La République islamique d’Iran a publié mercredi son rapport final sur la catastrophe du vol PS752 de la compagnie Ukraine International Airlines. Le Boeing 737-800 avait été abattu par erreur par la défense anti-aérienne iranienne le 8 janvier 2020 à proximité de Téhéran, causant la mort de 176 passagers et membres d’équipage.

Dans ce rapport de 145 pages, les autorités iraniennes blanchissent ses forces armées. L’Organisation de l’aviation civile iranienne (CAO) explique que l’unité de défense aérienne a pris le Boeing pour une menace en raison d’un «mauvais alignement du radar du lance-missile», et que «l’opérateur n’avait pas reçu l’autorisation de tirer des officiers supérieurs, comme il l’aurait dû». En bref, l’erreur revient uniquement à l’opérateur, et en aucun cas à la chaîne de commandement militaire iranienne.

La CAO résume en deux paragraphes les « causes de l’accident et facteurs y ayant contribué » : le premier paragraphe indique ce qui est déjà connu, à savoir que deux missiles tirés « par la défense aérienne » ont provoqué « l’écrasement de l’avion et son explosion immédiate au sol ». « Les mesures de prévention et les autres strates de protection dans le système de gestion des risques se sont avérées inefficaces à cause d’une erreur non prévue dans l’identification des menaces et au bout du compte elles ne sont pas parvenues à assurer la sécurité du vol contre les menaces causées par l’état d’alerte des forces de défense », indique le second paragraphe, sur « les autres facteurs » déterminants.

Déjà, dans un rapport préliminaire en juillet dernier, la CAO avait jugé que l’« élément clef » à l’origine du drame du Boeing ukrainien était une « erreur humaine », outre le mauvais réglage d’un radar militaire.

En réaction à la conclusion iranienne, l’Ukraine a dénoncé une «tentative cynique de cacher les vraies causes» de ce désastre aérien, tandis que le Canada, qui a perdu 85 citoyens et résidents permanents dans le crash, a fustigé un rapport qui «semble incomplet et ne contient ni faits ni preuves tangibles».

Le rapport final iranien «explique ce qui s’est produit, mais n’explique pas pourquoi cet événement s’est produit», laissant en suspens une foule de questions sous-jacentes aux faits mis de l’avant, constate Kathy Fox, présidente du Bureau de la sécurité des transports canadien (BST). Selon elle, deux questions cruciales qui sont restées sans réponse, nommément : Pourquoi l’espace aérien iranien est-il resté ouvert malgré le contexte militaire tendu avec les Etats-unis? Et, parallèlement, pourquoi les compagnies aériennes ont-elles poursuivi leurs vols commerciaux?

L’absence de réponse à ces questions réduit la précision des mesures pouvant être prises à l’avenir pour qu’une telle tragédie se reproduise, estime le BST. Le gouvernement canadien publiera bientôt les résultats de sa propre enquête sur ce drame.

Crash Ukraine International Airlines : l'Iran publie son rapport final 1 Air Journal

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