Trois organisations syndicales ont déposé un préavis de grève illimitée chez Air Tahiti à compter du jeudi 22 octobre 2026, à minuit. Leurs revendications portent sur les rémunérations, les équipements, les effectifs et l’organisation du travail, avec une alerte sur la sécurité des opérations au sol. À ce stade, l’ampleur d’éventuelles perturbations reste inconnue.
Air Tahiti : trois syndicats fixent l’échéance au 22 octobre
Six mois après la grève de ses pilotes, Air Tahiti fait face à une nouvelle échéance sociale. La CSIP, O oe to oe rima et le Syndicat du personnel navigant commercial d’Air Tahiti (Spencat) ont déposé, vendredi 16 octobre, un préavis prévoyant un arrêt de travail illimité à partir du jeudi 22 octobre à minuit, faute d’accord avec la direction. Selon Polynésie la 1ère, le mouvement pourrait concerner le siège de la compagnie à Faa’a ainsi que les agences des aéroports qu’elle dessert.
Les revendications touchent plusieurs métiers indispensables à l’exploitation : les agents de piste des activités domestiques et internationales, les chefs d’équipe, les agents de ménage et les personnels navigants commerciaux. Le conflit potentiel ne se limite donc pas aux équipages de cabine. Radio1 rapporte également des préavis concernant Air Tahiti et la Somstat, entreprise chargée de l’avitaillement des avions en carburant à l’aéroport de Tahiti-Faa’a, avec la même échéance et des demandes portant sur les rémunérations, les moyens matériels et les effectifs.
Conditions de travail et sécurité sur la piste au cœur des revendications
Dans leur courrier à la direction, les organisations syndicales décrivent une dégradation des conditions d’exercice de leurs métiers. « Malgré notre forte implication professionnelle (…) et notre dévouement pour le maintien de l’image et de la prospérité de la société, l’ensemble du personnel des différents services rencontre de grosses difficultés à exercer son métier en toute quiétude », écrivent-elles.
Les syndicats alertent sur les conséquences de cette situation pour la santé physique et mentale des salariés. Ils évoquent également « un risque majeur lié à la sécurité sur la piste ». Cette mise en garde constitue une alerte syndicale : elle ne doit pas être confondue avec le constat d’un manquement établi par une autorité de contrôle.
Les demandes associent des mesures salariales et des changements dans l’organisation quotidienne du travail : revalorisation de plusieurs primes, renouvellement de certains équipements, amélioration des plannings et renforcement des effectifs. Les informations publiées ne précisent toutefois ni les montants réclamés ni le nombre de recrutements souhaités.
Vols Air Tahiti : des perturbations possibles, mais pas encore chiffrées
Le dépôt du préavis ne signifie pas que l’ensemble des vols sera interrompu le 22 octobre. La participation des salariés et l’issue des discussions avec la direction détermineront les conséquences sur l’exploitation. Les informations disponibles ne permettent pas, à ce stade, d’établir une liste de liaisons affectées ou un volume d’annulations.
Air Tahiti assure un réseau inter-îles dont le rôle dans le développement social et économique de la Polynésie française est souligné par le constructeur ATR. La compagnie exploite notamment des turbopropulseurs ATR 42-600 et ATR 72-600, adaptés à ses dessertes régionales. Les distances entre les îles de son réseau vont d’une quinzaine de kilomètres entre Tahiti et Moorea à environ 1 600 kilomètres entre Tahiti et Mangareva, aux Gambier. Cette dispersion géographique donne une portée particulière aux conflits sociaux dans le transport aérien : en avril, les perturbations avaient notamment empêché des centaines d’élèves et des enseignants de rejoindre leurs établissements à la rentrée scolaire. Au total, le conflit avait affecté plusieurs milliers de passagers chaque jour.
En avril 2026, trois jours de grève des pilotes
Le précédent mouvement chez Air Tahiti concernait les pilotes, représentés par le Syndicat des personnels navigants techniques de Polynésie française (SPNTPF). Après trois jours de grève, un protocole de fin de conflit avait été signé dans la nuit du 12 au 13 avril 2026, permettant une reprise progressive des vols le lundi matin. Environ 70 pilotes sur une centaine avaient participé au mouvement. Les revendications portaient alors sur l’organisation des plannings et des congés, les pilotes dénonçant une fatigue chronique.
Un climat social tendu dans les transports polynésiens
Cette nouvelle menace de grève intervient alors qu’un autre préavis vise les sociétés d’acconage Cotada, Cowan et Sat Nui au port de Papeete, avec une échéance fixée au mardi 20 octobre à minuit. Déposé par la CSTP-FO, il porte notamment sur la préservation des emplois locaux, les salaires et la sécurité des travailleurs portuaires. Il s’agit d’un conflit distinct de celui d’Air Tahiti, mais qui place les transports maritime et aérien polynésiens sous tension à quelques jours d’intervalle.

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