols de rapatriement depuis Dubaï. L’aéroport Ben Gourion affichait ainsi des arrivées Arkia et Israir en provenance de l’émirat prévues entre vendredi soir et samedi, tandis qu’El Al n’était alors attendue qu’à partir de dimanche.

Selon Ynet, les discussions ont mobilisé les autorités israéliennes de l’aviation civile, le ministère des Transports, les services de sécurité intérieure du Shin Bet et l’ambassade israélienne aux Émirats arabes unis. Les premiers départs d’El Al avaient initialement été envisagés à 11 heures et 13 heures, heure locale, avant que l’incertitude sur les permissions ne bouleverse le programme.

Les contraintes se sont aussi traduites dans les conditions de voyage. Les passagers des vols spéciaux ne devaient pouvoir embarquer qu’avec un petit effet personnel, les bagages étant appelés à être acheminés séparément par fret. Arkia avait annoncé des tarifs à partir de 279 dollars, tandis qu’Israir proposait un aller simple depuis Dubaï à 299 dollars.

Après la suspension de flydubai

La crise découle de la suspension des liaisons entre les Émirats et Israël par flydubai, après un grave incident survenu à bord du vol FZ1073 reliant Dubaï à Tel-Aviv. L’appareil, un Boeing 737, a dû effectuer un atterrissage d’urgence à Tabuk, en Arabie saoudite, après une agression du copilote sur le commandant de bord dans le cockpit. L’enquête est menée sous l’autorité émiratie, avec une implication des autorités israéliennes.

La suspension de flydubai a brutalement réduit les possibilités de retour direct pour les voyageurs israéliens présents dans les Émirats. Emirates a également suspendu temporairement son accord de partage de codes avec flydubai vers Israël et limité l’embarquement à Dubaï de passagers poursuivant vers Tel-Aviv. Israël a sollicité Etihad Airways afin d’augmenter ses capacités entre Abou Dhabi et Tel-Aviv.

Les estimations évoquées par les autorités israéliennes font état d’environ 10 000 ressortissants israéliens cherchant à rentrer, un chiffre qui ne concerne pas uniquement les personnes présentes à Dubaï : il inclut également des voyageurs bloqués ou en transit dans d’autres pays asiatiques, notamment en Inde et en Thaïlande, qui comptaient passer par l’émirat.

Dubaï–Tel-Aviv : El Al contrainte d’annuler ses vols de rapatriement 1 Air Journal

@AJ/DR