La compagnie aérienne Aeromexico serait allée en justice pour bloquer les créneaux de vol attribués à Emirates Airlines, dont l’arrivée à Mexico aurait déjà provoqué des suppressions de postes et l’abandon de la ligne vers Shanghai. Le renouvellement de sa flotte moyen-courrier concerne une soixantaine d’avions, et se jouerait entre l’Airbus A220 et l’Embraer E2, tandis que son trafic passagers a reculé de 8,1% en juillet.

Annoncés pour le 9 décembre 2019, les vols quotidiens d’Emirates Airlines entre Dubaï et l’aéroport de Mexico-Benito Juarez via Barcelone continuent de semer le trouble au Mexique : selon El Financiero, la compagnie nationale a intenté une action en justice contre l’attribution de créneaux horaires à la compagnie émiratie, après avoir déjà demandé le retrait des droits de cinquième liberté qui lui permettront de proposer le trajet Mexico – Barcelone (en concurrence directe avec la ligne d’Aeromexico inaugurée en juin). Le quotidien cite le sous-secrétaire aux Transports, Carlos Morán, qui a déclaré qu’Emirates n’avait « toujours pas de créneaux horaires attribués », et qu’il était « en train d’analyser l’installation de la compagnie dans la capitale ».

Certains médias locaux parlent de suppression de postes déjà annoncées, la suspension de la liaison d’Aeromexico entre sa base et Shanghai-Pudong étant elle officialisée : la dernière des trois rotations hebdomadaires sera opérée le 13 décembre prochain, quand la compagnie aérienne commencera à augmenter ses fréquences vers Barcelone (de 3 à 5 vols par semaine en décembre, puis à 6 en mars 2020 et 7 en avril). Le CEO Andres Conesa expliquait le mois dernier : « nous avons pris cette décision premièrement parce que nous avons constaté une forte demande sur cette liaison, mais également en réponse à la décision décevante du gouvernement mexicain d’octroyer des droits de cinquième liberté à Emirates malgré les subventions qu’elle reçoit du gouvernement des Emirats Arabes Unis. Pour fournir les avions supplémentaires dont nous avons besoin pour l’augmentation des fréquences à destination de Barcelone, nous avons décidé d’annuler nos services à destination de Shanghai ».

Le dirigeant de la compagnie de l’alliance SkyTeam avait alors évoqué l’immobilisation des Boeing 737 MAX (six MAX 8 livrés depuis mars 2018, 54 autres MAX 8 et MAX 9 attendus), qui entraînera la suppression de routes vers Belize, Punta Cana, Guayaquil et Cali. Dans la gamme des avions plus petits opérés par sa filiale Aeromexico Connect, le remplacement des 57 Embraer 170 et 190 est déjà à l’étude, alors que leur moyenne d’âge respective est de 13,9 ans et 9,8 ans. Selon le CEO, deux appareils tiennent la corde : l’Embraer 195-E2 et l’Airbus A220-300. Le premier « augmenterait les capacités disponibles d’environ 25% par rapport à la flotte actuelle, tandis que l’A220 permettrait une progression de 35% », a précisé Andres Conesa lors d’un entretien accordé à Bloomberg. Il souligne que la seule possibilité de croissance d’Aeromexico est d’opérer des avions plus grands et plus nombreux, vu le manques d’infrastructure dans le pays.

Le Grupo Aeromexico a accueilli le mois dernier 1,917 millions de passagers, un trafic en baisse de 8,1% par rapport. Le recul est beaucoup plus fort sur les lignes intérieures (-12,8%) que sur les liaisons internationales (-0,3%). Le trafic en RPK affiche -2,2% sur des capacités en SKO à -1,8% ; le coefficient d’occupation a perdu 0,2 point de pourcentage à 88,1%. Le groupe souligne qu’il aurait dû disposer de dix 737 MAX le mois dernier. Sur les sept premiers mois de l’année, le trafic du groupe est en baisse de 4,4% avec 12,208 millions de passagers.

Aeromexico : action en justice contre Emirates, flotte moyen-courrier et trafic en recul 1 Air Journal

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