Chalair a remporté l’appel d’offres du gouvernement andorran pour opérer, à partir du 1er janvier 2027, les liaisons régulières depuis l’aéroport Andorre–La Seu d’Urgell, situé en Catalogne, près de la frontière andorrane.
Un ATR 42-500 y sera basé en permanence, avec Paris-Orly, Madrid et Palma au programme annuel, complétés par Nantes, Nice et Lyon selon les saisons. La compagnie aérienne française succédera à Air Nostrum, dont le contrat s’achève le 31 décembre 2026. L’accord est prévu pour quatre ans, jusqu’en 2030, avec une possibilité de prolongation de deux années supplémentaires.
Un ATR basé en permanence
La plateforme La Seu d’Urgell deviendra alors une base de Chalair, avec un ATR 42-500 de 48 sièges basé à l’année. L’implantation locale de l’appareil, des équipages et des moyens de maintenance doit améliorer la régularité des vols. L’enjeu est important pour un aéroport de montagne, dont l’exploitation reste sensible aux contraintes techniques et météorologiques. En plus, un ATR 72-500 de remplacement, d’une capacité pouvant atteindre 72 passagers, devra pouvoir être mobilisé en moins de deux heures depuis Montferrer en cas de besoin.
« C’est un grand jour pour Andorre et pour les Pyrénées », a déclaré David Forné, secrétaire d’État andorran à la Transition énergétique, aux Transports et à la Mobilité, lors de la présentation de l’attribution. Il a évoqué « un saut qualitatif » pour les connexions aériennes de la principauté. Le marché impose au minimum 1 400 heures de vol par an. Chalair envisage jusqu’à 1 670 heures annuelles à partir de la deuxième année d’exploitation. La contribution publique andorrane est plafonnée à 5 millions d’euros par an.
Paris-Orly, Madrid et Palma toute l’année
Le programme reposera sur trois lignes régulières annuelles : Paris-Orly, Madrid et Palma de Majorque. Paris-Orly sera desservi deux fois par semaine. Madrid comptera trois rotations hebdomadaires à partir de l’été 2027. Palma de Majorque bénéficiera de deux à trois fréquences par semaine, avec trois vols hebdomadaires en hiver.
Le choix d’Orly plutôt que Paris-Charles de Gaulle est présenté comme un atout pour l’accès au centre de la capitale française, via la ligne 14 du métro francilien. Selon l’ambassadeur de France en Andorre, Nicolas Eybalin, cette liaison Andorre-Paris est « nécessaire » et devrait renforcer l’ouverture de la principauté vers la France et l’Europe.
Les tarifs d’appel annoncés débutent à 79 euros l’aller simple vers Paris, 67 euros vers Madrid et 55 euros vers Palma. Ils incluent les taxes, un bagage cabine de 10 kg et la sélection du siège.
Trois destinations saisonnières en France
Au-delà des lignes à l’année, Chalair ajoutera trois destinations françaises saisonnières : Nantes avec deux vols par semaine en hiver, Nice avec deux vols par semaine en été, et Lyon avec un vol par semaine en été. Ces dessertes porteront à six le nombre de destinations reliées à Andorre–La Seu d’Urgell. Les jours d’exploitation restent à préciser et les fréquences pourront évoluer en fonction de la demande. « Les fréquences pourront être ajustées ou élargies selon l’évolution de chaque route », a indiqué David Forné.
La desserte de Nantes doit notamment améliorer l’accès au Grand Ouest français. Nice vise pour sa part une clientèle touristique, tandis que Lyon apporte une connexion supplémentaire vers la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Un aéroport en croissance
L’aéroport Andorre–La Seu d’Urgell a accueilli 11 107 passagers depuis le début de l’année 2026, contre 9 752 à la même période un an plus tôt, soit une progression de 14%. Depuis le lancement des opérations commerciales il y a cinq ans, la plateforme a totalisé 52 278 voyageurs. La ligne de Madrid exploitée par Air Nostrum affiche un taux de remplissage moyen de 55,8%, contre 50% pour Palma. La liaison baléare a atteint 78% de remplissage en février, avec plusieurs vols complets, puis 55% en août.
Parallèlement à l’arrivée de Chalair, le gouvernement andorran et la Generalitat de Catalogne travaillent au renforcement des installations. Les projets concernent l’approvisionnement en carburant, les équipements de dégivrage et les services de contrôle aérien. Le ravitaillement en carburant et le dégivrage doivent être opérationnels dès cet hiver, selon les autorités andorranes.

©Chalair Aviation
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